Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
SILVERPECHE.com

SILVERPECHE.com

LE BLOG DES SAISONS

Articles avec #poissons catégorie

Publié le par RORO, GREG, MARCO.
Publié dans : #Poissons, #pêche, #daurade, #calanques de marseille, #cordelles, #bibi
Le retour à la pêche.

Cela fait si longtemps que je ne suis pas allé à la pêche que l'idée même de prendre les affaires sur un coup de tête et partir comme un fada, commence à s'estomper peu à peu tellement ma vie à changée en une poignée d'années. Ceux qui suivent nos aventures depuis de nombreuses saisons ont pu vivre avec nous à travers la pêche en mer, les déboires et les réussites d'une bande jeunes aspirants au bonheur. Mais l'âge de raison qui approche à grands pas modifie sans retour la vision simpliste que j'avais de la pêche. Oui, là, le besoin de m'éloigner des concepts foireux de ceux qui se sont pris pour des créateurs de la pêche en mer, tous les spécialistes de la capture et j'en passe, me fatiguent au plus haut point. Le regard de la pêche à tellement changé dans l'oeil de l'avide prédateur en une dizaine d'années que de nos jours on à du mal à faire la différence entre plaisir de la mer et le devoir de porter une image par voie publicitaire.

Dans les lignes qui vont suivre  ja vais vous expliquer pourquoi je refuse qu'un appareil me dise où est le poisson, pourquoi je refuse qu'une marque de matériel me dicte ma façon de faire, pourquoi aujourd'hui je plébiscite tous ceux qui laissent le choix au pêcheur et ne leur impose pas leur philosophie. Ces gens là laissent sur le carreau ceux qui ont cru à leurs mensonges publicitaires...

Ma petite histoire commence ce mardi 9 Juillet par un passage rapide chez Cabesto car ils ont reçu des vers de sable. Vu que j'ai une envie furieuse de capturer des marbrés, je me dis que cet appât sera mon meilleurs copain . J'ai bien noté que la météo sera très favorable à la pêche du marbré car Météo France marine annonce des conditions propices à sa capture. Me voilà convaincu, je prends armes et baguages et me voilà dans la Gineste...

Sur la route le monde s'écoule dans mes veines, la joie d'en découdre une nouvelle fois avec la mer me procure une sensation de jeunesse incomparable. La rage de vivre m'envahi à l'approche de mon port de destination, mais sous une chaleur qui domine les âmes qui osent s'y aventurer j'entame mon long parcours...

Bon voilà tout se déroule comme je le souhaitait, je suis au beau milieu des calanques les pieds plantés dans le granit brulant, sous les cigales agrippées dans les branches des arbustes arides font un bordel qui pourrait couvrir le son d'un bon téléphone portable ! Le fond de l'air n'est pas du tout agréable car la chaleur a même envahi le moindre souffle de ma respiration. j'ai beau me cacher pour quelques instants sous les arbres qui s'inclinent sur le chemin rien n'y fait, il fait une chaleur de fada.

Peu à peu je progresse de criques en criques vers mon poste de destination, au bout du chemin ce bout de terre est là, je m'installe à l'abri du soleil. Les affaires sont toutes déployées comme si l'allait ouvrir un resto, j'ai beaucoup de temps devant moi pour faire les derniers choix. Volontairement je n'ai pas encore fait les montages ni les arrachés pour pouvoir m'adapter à la dernière minute selon la météo définitive.

Le retour à la pêche.

Malgré qu'il fasse encore bien jour je vais envoyer une canne à l'eau pour passer les temps et puis après tout on peut rêver un peu. Pendant que je peaufine la deuxième canne je ne peut m'abstenir de remarquer le nombre d'embarcation qui traverse la baie en ce Mardi soir. Rien de bien inquiétant mais tout de même on est pas à l'abri d'un pro qui pourrai venir poser des filets car ça nous est déjà arrivés, les gars te plantent un filet à dix mètres des cannes.

