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LE BLOG DES SAISONS

Articles avec #poissons catégorie

Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #sport, #pêche, #appâts, #calmar, #Poissons

Hé bien voilà, nous sommes en AVRIL et il faut bien le dire la belle saison arrive à grands pas. Bien sûr, nous aimerions tous que l'été n'en finisse jamais afin que nous puissions aller et venir sur nos postes de pêche sans retenue. Oui je sait c'est un rêve qui a effleuré mainte fois l'esprit de tout à chacun. Il n'y a pas que dans le domaine de la pêche que ce rêve subsiste bien qu'en réalité nous n'avons pas trop à nous plaindre nous, Sudistes. Nous n'avons pas de marées ou si peu, nous n'avons pas des températures extrêmes qui figent tout. Non nous sommes salement vernis à côté de nos amis Nordistes car on va à la pêche quand on veut.

Tout cela a un revers quand même. Vu que les contraintes sont moins nombreuses et que les températures sont globalement plus clémente qu'ailleurs, ce petit paradis est plus souvent sollicité donc qui s'appauvrit plus rapidement. Ne nous voilons pas la face les amis, les poissons n'ont guère de repos avec l'armée de pêcheurs qui vadrouillent les plages, les digues, les ports et les roches toute l'année. Si nous ne pouvions pas pêcher à cause des tempêtes et ceci durant plusieurs mois le poisson aurai largement de quoi se refaire et donc serai plus présent. Mais à mon sens ce qui défavorise encore bien plus notre pratique ce serai plutôt l'aspect environnemental. Malgré que nos côtes soient largement rocheuses et donc susceptibles d'accueillir une multitudes de poissons variés, la pression humaine semble très lourde à porter pour la nature. En prenant exemple de Marseille jusqu'à Cassis il y a pas mal de choses qui peuvent être un facteur important sur la répartition très inégale du poisson. Nous allons éluder volontairement La baie de FOS qui génère une pollution démesurée qui s'échoue dans les calanques par Mistral.

Tout d'abord il y a le rejet de l'huveaune qui vient de loin dans le département des bouches du Rhônes. N'oublions pas que ce cours d'eau récolte les eaux de pluie et les rejets des zones industrielles en amont, le tout se jette directement sur les plages de l'escale Borelli.

Il y a le fameux égout de Cortiou qui siège en plein dans le coeur du Parc des Calanques. Malgré les messages rassurants des autorités qui nous assurent que les risques sont minimes, moi qui pêche dans ces coins je peut vous dire que par vent d'EST la pollution est bien là. L'eau vire au marron, l'odeur est épouvantable et bien sûr il n'y a plus un seul poisson. Les roches se blanchissent jusque dans l'eau et il n'y a plus une seule moule accrochées aux basques des cailloux.

Plus loin il y a le déversement des boues rouges vers Cassis qui finissent d'encadrer un Parc National qui doit composer avec ces pollutions diverses. Je ne vais pas tenter de refaire le monde industriel mais il me semble qu'autant de déversement dans la mer n'est pas très bon pour le poisson. Je me demande si cela n'est pas une des causes majeure de la raréfaction des espèces près du bord.

Il faut bien le dire, les pêcheurs qui ont une bonne connaissance de l'aspect biologique des poissons ne sont pas nombreux. Le pratiquant occasionnel et même bon nombre de confirmés ne se soucie pas ou peu de ces fameuses contraintes halieutiques. Finalement on va à la pêche quand on peut et au diable tout ce qui tourne autour.  J'avoue que c'est un peu normal car quand on approfondie un peu le sujet de la pêche on perds rapidement tout ses repères. Dans la perception du poisson rien n'est vraiment normal vu que le poisson est dans un élément radicalement différent du notre. Malgré tout on arrive à capter des points qui donnent des certains repères, mais le poisson n'est pas un robot et il est aussi versatile que contraint dans un segment de l'année où il se trouve, obéissant souvent à l'instinct de survie, alimentaire, amoureux ou même de l'amusement. En fait rien n'est réellement exclus dans le comportement des poissons. Bien souvent en essayant de nouvelles techniques on découvre une nouvelle porte qui débouche sur une autre facette de la pêche. En fait c'est ce que font tous les fabricants de leurres; ils jouent sur des stimulis que le pêcheur à la calée n'explore jamais...

