la pêche simplement.
Voilà, nous abordons fièrement une année supplémentaire de notre existence sur la toile, il faut bien le dire il s'est passé beaucoup de choses depuis tout ce temps. Je ne peut m'empêcher aujourd'hui de repenser à toutes ces aventures qui se sont écoulées aux quatre coins des départements, de nos espoirs juvéniles sur la vie des poissons ou des calmars, des amis qui ont vécu dans nos lignes et ceux qui y sont entré un peu plus tard...Je ne peut m'empêcher d'avoir une pensée émue pour certains qui nous ont tout appris de la pêche, à tout ceux qui ont lourdement contribué à faire naître des sentiments qui dépasse largement le cadre de la pêche, pourtant la plupart sont d'illustres anonymes mais ils ont réussi à forger dans l'antre de silverpeche une petite porte que seuls quelques élus peuvent ouvrir. Vous qui avez suivi nos déboires ou nos réussites depuis toutes ces années vous savez à quel point nous sommes attachés à nos lecteurs, acteurs ou anonymes, notre vie s'est construite avec tout ce monde qui nous a fait vivre tout au long de ces années...
A vrai dire nous partons ce Mercredi soir avec une idée bien précise en tête, il y a du vent d'Est assez fort qui souffle et si mes calculs sont exacts nous sommes dans de bonnes conditions pour faire une bonne pêche. Le problème c'est que le mois de Mars est plutôt aléatoire dans sa conception, il peut en un rien de temps changer de direction ou pire, d'intensité. Et bien nous en ferons rapidement les frais car à peine arrivés sur le poste chancelants d'espoirs qu'il nous faudra se rendre à l'évidence, ce n'est pas le bon soir pour sortir. D'ailleurs nous ne ferons pas mieux qu'un sar qui a juste réussi à faire monter de quelques centimètres un écureuil martelé par le vent. Impossible de rester ici, le mer est démontée et le vent souffle de toutes ses forces, le seul truc que l'on risque c'est de perdre une canne et un moulinet et vu que cela m'est arrivé il y a peu de temps à cause d'une vague qui est passée par dessus mon poste.
Le Samedi nous re voilà, le vent n'a pas lâché ces terres en repoussant au loin nos espoirs de fortune mais normalement, notre météo nationale prévoit un vent de Nord Ouest dans les calanques ce qui nous place en bonne position pour trouver quelques recoins à l'abri. Là pas de bricolage nous irons directement pêcher aux limites du Parc des calanques, le seul hic c'est qu'il est à plus d'une heure de marche dans des conditions qui ne sont pas exactement bonne pour les guiboles une fois le lourd sac à dos chargé sur le dos. Comment dire, c'est comme si tu avais un mec qui te pousses dans le dos, il ya des moments tu perds carrément l'équilibre. Au fur et à mesure de notre progression nous constaterons qu'une fois de plus la météo s'est un peu trompée sur deux choses, la direction du vent et sa force. Au départ d'aubagne nous comptions sur un petit 30 de Nord-Est et au final nous avons un plein Ouest qui est aux alentours de 60 avec des rafales qui frisent les 90. Là c'est pas simple mais nous irons quand même jusqu'au bout de cette aventure qui j'espère ne finira pas dans le biaù...
Pour l'occasion notre ami Renaud s'est fendu de deux superbes cannes Olympus couplées avec deux OKUMA débrayables en dix mille ce qui le met à l'abri de pratiquement tout, sauf du Mistral...
Max est le premier à faire quelques poissons, petits sars, girelles, rascasses, faut bien le dire il y a de la vie ici.
Le vent se renforce avec les minutes qui s'écoulent, nous sommes de moins en moins à l'abri il faut se cacher derrière les roches pour trouver un semblant de réconfort.
Mais heureusement le temps se maintient un peu et la mer n'est pas démontée, tant bien que mal on fini par s'habituer à tout ça, par contre Renaud et moi on se paye un mal de tête dû au vent et ça c'est le bonus de la journée.