L'attente ne vas pas durer bien longtemps pour la première touche, l'écureuil assez lourdement chargé en plomb va frétiller comme un beau diable. Mais je n'arrive pas à déchiffrer ce type de touche sous un vent d'Ouest puissant, il fait siffler les fils et empêche d'être précis. Pour le fun je vais vérifier pour voir. Ici pas de ferrages appuyés car je suis en 16 centièmes où est accroché un hameçon de 6 fin de fer. Voilà un montage obligatoire car passer une cordelle sur un montage plus gros relève du défi. Bon, à la remontée rien de bien lourd malgré que je sente un un peu de poids et à la surface je découvre un petit pageot de 50 grammes qui repart immédiatement à l'eau avant qu'il ne meure. Je recale la ligne avec un bout de cordelle et immédiatement un nouveau poisson va se ruer sur l'appât. Qué misère, c'est un tout petit pagre qui est pris sur le bord des lèvres. Va s'en suivre un beau yeux puis à nouveau un pagre minuscule, hou là là, je vais laisser les cannes dehors en attendant le nuit.

Le retour à la pêche.

Tant bien que mal la nuit arrive enfin, le bal des bateaux à cessé et le vent de travers à repris du service. Les montages sont envoyés dans l'eau en attente de la première vrai touche. J'en profite pour me désaltérer et de fumer ma cigarette roulée tout en surveillant du coin de l'oeil le bal des écureuils. Tout est bien tranquille jusqu'à 22 heures où soudainement je pense qu'il se trame sur ma ligne, je ne sait pas si c'est une hallucination mais ça vaut le coup de vérifier. Le vent tiède malmène le scion de la canne et il m'est difficile de sentir une tirée, dans le doute, je ferre avec douceur. Hé bé, il y a bien un poisson au bout et il est tout à fait honorable, je devine immédiatement une belle blanquette à ses tirées typiques. Sans encombre elle va être capturée malgré une belle défense qui me réjoui pleinement, mais la deuxième touche ne vas pas être de la même nature...

J'ai remarqué que la canne du fond n'est pas tranquille, l'écureuil monte légèrement puis retombe, sa danse n'est pas exactement comme il y a quelques minutes. Avec l'expérience j'ai appris à mes dépends qu'on doit toujours se méfier de ce qui est anodin car cela cache parfois bien des surprises. Hé bien là en voilà une qui me pends au nez car au ferrage je suis bloqué net par un gros poisson. Sa remontée est complexe avec des diamètres aussi fins, les faiblesses sont nombreuses et je vais le payer à mi hauteur. La daurade n'a pas pu être bridée comme il le faut et elle est allé se plaquer contre les roches sous mes pieds pour casser le fil. Voilà un exercice qu'elles maîtrisent à la perfection et nombreux sont ceux qui se sont fait avoir comme moi ce soir.

Mon problème c'est que vu qu'il n'y a pas de marbrés mais de très belle daurade je suis contraint de changer ma canne d'épaule, si je puis dire... je passe tout le monde en 25 centième avec la couleur de fil rouge, l'hameçon va descendre  avec du 2 qui est plus fort de fer. Toute la complexité de ce style de montage c'est qu'une cordelle va très mal passer sur le fil mais c'est le prix à payer pour ne pas perdre tous les beaux poissons. Avec beaucoup de patience et de précision je fini par trouver le moyen de faire de belle bouchées sans abîmer les appâts, c'est sûrement ça la clé de ce soir.

Le retour à la pêche.

Tout va se jouer dans l'heure qui va suivre, les touches sont très discrètes à cause du vent qui ouvre une bannière de fil immense mais malgré tout on fini par deviner. Pour comprendre, la première des choses c'est qu'on est dans le coeur de la pêche si une touche n'intervient pas dans les dix minutes c'est que l'appât à été grignoté ou il est planqué sous une algue, il faut vérifier régulièrement. Le deuxième poisson va m'apprendre à vivre tant sa ruse est incroyable. Au départ j'ai eu une touche correcte que je me suis empressé d'exploiter, jusque là tout va bien. A la remontée je me suis pensé que j'avais accroché une algue ou une autre saleté qui remonte mollement, arrivé non loin de la surface le poisson vas sonder avec une violence qui à failli me faire partir la canne des mains ! Heureusement le frein n'était pas serré à fond mais il a tourné cinq segondes  du bout de mes doigts ! Va s'en suivre un véritable bal du décrochage, à la surface elle se débat avec rage empêchant de la salabrer. il m'a fallu attendre longtemps pour qu'elle abandonne et rentre dans les mailles de mon filets. Mais ma récompense est grande car ma prise pèse dans les deux kilos et ce genre de poissons n'est pas ordinaire. J'ai lu quelque part que pour atteindre ce poids il faut une dizaine d'année et cela mérite de ne pas être ignoré.