Pendant longtemps j'ai été un fervent adepte de la pêche en milieu hostile. Quand je parle d'hostilités c'est souvent à cause de la météo qui bat la côte en écume. Vous savez, cette météo épouvantable qui fait normalement rester à la maison, ce ciel gris, celle qui remue la mer à fond la caisse mais qui est pourtant si riche en nourriture pour les poissons. Ces fameuses conditions qui transforment un coin en antre des démons. Pour moi c'était le signal de sortir les cannes à pêche et d'aller farfouiller les roches dans les calanques. Inutile de me parler de mer plate ou de sable fin tout cela ne m'a jamais parlé. Tant de plaisir à combattre la mer et le vent qui font rage mêlé aux effluves salines qui se mélangent avec le vent. les postes les plus productifs sont souvent ceux qui sont le moins accessible, d'ailleurs c'est là que j'ai souvent fait mes plus belles prises. Mais je ne compte plus les fois où je me suis retrouvé dans des conditions complexes qui éprouvait ma volonté et ma vie aussi.

Quel contraste avec hier et c'est d'ailleurs ce que je dit plus haut. Moi comme tout le monde je cherche aujourd'hui une fenêtre météo, vous savez, celle qui fait briller le soleil et réchauffe la mer. J'en ai fini avec les tempêtes, les frusques trempées, les oreilles harcelées par le sifflement du vent, les recoins minuscules qui servent d'abri d'urgence. Aujourd'hui je rêve de l'été éternel. D'ailleurs il me vient une anecdote qui m'est arrivée dans la calanque de Morgiou un soir de Mars qui a définitivement tiré un trait sur mes sorties rocambolesques.

Le Mistral avait envahi tout le département depuis plusieurs semaines. Moi j'en avait franchement marre de pêcher dans des conditions complexes mais une fois de plus je me suis rendu au chevet du minuscule port de Morgiou. Les bourrasques Violentes créent une ambiance étrange dans cette petite crique, comme un grondement sournois qui fait  penser au jugement dernier. Pour arriver sur le poste lointain il y a un mince sentier qui grimpe furieusement entre les arbustes épais et les pins torturés par le vent. La beauté froide du lieu impose un respect à toute épreuve un peu comme si on entrait chez quelqu'un d'autoritaire. la progression est rapide mais mal aisée à cause des dénivelées importants qui mettent à contribution la résistance de ma passion. En quelques minutes on se retrouve en hauteur et la vue s'élargie laissant tout le loisir du marcheur à s'émerveiller par les couleurs bleutées de la mer inégalables. Mais à un moment il faut passer une sorte de col très exposé aux vents par un chemin pas plus gros que deux pieds de large. A droite il y a la montagne abrupte qui surplombe tout et à gauche un grand vide sur plus de cent mètres qui débouche sur la mer. A ce point précis on doit passer en rasant la paroi rocheuse tout en sécurisant avec les mains sous peine de glisser. Hé bien là, juste au moment où il ne faut pas faire de faux pas une violente bourrasque s'empare de mon gros cas à dos et me fait vaciller et me décolle littéralement de cette paroi. Je perd soudain l'équilibre cherchant avec les bras de l'appui dans l'air, une autre bourrasque me pousse en arrière comme une grosse gifle qui secoue une deuxième fois mon gros sac de pêche et je ne doit mon salut qu'à une mince racine solidement encrée dans la terre qui m'a servi de fil d'ariane. Il s'en est fallu d'un rien pour que je ne bascule pas dans le vide, j'était trop sûr de moi, trop habitué à braver le mauvais temps. J'ai essayé de me rouler une cigarette un peu plus loin mais le tabac ne tenait pas dans le papier tellement le vent était fort. J'ai dû attendre d'être sur mon poste et m'allonger au sol pour pouvoir enfin fumer...C'est ainsi que je me suis promis de ne plus faire ce genre de choses et de passer à un autre style de pêche.

Mais novice dans l'art de la calée il m'a fallu revoir de fond en comble tout ce que savait de la pêche et revoir tout mon matériel. Je suis passé par de longues étapes de doutes car je me suis laissé berné par tout ceux qui se vantaient de tout connaitre. Je me suis noyé dans les écueils  de ceux qui étaient déjà dans une impasse, j'ai cru à beaucoup de choses inutiles qui m'ont fait perdre beaucoup de temps jusqu'au moment où j'ai rencontré les bonnes personnes qui m'ont mis sur la bonne voie. 