Va savoir pourquoi la mer se lève au fur et à mesure, le vent est à peine plus fort mais les conditions changent rapidement, les vagues finissent créer des éclaboussures qui arrosent les affaires.
Bon voilà on refait les montages, on bricole des trucs pour faire face à la nouvelle donne, on fait passer le temps quoi car il faut bien le dire au niveau des touches heureusement que les poissons de roches sont présents.
Chose promise, chose dû la pluie arrive sur nous, le vent se renforce fortement et ne vire pas au Nord-Ouest, si je ne me contrôlait pas je dirait des choses à ceux qui prédisent la météo, à mon avis c'est branques justes bons à foutre de la pub sur leurs sites.
On se regroupe de temps en temps pour parler un peu, on échange nos impressions quand entre deux rafales mon écureuil monte en deux temps, ce n'est pas le vent c'est bien une touche. Hé bé, nous sommes ici depuis trois bonnes heures et pour l'instant je suis le seul à ne rien avoir pris, bon je ferre et je suis en ligne avec, sûrement, le seul poisson correct que je prendrait ce soir...Max comme à son habitude se précipite avec le salabre pour m'aider un peu mais le vent ne facilite pas la tâche, bon il a l'air d'être bien piqué je le tente en force...A peine sorti de l'eau le fil se coupe net au dessus d'un creux aux pieds de Max qui l'empêchera de retourner à l'eau, ouffffff !
Encore un pageot, celui-ci est moins gros que le précédant mais à vrai dire en lui coupant la queue il rentrera pile dans le plat à gratin qui ira au four. Quelques instants plus tard j'en prendrait un autre un peu plus petit mais tout aussi batailleur, il n'y a pas à dire le pageot sait se défendre et ce que j'aime bien c'est qu'il sonde même de loin.
Ici vous pouvez voir que le coin n'est pas très confortable, c'est tout en pente, il y a des failles qui sont très profondes et les bordures sont ultra coupantes, il ne faut pas tomber dessus car c'est les points de sutures direct !
La nuit tombe lentement, le vent n'a pas faibli et nous sommes subitement dans la tourmente, il y a une sorte de tempête qui déferle sur nous, pas question de sortir la tête sous peine de se prendre une claque il faut rentrer les oreilles dans les épaules et prier pour que cela ne dure pas. Le problème c'est que ça va durer un bon moment, il nous sera impossible de voir la moindre touche avec tout ça, moi j'ai de plus en plus mal de tête, il ne manquait plus que ça...
Vers dix heures la cause est entendue nous allons plier, le vent, la pluie et surtout l'absence de poissons nous décident à rentrer, de plus j'ai hâte de prendre une aspirine pour calmer un gros mal de crâne qui ne m'a pas lâché et à gâché toute ma pêche. Le retour n'est pas très joyeux dans les rangs car le vent de face nous fait forcer, parfois même il faut s'aider des branches qui traversent le chemin pour ne pas basculer dans le vide. Mais bon nous arrivons à la voiture, nous remplissons le coffre avec les affaires et les moteurs sont en route histoire de faire chauffer, nous pensons tous que l'aventure est finie, mais non...
Max part joyeusement en tête dans sa nouvelle voiture, Renaud et moi on est loin derrière dans les lacets qui tournicotent vers Marseille quand j'arrive dans un virage et je voit Max les bras croisés au milieu de la route...Ben y fait quoi le Max ? Je n'ai pas besoin de forcer les oreilles pour entendre qu'il insulte je ne sait quoi. Mince en le doublant je m'aperçoit qu'il vient de se payer un poteau d'éclairage public en béton hyper armé, le pare-choc est par terre avec les phares, le radiateur bref, un carnage quoi ! Bon la suite on sait faire, on pousse la bagnole pour ne pas créer un autre accident, on ramasse les débris, Max appelle à la maison pour avertir pendant que je le reconduit vers Cassis, bon maintenant on en est sûr, Pour Reno et moi l'aventure se termine ici...
Par contre pour Max....