Le retour à la pêche.

Dans la foulée il y a eu une dizaine de petits sars, des pageots, des petits pagres qui sont tous retournés à l'eau vu leur taille ridicule et pour finir à trois heures du matin une autre belle blanqette que ja vais garder. Je n'ai plus que des bouts de cordelles qui tournent de l'oeil mais de toute façon j'ai largement fait ma pêche et je ne regrette pas de partir.

Voilà c'est l'heure du retour et c'est la partie que j'aime le moins, il faut tout remballer et marcher fatigué jusqu'à la voiture. Mais sur le chemin du retour j'ai déjà fait les plans pour la prochaine pêche...Vu qu'il y a principalement des daurades je vais revenir la semaine prochaine avec quelques astuces secrètes, si j'avais pensé à le prendre ce soir j'aurai sûrement pu prendre ce poisson record qui s'est décroché, dommage c'est pour la prochaine...

Le retour à la pêche.

Voir les commentaires

Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #Poissons
La leçon des calanques.

Régulièrement quand je vais à la pêche, je trouve une multitude de choses sur mon chemin qui font des entraves au plaisir et qui m'empêchent de profiter pleinement de ma sortie. C'est souvent les embouteillages épouvantables du bord de mer Marseillais qui use ma patience car forcément je suis là aux heures où il y a le plus de monde. Souvent je n'ai pas pu acheter ce que voulais en appâts faute d'en avoir les moyens et au final de trouver mon coin de pêche aussi sale que dans une décharge publique, qui ce dernier fait monter une forme de haine en moi. Le reste me rends plus fataliste ou parfois même a raison de mon courage tout simplement.

Depuis ces longues années de pêche en compagnie d'une multitude de gens qui sont plus ou moins verrouillés dans une spirale publicitaire, faisant illusion que la pêche est un sport unilatéral où seuls les âmes qui auront répondu à l'appel de leurs produits réussirons à capturer encore plus de poissons...Voilà une belle connerie pour un amateur que de se prendre pour un pêcheur d'exception. Quel besoins avons nous de nous prendre pour des vainqueurs d'une course à la capture. A force de regarder les publicités il est clair que le plaisir d'aller tout simplement à la pêche n'est plus dans l'actualité. Quid du plaisir de la l'eau salée, du bruit des vagues qui s'accouplent bruyamment avec les roches, d'un coucher de soleil rougeâtre qui illumine le fond des yeux. Ce qui est regrettable avec l'évolution c'est que les nouvelles générations partent à la pêche avec la mission de capturer le plus de poissons sur les épaules. Les magasines auxquels je suis abonné traitent en priorité des leurres, des cannes à pêche, des sondeurs et tout pleins de trucs pour faire des carnages. La connaissance de la biologie des fonds marins est lointaine et bien ciblée sur l'alimentation d'un poisson et parfois même l'agressivité de l'espèce.

Mais pour être vécue, le pratiquant doit avant tout s'informer sur l'ensemble des choses qui compose la mer et ses abords. C'est un peu comme si un pilote qui court un grand prix ne connaissait de son engin que des mots techniques ou quelques compositions par ci par là...Tu parles, le pilote connait tout des matériaux sur lequel il est assis, leur réaction aux températures, les formes aérodynamique, les matériaux qu'il porte sur le corps rien n'est laissé au hasard ou à la chance. Pour le pêcheur cela devrait être aussi ainsi mais là, on en est loin. Qui connait réellement la composition de sa canne à pêche ou les pièces qui composent le moulinet, les fils, le plomb ? En fait nous sommes des ignorants et nous faisons fi de ce monticule de choses à savoir. Alors on part avec le matériel qu'on a pu se payer, on balance un appât dans l'eau car on a entendu qu'il est bon en espérant qu'un gros poisson vas y mordre, vous imaginez à quel point tout repose sur le destin...

Pour l'anniversaire mon grand fils Arnaud j'embarque les copains qui le suivent depuis des lustres. Ceux qui ont l'habitude des lignes des silver vont immédiatement remarquer que les petits merdeux d'hier se sont transformés en grands gaillards solides et qui font en plus des étincelles dans le monde du football. Ils sont tous devenus de beaux garçon qui rivalisent sans sourciller avec le vent qui sévi ce soir, contrairement à moi...