Mon expérience de la mauvaise mer m'a beaucoup servi et me sert toujours d'ailleurs. Même si je n'ai pas encore bien compris toutes astuces qui entourent la technique de la calée je me sert largement de la pêche au toc en absence apparente des poissons. Cela me permet si je le souhaite, de ne jamais revenir bredouille et ainsi toujours avoir quelques prises à faire bouillir dans la marmite. Il n'est pas si simple de piéger un poisson avec un appât mort, d'ailleurs on se demande même comment on y arrive aussi souvent car il faut bien qu'à un moment il se passe un truc qui déclenche l'action. La faim ? L'agressivité ? L'amusement ? La curiosité ? Voilà des registres difficiles à cerner quand il y a beaucoup d'eau entre le pêcheur et sa proie. Hé bien là nous allons tous avoir le même comportement, c'est soit on s'en fout royalement, soit on essaye d'aller titiller le petit truc qui fera la différence.

Le premier chemin est facile car il est déjà tout tracé par l'armée de gens qui n'ont pas l'intention d'investir leur cerveau pour la pêche. Le plus simple dans ce cas, c'est de faire confiance à ceux qui fabriquent tout et à travers cela ne rien produire de nouveau. Il est tellement plus simple de tout payer car il est évident que ne rien tenter évite d'aller toucher ses limites, donc évite d'égratigner son égo. Il est tellement plus simple de prendre un bon détecteur de poissons en couleur et d'aller farfouiller la mer. Cela évite de prendre des points de repères dans le temps ou dans l'espace, ainsi l'activité reste dépouillée de complexité, c'est de l'amour sans contraintes et si tout cela ne fonctionne pas on aura toujours le loisir de dire que le matos est bidon...

Le problème que j'ai avec ça, c'est que comme beaucoup de mes congénères j'ai du mal à utiliser un truc qui prends définitivement les commandes, ou même qu'il va remplacer tout ce que je ressent. Ce qui m'égratigne c'est que dans d'autres domaines la facilité a pris naturellement le pouvoir de l'activité et peu à peu plus personne ne connait l'origine du pourquoi.

Pour ma part je suis de retour dans les calanques de Marseille accompagné de mon copain Antho. Voilà un copain qui ne rechigne devant aucune difficultés pour assouvir sa soif de se rendre au bord de l'eau. Tout deux nous avons choisi d'aller dans le VAR pour une raison assez simple, dans les bouches du Rhônes la mers semble bien vide. Nous avons une véritable armada d'appâts surgelés signés PEXEO et nous sommes d'excellent monteurs d'appâts. Le tout combiné devrait normalement faire des étincelles, c'est tout ce que allons vérifier.

Notre route va durer un bon moment car nous sommes à plus de cent kilomètres de notre destination. Heureusement une fois sur place le coin est tranquille et peu fréquenté, nous aurons toute nos aises pour poser nos cannes où bon nous semble. Avec le temps et l'expérience je me rends compte qu'il ne faut que quelques minutes pour monter les lignes. Pour nous pas de fioritures sur les montages, j'ai banni les techniques complexes car si vous êtes comme moi, elles finissent toujours au fond de l'eau. Je conserve justes quelques perles brillantes de couleurs que je monte près de l'appât selon le poisson qui est présent. Mais en fait je trouve que tout cela est moins utile car avec des appâts qui ont déjà des effluves ajoutées dedans il semble moins nécessaire de jouer en plus sur le visuel.

Les premier appâts vont rapidement trouver preneur. L'armée de petits poissons qui vadrouillent le long des roches ne font pas dans la dentelle quand ils ont de quoi se mettre sous la dent. Les touches sont rassurantes car nous savons qu'avec nos appâts de tout premier ordre nous pouvons avoir la grosse surprise à tout instant. Ici je me régale de faire siffler le scion, les jets sont de toute beauté, franchement cela me change des calanques avec mes recoins taillés au millimètre... Ici c'est tout l'inverse, on a de l'espace et une mer calme immense devant nous, voilà de belles perspectives qui s'annoncent !

Comme d'habitude les ver de Rimini et les bibis vont être les premiers de la liste à séduire tout ce beau monde. Le stock diminue au fil des montages, les petits poissons seront tous relâchés et les appâts baissent à vue d'oeil. Pourtant rien de bien folichon quand même contrairement à la sensation que nous avons au creux de ventre. Mais nous gardons bien à l'esprit qu'à tout moment un beau sujet peut mordre. Moi je me régale de monter ces fameux vers surgelés, l'exercice est délicat et nous avons une contrainte terrible au dessus de nos têtes, c'est de garder les appâts bien glacés. Du coup j'essaye des franges plus ou moins longues sur les bibis, j'y inclus du krill pour voir si il y a une réelle différence, on bricole quoi...Mais la chance va se pencher encore un peu sur nous quelques instants. Mon ami Antho va arriver à arracher à la mer une série de jolis poissons au prix d'un acharnement fantastique. A force de chercher le coin, de ne pas se décourager après quelques grosses touches sans suite, il va quand même trouver le nid où se reposent les poissons. Du coup notre pêche prends une belle tournure malgré un pronostic de départ très morose.