Pour ce soir c'est presque le paradis, inutile de trop les surveiller car à vrai dire ils sont largement plus sportifs que moi et je ne craint plus de les voir se vautrer. Ne me reste quand même qu'à recharger les lignes vidées par les millions de petits poissons qui rôdent ici et de calmer un peu aussi le feu de la capture qui à pourrai faire échec à la bienveillance des espèces. Toutefois ce message de respect n'est pas bien difficile à trouver dans le petit groupe d'acharnés. Il est clair que malgré leurs âges je sent bien qu'ils n'en faut pas des masses d'explications pour relâcher un poisson malheureux. Hé oui la consigne c'est qu'on ne prends que les beaux sujets et tout le reste repart à l'eau dans les meilleures conditions. Dans le groupe il y a toujours les chanceux qui donnent immédiatement le ton de la soirée et ça, on y peux rien car ça s'appelle...Mais au fil des heures les choses changent et on assiste à une douce compétition rythmée par le son la minuscule enceinte qui crache avec rage les derniers morceaux de Rap de l'année. Voilà, on en est là de l'évolution du pêcheur de demain. A charge pour moi "d'éduquer" les futurs pratiquants qui ne doivent sous aucun prétexte prendre la mer pour un gigantesque n'importe quoi, on ne perds pas de vue que ce qui sort de l'eau est en vie, et la vie à une douceur et une amertume, à nous de ne pas l'assombrir encore...Je prends conscience qu'une mauvaise gestion du groupe peut faire basculer à vie l'idée de la pêche aux nouveaux venus.

La leçon des calanques.

Là on est bien, les poissons ne se font pas trop attendre et il y en a un peu pour tous le monde malgré certaines différence flagrantes. La musique coule à flot, les boissons ruissellent dans les gorges aussi vite que la marée de chips croustillants qui ornent les sacs à dos. Moi je suis à admiratif à la vue de ces jeunes sportifs qui s'amusent d'un rien et qui n'ont pas la moindre pensée négative. Les crabes sont photographiés sur les téléphones portables avec passion, les crevettes aux yeux qui brillent dans la nuit sont observées sans désir de capture...Hou putain j'ai la tête qui tourne ! Ces sales moutards sont en train de me démontrer qu'ils sont biens meilleurs que moi à leur âge... 

Pourtant je me met volontairement un peu à l'écart du groupe, j'ai un peu de mal à concilier rap de quartier , bouffe à gogo avec la pêche de nuit. Malgré tout la boite de nuit qui s'est ouverte dans les calanques cette nuit me démontre que cela n'a pas une incidence directe sur la capture des poissons et alors là... je suis baba. Putain, moi qui prends toutes les précautions et tout et tout, pffff, qué misère ! Je fait leur éducation et c'est moi qui prends une leçon, va comprendre...

Au départ de mon copain Marco les choses se précisent pour les poissons. En l'affaire d'une heure la plupart des captures vont se faire par minutes interposées. Le groupe est d'une solidarité inconnue dans le monde des pêcheurs, à la moindre touche c'est le groupe entier qui se déplace au chevet de l'heureux fidèle. Les mots de réconfort sont si touchants, comme des coachs qui bondissent au soutien indéfectible ! Par manque d'habitude de la capture la plupart des prises vont rester dans l'eau suite à un beau loupé ! Moi je suis dans mon coin sombre et je regarde la petite armée de furieux qui s'agite à la moindre touche. Je ne donne pas de conseils car je me délecte trop de voir ce petit groupe si soudé, si parfaitement prompt à l'action, tu me vois dire: Ho les gars on se calme, tends la ligne et essaye de sentir le poisson qui hésite ? Surtout pas car c'est là mes dernière cartouche de vieux con ! Faut bien qu'il me reste encore dans le chargeur quelque munitions pour les dures années qui vont arriver. Hé oui car à force de me prendre pour un pêcheur et de transmettre à ces enfants les premiers rudiments de la capture, ils finissent par vous donner une bonne leçon de vie.

La leçon des calanques.

Mais la nuit avance et le vent commence à devenir difficile à vivre ici. Même bien couvert comme je le suis et avec toute la rage réconfortante de ces jeunes gens de 17 ans, l'aventure commence à peser lourd. Nous allons plier boutique vers trois heures du matin de l'avis général, nous sommes à court de chips barbecue, de boissons sucrées, de bonbons et de poissons. Ce sera le mot du groupe de ce matin, tout les monde à pris sa ration de sensations . A charge pour moi de replier toutes les lignes, de ranger l'ensemble du matériel dans les boites,  malgré tout je peut enfin confier certaines tâches à ces bambins qui sont bien plus grands que moi.

Cette pêche de ce soir sera ma contribution au monde de la pêche pour ne pas que ces enfants confondent un jour loisirs et captures car en fait, c'est deux mondes bien différents que personne ne doit confondre par ignorance.

Roro.

La leçon des calanques.

Voir les commentaires

Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #Poissons
Les daurades de printemps.

Je décolle de la maison ce mercredi soir pour une partie de pêche, l'appel des calanques résonne. J'ai avec  moi quatre appâts en poche et bien peu de matériel tout simplement parce que fond de ma caboche il s'est allumé une ampoule. Nous connaissons tous bien cette petite lumière qui peut s'éclairer à n'importe quel moment de la journée. c'est comme une idée qui devient une évidence et qui nous prends les tripes quitte à faire l'impossible. Hé bien voilà, sans trop combattre le concept je suis sur le chemin des calanques pour énième fois car la passion de la mer à pris les commandes de mon esprit rempli d'opportunisme. J'ai des bibis surgelés et des petits calmars mais je passe chez CABESTO pour compléter le tableau des friandises car cela me permet surtout de voir mon copain Antho. Mais à cette heure tardive je sait bien que rien ne sera pas simple car pour ajouter à cela j'ai une envie folle d'investir un coin où je me me sent chez moi. Dans la nuit je vais aller chercher avec ma puissante lampe frontale un semblant de plat d'où mes pauvres lignes vont être tendues et une place pour étaler mes maigres boites d'accessoires. L'habitude fait qu'en un coup d’œil le choix d'envoyer son appât est une évidence, peu à peu si une direction ne donne rien, le pêcheur a la possibilité de dévier de quelques degrés la direction du lancé, de raccourcir la distance ou de la rallonger pour trouver l'emplacement du poisson. c'est un peu pour ce la que j'ai choisi ce coin car je sais où il faut envoyer sans perdre de temps. En tout cas il ne sert à rien de poser son appât au fond de l'eau et laisser la ligne pêcher toute seule car cela ne fonctionne pas. Pour être efficace à coup sûr il faut tout essayer quitte à changer régulièrement de montage et surtout vérifier très régulièrement ses lignes. L'appât peut être caché sous des algues ou rongé par les indésirables sans que nous ne nous soyons aperçu de rien, il peut être abîmé par un lancé appuyé comme cela arrive souvent d'ailleurs.

Les daurades de printemps.

Pour ma part j'ai vite retrouvé mes repères, les cailloux pelés comme des crânes d’œufs m'offrent une vraie possibilité d'être assez confortablement installé. Par contre même si je doit jongler avec les pieds pour évoluer entre les cannes, il y a des milliers de trous qui calibrent leur angle d'inclinaison et rien que ça c'est déjà pas mal. Une fois les lignes montées je doit m'attaquer à mes appâts. Pour ce soir j'ai choisi des bibis surgelés et des frais de belle taille qui débordent de jus et quelques petits calmars à peine décongelés. Pour renforcer l'aspect naturel des petits calmars j'enfonce dans le tube un petit bout de liège que je découpe dans un bouchon de vin. Pour que le liège ne sorte pas je ferme le tout petit tube avec du fil à ligaturer qui au passage emprisonne l'air aussi. cela permet de décoller considérablement le petit céphalopode du fond du coup, il est visible s'assez loin et avec le déplacement des eaux de fond je peut considérer qu'il est mobile tout en restant calé à la profondeur voulue. J'ai beaucoup d'espoir car il m'est souvent arrivé d'avoir de belles surprises avec cet appât tant sa chair est universelle sous les eaux. Par contre, et si je puis dire malheureusement, je ne doit pas monter mon bas de ligne au delà du 22 centièmes, la raison vient sûrement de la limpidité de la mer. Nous avons testé tous les montages possibles et même avec les meilleurs appâts, dès que le fil est trop gros il n'y a plus aucune touches. A l'inverse, avec du 18 ou du 16 centièmes le fond marin s'illumine, les touches sont nombreuses et les casses sont légion, mais qu'importe, régulièrement la dextérité du pêcheur l'emporte sur le combat du poisson.