Les pauses cigarettes et sandwichs sont légion. Entre deux touches on en profite pour faire de futurs plans dans plusieurs coin de la région. Je connait bien ces coins Varois qui abritent une belle variété d'espèces qui ne manquent pas de ravir l'oeil de l'amateur averti. Ca change un peu de la saleté de cette digue qui est régulièrement prise d'assaut par des pêcheurs qui se débarrasse de leurs poubelles dans les trous. Là y'a pas de gène, les gars on pris l'habitude de tout balancer dans les interstices et de foutre comme de leur première bogue de l'impact que cela produit.

Le matin avance à grands pas et les touches se tassent un peu, nous avons remis une demi tonne de beau yeux à l'eau et gardé une dizaine de sujet correct. Alors que je pense commencer à remballer vu que notre pêche n'est pas si mauvaise mon copain m'interpelle. Il est aux prises avec une grosse pastèque qui lui fait la misère. Sa canne est pliée et il ne peut pour l'instant pas lui faire rejoindre le bord. On voit bien que le poisson est au bout car le scion donne des tapes et l'instant d'après il sonde. Enfin la voilà la surprise ! Il est quatre heures du matin et nous ne pensions plus avoir aucune touches, c'est toujours comme ça. Le problème c'est que le poissons semble collé au fond et rien ne nous indique la moindre faiblesse corporelle de sa part. Mon ami va rester comme ça, sans pomper juste tendu vers le poisson tout en restant extrêmement prudent, vingt deux centièmes oblige. Les minutes passent et soudain le fil devient léger mon ami tente de remonter le poisson, mais en fait le bas de ligne à cassé ou a été coupé. Dommage car même si nous pensons à une belle raie qui serait retournée de toute façon à l'eau nous aurions pu faire quand même de belles photos. Dans le coup nous avons perdu notre motivation grignotée peu à peu par la fatigue et là pour de bon on commence à plier.

Le retour sera simple et sans histoire en compagnie d'un ami que nous connaissons bien, le sommeil. On roule avec prudence les vitres ouvertes aux quatre vents à combattre en  permanence ce copain encombrant qui prends la fuite dès que le jour qui arrive. Nous allons faire une grosse pause à St Maximin pour boire un peu de café, fumer une cigarette et pause pipi. Voilà une sortie tout à fait ordinaire mais où beaucoup de choses prennent forme, des amitiés se lient, des décisions se prennent, de futures sorties se complotent...

Ci dessous les photos de sorties où il ne sera pas passé grand chose, à plus les gars on pense à vous !

Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.

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Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #sport, #pêche, #appâts, #Poissons, #cuisine
Une langue rouge de coque.

Une langue rouge de coque.

J'ai longtemps cherché le moyen de m'ouvrir définitivement à la capture du poisson sans que cela ne devienne pour autant une obsession. J'ai toujours pensé que la pêche est un exercice sain qui met le pratiquant face à ses limites. Comme tout le monde je me suis buté à essayer de comprendre les poissons à travers les récits d'autres pêcheurs sans pour autant toujours tout comprendre. Même si il y a tout un tapage autour des poissons, rien ne transpire de réellement sérieux qui pourrai aider le pratiquant. Peut être que celui qui poste des photos n'en sait pas plus que celui qui les regarde mais il y a autour de tout ça un secret qui semble intransmissible. J'entends beaucoup parler de cannes à pêche, de fils, de plombs, d'accessoires, d'électronique comme si ces matériels étaient l'essentiel dans l'art de la pêche en mer. Ces bruits de couloir font un tel vacarme sur la toile sans pour autant parler de l'essentiel, le poisson ! Hé oui, la majorité des pêcheurs ont oublié de parler de la chose la plus élémentaire dans leur pratique.  La connaissance de la biologie est essentiel et vu que le pêcheur ne joue que sur l'aspect alimentaire mieux vaut ne pas se tromper. Contrairement aux leurristes qui sont nettement plus fins dans leur approche de la mer, celui qui cale ses lignes n'a pas autant de possibilités pour aller titiller la curiosité des poissons. D'ailleurs il n'y a pas photo, le leurre surpasse largement l'appât traditionnel. C'est ainsi qu'une nuit à force de réfléchir à tout ça j'ai senti les prémices de la satisfaction perpétuelle vibrer en moi.