Vu que la nuit totale est proche je ne doit pas perdre trop de temps au montage du matériel embarqué. En fait je pouffe de rire tellement je n'ai que quelques bricoles dans la musette, fini les lourds sacs de matos qui ne servent jamais et les maux de dos le lendemain. Là j'ai six plombs de cent grammes, deux boites d'hameçons, quelques grosses perles moles, une dizaines de rollings, du fil entre 18 et 30 centième plus les arrachés et trois ou quatre aiguilles. la pêche devient tellement plus simple quand on est pas attiré à la dernière minute par un montage improbable qui a plus de chance de faire fuir le poisson qu'autre chose. Tout est clair dans la ligne car il n'y a rien qui peut indiquer à un poisson qu'il va se faire avoir.

Voilà tout est prêt et je peut envoyer ma première ligne au plus loin. Tient un truc qui m'est personnel, ordinairement le doigt qui coince le fil avant le lancé est l'index, c'est un doigt solide qui a une bonne réserve de puissance. Pour ma part je n'ai jamais pu utiliser ce doigt pour lancer ma ligne car un accident de moto dans ma jeunesse me l'a rendu quasi inflexible. Du coup le fil est tenu à l'extrême bord du majeur faisant croire à celui qui regarde que je fait un doigt d'honneur.

Dans un sifflement strident le plomb va aller loin, le fil se dévide hors du moulinet jusqu'à ce que le lest se pose sur le fond, là je tend la ligne et j'accroche mon écureuil lumineux sur le fil de la canne. Je me tourne et je passe au montage de la deuxième ligne, je fait quelques pas vers mon matériel tout en sifflotant mais un bruit suspect je signale qu'il s'est passé un truc dans mon dos. Je me retourne et effectivement l'écureuil est couché sur le sol mais il remonte à la vitesse de la lumière vers le blank et se colle à l'anneau! Bien que je suis réjoui d'une telle situation j'espère quand même que ma pêche ne vas pas se jouer dans les premières minutes de la soirée. Vous savez bien que si c'était le cas je rechignerait à rester car il n'est pas question pour moi de vider la mer. Pourtant elle est bien là ma chance car au ferrage je comprends immédiatement que j'ai envoyé sur le nez d'une très belle daurade, vu sa défense je vais salement en baver pour la remonter jusqu'à la surface. Mais contre toute attente elle remonte assez bien malgré de bon pliage de canne qui me fait serrer les fesses. La bougresse me fait au dernier moment un spécial rodéo, mais il ne faudra que quelques minutes pour la mettre ( difficilement) dans mon salabre. Par contre si je fait une prise plus grosse ça risque de se transformer en véritable enfer !

Les daurades de printemps.
Les daurades de printemps.

Rapidement je comprends que ce soir il va y avoir du sport sur les roches des calanques. En fait les petits calmars se font littéralement fusiller par la petite faune qui traîne ici ce soir, l'écureuil tape régulièrement contre la canne sans que le poisson se pique pour autant. Même si je réjoui d'un tel succès je commence à être un peu irrité de faire le montage de l'appât à peine à t'il touché le fond,  Plusieurs fois même j'ai compris que l'hameçon avait été vidé en quelques secondes sur des tapes très sèches et bien lourdes façon sars de 300 grammes. Bon allé je vais permuter le bibi et le calmar car il ne me reste plus que quelques céphalopodes dans la boite contrairement aux bibis frais et surgelés.

l'attente est un peu longue soudainement, les touches sont sporadiques en l'espace d'une demi heure pour une raison que je peut deviner. Il est à approximativement 20 heures et dans ce coin c'est pile l'heure où les petites merdouilles cèdent la place aux sujets bien plus gros, avec un peu de chance ce sera autre chose que des daurades. Oui les espèces de poissons ne se mélangent pas toujours avec bonheur quand l'heure du repas à sonné. Ici les heures sont bien marquées à cette saison printanière, au coucher du soir il y a tous les indésirables de la création qui vadrouillent autour des appâts, mais dès que la soirée commence à s'approfondir les choses changent. S'en suit une énorme trou dans les touches qui peut durer parfois toute la nuit mais, très souvent, la pêche à été conclue à ces moments bénis...bien que là c'est déjà bien.

Le temps qui court n'est pas mon meilleurs ami quand on parle pêche et qu'on travaille le lendemain. Autant au travail je peux égrainer les quart d'heure à la perfection, autant à la pêche on dirai que les minutes glissent sur un toboggan bien savonné ! Il est neuf heures passés et plus la moindre touche à l'horizon malgré une surveillance militaire, il est temps pour moi de forcer la porte de la chance...

Sans sourciller je déballe deux mètres de 16 centième fluorocarbone YUKI invisible sur un hameçon de 1 à hampe longue et je diminue considérablement le poids du plomb qui passe de 100 grammes à 80 grammes. L'appât va être un des derniers petits calmars qui me reste que je vais monter avec justesse avec un fil à ligaturer le plus fin que j'ai pour masquer tout encombre à l'apparence de vie. dans un jet vif mais sans brutalité l'appât va aller toucher l'eau assez loin dans le sable, le fil sera tendu mais tout en restant très libre, l'écureuil sera débarrassé de tout poids et ne vas pas peser plus lourd qu'un bonbon. Rapidement cette technique va aller trouver une deuxième belle blanquette qui a englouti l'appât sans rien voir, tous les rêves sont permis car l'astuce de ce soir semble se dessiner.

Je ne sait pas au juste si c'est le fait du hasard ou si c'est ma technique qui fait mouche mais là, l'écureuil extra lumineux devant moi viens de s'envoler dans les airs dans une courbe magnifique ! Ce poisson ne sait pas à quel point il me libère d'un truc qui faisait un peu de bruit dans mon courage, ma crainte s'envole, reste maintenant de savoir où j'en suis avec ce poisson. Je tend la ligne lentement et je sent que le plomb ripe par petites saccades sur le fond sableux, tout semble en suspens comme si la terre venait de se mettre en pause...Je hoche de la tête plusieurs fois à la filée car rien ne m'indique que j'ai quelque chose au bout du fil. Par précaution je repose la canne tout en prenant soins de na pas tirer sur le plomb tout en laissant le fil mou car ici je peut me le permettre. Je sent les battements de mon cœur qui pilonnent la poitrine, le rythme cardiaque n'est pas rapide mais il est puissant preuve d'une intense émotion. Heureusement l'attente ne vas pas durer car le témoin se met à trembler vigoureusement et dans un bouquet final va aller s'écraser en deux temps contre le blank de la canne ! Moi qui était en train de me rouler une cigarette, je suis contraint de tout envoyer balader au fond du paquet de tabac afin de ne pas perdre de temps. Il ne faut pas perdre de vue que le ferrage doit être cousu d'amour et la remontée du poisson en papier peint tout rose, on doit voir des petits cœurs qui sortent du moulinet si je ne veut pas casser le 16 centième ! le ferrage tout en douceur se passe bien et le poisson est bien au bout, bon, jusque là tout vas plutôt bien. La remontée tout en dentelle laisse le temps à la daurade de s'exprimer au delà de ce je veux, ses rushs frisent la casse du fil et c'est à cet instant que je m’engage dans une longue et pénible remontée...

On peux facilement reconnaître le poisson qui est au bout dès l'instant qu'il est de bonne taille et qu'il a du champs de libre autour. Ce poisson ne semble gros à proprement parler mais il est très vif, les coups de tête sont facilement déchiffrables, ils me remplissent de joie car je peut décortiquer tout ce que j'ai appris à l'école des calanques. Le côté accroche au fond de l'eau est à éliminer des possibilités car tout est sableux, cela permet de donner du mou au poisson si la pression devient trop forte sans pour que cela devienne un obstacle. Non là mon vrai souci c'est la taille bas de ligne qui ne me permet pas de faire dans l'approximation, même à portée de salabre on a vu de belles casses au raz des pieds ! Je suis franchement concentré sur ma ligne mais mélangés dans les bruits usuels qui sont dans la nature même des calanques, une sorte de grincement attire mon oreille. Puis le doute vient égratigner mes yeux qui voient une boule jaune qui s'enfonce dans l'eau ? D'un coup le mécanisme se met en route pour trouver la cause d'une lumière surprenante au fin fond de nulle part. Tu parles c'est l'écureuil de mon autre canne qui est en train de s'enfoncer dans le noir des eaux, il a été tout simplement éjecté de du fil lors d'une touche que je n'ai même pas vue !