Je me suis retrouvé un soir face à la mer un peu désemparé à me demander pourquoi cette étendue d'eau devant moi était complètement vide. J'ai eu beau essayer tout un tas de montages, des astuces et d'autres trucs sans nom, une idée est venue soudain éclairer une parcelle de matière grise qui commande le haut du crâne. En fait, depuis cette nuit tout est parti à l'envers.

Alors que je m'appliquait à envoyer du plomb le plus loin possible, je regardait amoureusement mes beaux moulinets tout neufs surmontés par belles cannes à pêche dernier cri. Je me régalait de me rabâcher que si une grosse prise venait se prendre j'aurai tout le nécessaire pour la remonter sans encombre, seulement voilà...Où était ce poisson record ? En tout cas apparemment pas sous mes lignes...J'avait beau avoir du très beau matériel il me semblait tout au fond de moi qu'à moins qu'il ne sorte la tête de l'eau et qu'il sensible au carbone je n'en verrai pas la couleur. Alors j'ai fait le grand ménage dans mes idées, j'ai balayé l'espoir de croire que c'est avec un ensemble à cinq cent euros que j'était le plus sûr de revenir vainqueur, j'ai oublié de croire que la solidarité était un faim en tout pêcheurs, j'ai vaporisé toutes les fables que j'ai entendu sur le sujet de la pêche en mer. Parce qu'il faut bien le dire, le pêcheur est un humain et l'humain est un loup. 

Dans ces conditions j'ai longtemps pêché seul, les évidences n'ont pas tardé à faire surface et je me suis tourné vers d'autres pêches moins vampirisantes pour l'esprit. Rapidement je me suis senti comme un chef d'orchestre face à la mer. En agitant mes baguettes en carbone vieillissantes dans le ciel et je me suis concentré sur la musique de la mer. Il faut tendre l'oreille pour sentir toutes les petites fausses notes que l'on fait sans le savoir car les musiciens qui vivent dans l'eau n'écoutent que le chants subtils qui viennent plutôt du ventre. Voilà un sens bien cruel qui soutien un rythme de sélection là où il n'y a pas longtemps je m'était perdu. De nos jours il n'est pas simple de faire comprendre qu'il vaut mieux pêcher avec du matériel basique quitte à piocher dans le premier prix et soigner ce qu'on met au bout de l'hameçon, que d'avoir du matériel record et penser que le bout de ver est secondaire. Si on arrive à combiner les deux c'est mieux mais on commence toujours par le bout de ver ! Curieusement tout le monde ne comprendra pas ça et va persister à entasser des idées reçues au lieu de se payer à la place des appâts hors du commun. 

La langue rouge de coque.

Voilà tout ce que j'essaye d'inculquer à ceux qui participent à nos aventures nocturnes. Le respect de la nature, ne pas capturer plus de poissons que le raisonnable, s'habituer à prendre ce que la mer nous donne sans rouspéter. C'est un peu comme le jeu de l'oie, selon sur la case sur laquelle on tombe l'aventure prends une tournure différente et pas toujours pour notre bonheur. Mais ce soir là je suis en bonne compagnie avec Antho et Simon. Du coup la pêche sera plus douce que mon habituel parcours du combattant, pourtant je leur ai choisi une soirée qui n'est pas tout repos quand même. Nous allons marcher jusqu'à Podesta et ceux qui y vont pêcher savent que ce n'est pas une partie de rigolade, surtout le retour, ça pique un peu...

Mais pour une fois tout à l'air de se passer sans encombre, la marche est longue mais notre soif d'aventure est encore plus forte que le granit pur qui crisse sous nos pieds. Sur le chemin qui tournicote entre les arbustes épais, nous faison une pause pour montrer à Antho tout le petit trafic pas très discret qu'y s'y déroule presque tout le temps. Là bas c'est un plongeur en bouteille qui traque le denti avec son harpon et lumière, la bas c'est un pros qui met les filets dans la réserve, dessous nos pieds un mec fini de poser des casiers à langoustes ou à homards, la liste est impressionnante mais de soir en soir, comme sur la route les barrières tombent et l'humain se sent affranchi des codes. Les gars pillent les coins et passent au suivant quand ils l'ont rendu stérile. On en sait pas à quoi sert la police maritime car en fait nous ne l'avons vu qu'une seule fois en été, l'hiver elle reste au chaud sans doute. Mais au delà de tout ça c'est l'humain ne sait plus se tenir, c'est la raison pour laquelle les décrets pleuvent sur notre pratique, le GIP s'est largement rendu compte que la rapine est un métier parallèle. Pourtant si tout le monde voulait bien se cacher un peu nous serions tous bien tranquille. Mais c'est tout l'inverse qui se passe, cela oblige les instances à répondre aux sollicitations d'associations de défense de la faune qui n'est pas dupe.

Nous poursuivons notre route en toute hâte car la nuit tombe et c'est maintenant que la pêche commence...

Les retrouvailles sont chaleureuses car cela fait assez longtemps que je n'ai pas vu Simon. Lui il est arrivé dans l'après-midi en espoir de prendre quelques sujets diurnes. Pas de temps mort pour nous, les scions fendent l'air et les première prises arrivent en trombe. Nous avons une grosses palette d'appâts qui vient tout droit de la maison PEXEO. La seule inconnue ce soir c'est la taille des poissons qui est toujours une surprise, selon les jours il y a beaucoup d'indésirables et d'autres jours il y en a aucun. Ce soir nous n'avons manifestement pas trop de petits poissons mais ceux qui sont pris ne sont pas à la hauteur de nos espérances. Pour le moment aucun ne fait plus de cinq cent grammes, certes, toute la gamme des sparidés est dans le bac mais je ne serai pas contre une belle prise. 

La mer tape copieusement sur les roches, à vrai dire il faut faire attention car par moment ça monte vraiment haut. Les cailloux sont glissants à souhait et conduisent directement vers la mer rageuse, c'est pas le moment de faire l'andouille...

D'heure en heure je sent bien que la houle qui fait rage devant nous a certainement éloigné les beaux sujets. Moi j'ai remonté pas mal d'algues sur les noeuds et beaucoup de pelote fil autour du plomb, signe que sous la surface ça bouge un peu trop. Nous nous sommes tous précipité à la pêche car nous avons une belle fenêtre météo entre deux tempêtes, c'est parfois bon et souvent moins bon. Mais  au final ce n'est pas très important car malgré tout nous avons pas mal de touches et nous aurons de quoi faire la cuisine demain.

Je me prépare les bouts de Rimini à la maison, c'est plus rapide pour pêcher.

Je me prépare les bouts de Rimini à la maison, c'est plus rapide pour pêcher.

Les crabes roses surgelés.

Les crabes roses surgelés.

Les langues rouge de coques taille xxl.

Les langues rouge de coques taille xxl.

Les nouvelles petites seiches.

Les nouvelles petites seiches.

La langue rouge de coque.
La langue rouge de coque.
Simon en pleine bataille sur un sar !

Simon en pleine bataille sur un sar !

Qué misère ces petits sars !!!

Qué misère ces petits sars !!!

En quelques minutes il y avait déjà des poisson dans le bac !

En quelques minutes il y avait déjà des poisson dans le bac !

Vers deux heures du matin nous allons commencer à remballer car nous allons partir. D'abord c'est Simon qui prends la route puis Antho et moi un peu plus tard. Nous allons longuement parler de ces appâts qui nous accompagnent depuis longtemps maintenant et nous allons programmer de nouveaux comparatifs qui devraient nous éclairer un peu mieux. Certains sont voués à un avenir merveilleux comme ces grosses langues rouges de coques qui sont à couper le souffle de fraîcheur, ainsi que les petites seiches vont faire un malheur dès les beaux jours.

Le retour en voiture sera comme à l'aller dans Marseille. Il y a des bagarres un peu de partout, des crissements de pneus dans les ruelles et des bagnoles lancées à fond sur l'autoroute qui doublent par la droite. Putain, j'était si bien dans mes calanques...

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Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #sport, #pêche, #appâts, #calmar, #Poissons, #cuisine
C'est mon petit cadeau du jeudi.

C'est mon petit cadeau du jeudi.

Hé bien voilà, nous sommes mi Février et le thermomètre n'est pas descendu à moins de 12 degrés de tout la soirée. C'est une chose qui ne m'est pas du tout familière, ordinairement ce fameux mois est le plus froid de tous les mois offrant même selon les années un peu de neige en Provence. Là du coup on en est très loin car en faisant quelques bonds sur les roches et quelques allés retours vers les cannes on sent vite la chaleur remonter du col de la doudoune vers les joues et la nuque.

Tout de même et pour ne pas être pris de court, il est de bon aloi de se couvrir généreusement car il est interdit de se retrouver seul en hiver dans les calanques mal couvert. Il est toujours plus facile d'enlever une veste que de ne pas l'avoir.

Au départ je ne devait pas aller à la pêche. Quand on a une grande famille rares sont les fois où mes sorties sont programmées à l'avance. Il y a toujours un truc de dernière minute, une course à faire, un enfant à aller chercher ou pire, une blessure qui nous conduit vers les urgences...C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'évite de faire des plans sur plusieurs jours car cela fini toujours par tomber à l'eau. Mais cette fois c'est tout l'inverse qui se produit. La longue liste d'aller/retour entre AUBAGNE et AURIOL se réduit à un simple arrêt au drive de notre hypermarché favori. Dans ma tête, j'ai beau faire le tour des trucs qui pourraient faire partir en fumée la sortie que je suis en train de fabriquer, mais rien en me vient à première vue. J'en perd même le fil de ce que je fait tellement mon cerveau est à contribution. Du coup, nous sommes Jeudi, il fait bon, j'ai quelques appâts surgelés qui attendent dans le congélateur, je fait quelques bisous à ma troupe et me voilà parti...

Sur la route rien ne peut gâcher mon plaisir d'aller vers la mer. Je roule tout en douceur pour que rien de fâcheux n'arrive à la dernière minute. Le long cordon d'asphalte qui serpente entre CASSIS et MARSEILLE ressemble à un tapis roulant qui me conduit vers le bonheur. 

Arrivé à Callelongue je sent bien qu'il va être difficile d'aller là où je pensait aller. Il y a un petit vent de travers qui n'est pas exactement celui prévu ce qui a pour conséquence de tout compliquer. A première vue c'est juste un détail sans importance, mais ce genre de tout petit détail pèse très lourd dans la balance buccale des poissons. Le pêcheur doit avant tout essayer de capter l'ensemble des éléments qui l'entoure. D'après ce que je voit j'ai bien compris qu'il n'est pas utile d'aller très loin. Du coup mon poste préféré n'est pas dans le cadre de qui est bon pour prendre du poisson. Par contre j'ai repéré un autre coin qui sera parfait pour pêcher car il fait courir l'eau de surface et remue un peu le fond. Voilà des conditions surprenantes qui n'arrivent pas souvent ici et je doit en profiter.

Rapidement toutes les cannes sont à l'eau en attente des premières touches. Ce qui m'intrigue le plus c'est de savoir comment les poissons vont manger ce soir si toutefois il y a du poisson. Les pêcheurs savent ce dont je parle, le poisson ne mange pas toujours de la même façon selon les jours. Quand on y pense quoi de plus normal, il n'a pas toujours la même faim c'est un peu comme nous. En plus tout dépend du moment de l'année et les conditions météo, en principe, l'hiver est très bon pour la capture des sparidés.

Mais tout cela est un calcul technique et ne me prouve que je soit dans le vrai, à n'importe quel moment les conditions peuvent me montrer que j'aurai dû rester à la maison question poisson. Je suis bien conscient de ça et c'est avec une grande humilité que j'évite par dessus tout de me prendre pour un grand pêcheur.  Même si je sait que grâce à ma ténacité, mon refus de me limiter, mes merveilleux appâts, mes postes finement choisis que la chance frappe souvent à ma porte. C'est un peu tout cela que j'ai compris. Rien ne sert d'avoir du matériel hors de prix pour pêcher dans les calanques car tout fait parfaitement l'affaire. Il faut juste surveiller à avoir du fil toujours neuf embobiné dans un moulin léger pour se faire plaisir. De toute façon les distances de lancés ne varient que très peu vu l'inconfort de ces roches. On est obligé de fouetter sur peu d'espace le corps toujours un peu en équilibre, c'est la raison pour laquelle je mise plutôt sur la finesse des montages et la qualité de mes appâts.

Mon attente ne va pas durer des masses car la première touche va survenir dès le nuit tombée. Voilà une tirée franche qui me signale ce poisson a trouvé le ver de Rimini tout à son goût et franchement ce n'est pas une surprise. Vu la taille de l'appât si le poisson dépasse les cinq cent grammes il va se piquer correctement. En fait pour que le poisson se pique sans qu'il ne s'en rendre compte mon astuce c'est de ligaturer un petit morceau de ver pour qu'il soit très fin. Je met un petit hameçon fort de fer n°4 pour qu'a la dégustation tout le ver passe sans encombre. Malheureusement c'est presque obligé avec les daurades tant elles titillent l'appât avant de le mettre dans la bouche, exit les gros hameçons qui cognent contre les dents, c'est le meilleurs moyen de les faire fuir à toute nageoires. Là avec ma technique je retrouve souvent  le crochet planté dans la gorge et c'est la preuve que là, pour une fois je suis dans le vrai...

Bon allé je ferre ! Pas besoin de tirer sur le fil comme un dingue il faut juste un coup sec pour que le petit hameçon se plante bien dans la bouche. Super, je le sent bien au bout qui donne des coups de tête et là je reconnait immédiatement une belle daurade. Je sent bien qu'elle de belle taille mais pas encore assez grosse pour me faire douter de l'issue, malgré tout il me faudra le salabre qui pour une fois est là, juste à côté de moi.

Je me régale de remonter ce poisson, je n'ai pas un brin de stress et je prends tout mon temps pour sentir ses rushs tant l'issue me paraît évidente. En quelques minutes ce beau poisson est à la surface de l'eau et est complètement lessivé, il ne trouve même plus la force de sonder vers le fond. Je me tourne pour empoigner ma grosse épuisette que je fait coulisser jusque dans l'eau, le poisson rentre sans encombre...Mince elle est de belle taille cette daurade, elle doit faire un bon kilo et demi, la soirée commence très bien dis donc !

Quand les daurades sont de passage il est vraiment important de vérifier régulièrement les lignes. Il faut compter qu'avec certains vers quelques coups de crocs dedans vont lui donner une drôle de gueule donc, pas pêchant du tout. On peut étaler les vérifications si il n'y a pas d'indésirables mais il faut toujours garder cela en tête et changer les appâts souvent même si ils ne sont pas touchés. Bon voilà j'ai fait le tour des lignes il est grand temps de me rouler une bonne cigarette et de boire un bon coup d'eau minérale.

Je n'ai même pas eu le temps de sortir mon paquet de tabac qu'il y a un écureuil qui monte vers l'anneau. C'est une touche merveilleuse car c'est sans violence mais d'une régularité exemplaire. L'écureuil se colle à l'anneau et se fige, le scion ploie sans pour autant que le frein ne tourne. Sans attendre je ferre presque dans le vide ? Mais au fur et à mesure la ligne se durcie et les tours de manivelles deviennent impossible jusqu'au moment où le poisson sonde avec rage. Je suis obligé de libérer le frein car avec les diamètres que j'utilise il ne faut pas aller bien loin dans la tension avant qu'il ne casse. Bon là je sent bien que je suis avec un autre style de poisson, il semble que c'est toujours une daurade mais celle là n'a pas la même taille. Je suis obligé de rester tendu sans tourner le moulin et de jouer sur le frein en attendant qu'elle veuille bien venir un peu. Pour l'instant j'attends qu'elle se fatigue avant de tenter une remontée improbable, je reste là bien au contact tout en essuyant ses coups de tête. Peu à peu je gagne du terrain, pas grand chose mais la tendance s'inverse un peu. Le problème c'est que j'ai envoyé loin et je ne suis pas prêt de voir mon poisson arriver tout de suite. Je doit pour l'instant de me contenter de quelques tours de manivelle dans le vide et de prier pour que mon 22 centièmes soit à la hauteur. De plus je ne peut pas compter vraiment sur la tenue de l'hameçon dans la bouche de ce poisson, avec une daurade d'un bon kilo ça va parfaitement mais là, c'est vraiment gonflé.

Je trouve le temps vraiment long, le poisson ne se donne pas encore et au plus le temps passe au plus mes chances de le voir diminuent. Mais la chance va me sourire enfin, la daurade semble être fatiguée et je peut commencer à tourner la manivelle tout en pompant comme je peut. Ici la douceur doit être exemplaire, la moindre fausse note me sera facturée cash et je n'aurai pas de seconde chance. Le gros poisson arrive et je doit me tenir sur mes gardes car c'est toujours à ce moment que les grosses daurades font des rushs de dingue et casse tout ! Je me saisi du salabre elle est à mes pieds, je libère le frein et je tient le fil avec un doigt, de l'autre main je plonge les mailles pour la glisser dedans...Sans encombre elle rentre dans le piège sans résistance car elle est épuisée, quel bonheur !!!!

Le retour du beau poisson.

Je ne lasse pas de la regarder, ses couleurs vives prouvent de santé parfaite. Du coup, l'autre fait la moitié de la taille de celle-là elle paraît toute petite ! Elle n'a pas senti l'hameçon dans l'appât et elle a englouti, mais le petit crochet pointu est allé se planter directement dans la gorge.

Hé bien du coup j'ai fait ma pêche il n'est pas utile de rester encore. De toute façon je ne souhaite pas prendre plus de poissons car là nous avons quasi cinq kilos d'oméga 3 à nous partager Samedi soir. Tient au fait il est quel heure ? Mince, il est à peine 22 heures, bon tant pis je rentre quand même...

Je vais profiter du week-end pour faire une belle recette sur la cuisine de la daurade quand elle ne rentre pas dans le four, vous verrez c'est tout simple.

Le retour du beau poisson.
Le retour du beau poisson.

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