-" Qué misère..." me dis-je presque à haute voie... Je suis en dans une situation bien complexe car rien ne dis que je vais pouvoir gérer les deux prises vu que celle que j'ai en ligne suffit déjà à mobiliser tout mon espace. Tant pis je ne peut pas faire autrement de toute façon, je suis contraint de laisser l'autre canne aux quatre vents au risque que ma prise soit une énorme daurade et au cas où, je ne veut pas savoir, ou au contraire un sar de 200 grammes qui me donnerai raison. Le destin danse joyeusement sur mes épaules, il a trouvé la situation parfaite pour s'amuser avec moi, hou putain, respire Roro, respire...

Voilà mon poisson est à une vingtaine de mètres de la pellicule mais je ne peut pas encore le voir car il a sondé profondément et vu la configuration de l'endroit je ne pourrai le voir que lorsqu'il sera presque à la surface, rincé, vidé par son combat. A coups de pompages lents et de récupérations rapides entrecoupés de rushs délicats qui me fait perdre du terrain, le poisson fait enfin surface et là, j'ai la rétine qui prends feu ! C'est une daurade qui fait deux fois celle que je viens de capturer. Je prends l'épuisette et l'exercice consiste comme pour la dernière à lever un bras qui tient la canne et baisser l'autre bras avec le salabre et essayer au mieux dans une situation très acrobatique, d'envoyer d'un coup ce poisson au fond des mailles. Je vous laisse juge de la situation car tout cela doit se faire à genoux pour que l'épuisette puisse toucher l'eau, inutile de vous raconter ce que je suis en train de vivre. J'ai beau m'y reprendre à plusieurs fois elle plonge dès que l'épuisette touche l'eau et elle me prends quelques mètres de fil à chaque fois. Je suis obligé de me relever et de recommencer sa remontée. Malheureusement soudain elle en a dû en avoir marre et elle recrache l'appât comme on crache vulgairement un chewing-gum laissant toute la situation en plan... Elle s'enfonce doucement dans l'eau dans une ondulation merveilleuse jusqu'à disparaître complètement dans les rayons noirs de la mer. Et moi je suis là comme un con surpris par cette bestiole qui viens de se libérer de mon hameçon alors que j'avais fait d'autres projets pour elle. Je reste là quelques minutes les yeux dans l'eau à rembobiner le film qui viens de se dérouler et à imaginer une autre issue que celle qui viens de se produire, bon...

Ha tient je vais aller voir l'autre canne à pêche qui s'est tue soudain. Sans surprise il n'y a plus rien au bout qu'un bibi déchiqueté par des dents solides. En désespoir de cause je vais aller me consoler avec ma belle daurade que j'ai réussi à capturer et je vais faire avec elle quelques photos souvenirs. Ce qui me rend heureux c'est que sent bien que la saison est entamée, la vie a repris forme sous les eaux. Désormais il sera possible de faire régulièrement de belles prises à charge pour nous d'être toujours aussi discrets dans nos montages. Impossible de dire si un fil en 16 ou 18 centièmes peut faire autant la différence par rapport au 22 centièmes comme il l'a été le cas ce soir. Nous aurons toujours cette épée au dessus de la tête qui sera notre pire compagnon de fortune, nous perdrons encore de merveilleux poissons à cause de cette fragilité qui à l'inverse fait notre force. Oui le mer nous cache encore bien des surprises...

hé bien voilà c'est l'heure de rentrer je n'ai plus vraiment envie de rester je pense que j'ai pris mon lot de sensations pour un simple mercredi soir. Mes maigres affaires vont être rangées dans leurs boites, les cannes attachées et mes précieuses prise posées dans mon bac. Il ne me faudra qu'une poignée de minutes pour rejoindre la voiture qui est garée contre la barrière en haut, je vais laisser une nouvelle fois un petit morceau de mes histoires au creux de ces roches, d'ailleurs, en regardant du haut de la colline la mer qui s'étale jusqu'à un certain infini, je ne peut m'empêcher de penser que peut être un jour ces coins seront fermés à la pêche. Je vais même aller plus loin que ça, je pense que ce n'est q'une histoire de temps car nous savons tous à quel point ces lieux se transforment en décharge publique une fois la belle saison venue, cela donnera une excuse à l'administration des calanques pour déblayer les cons comme nous.

Roro.

Les daurades de printemps.

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog