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SILVERPECHE.com

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LE BLOG DES SAISONS

Articles avec #calmar catégorie

Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #sport, #pêche, #appâts, #calmar, #Poissons
Portrait de pêcheur.

Il y a beaucoup de choses qui se sont passées dans ma vie. La pêche a toujours été un excellent exutoire car cette pratique indéfinissable m'a toujours permis de voir plus loin et de me dépasser inlassablement. J'ai découvert l'ichtyologie à travers de grands chercheurs comme Aristote ou Platon. Et puis il y a aussi tout ces gens qui ont participé à me faire mieux comprendre la pêche par le biais de petites astuces, elles sont aussi simples qu'essentielles et mises bout à bout forment une forme d'expérience. Je ne vais vous parler de tout le monde car vous en connaissez déjà un grand nombre. La plupart ont traversé nos lignes dans le fil de notre actualité, il y en a qui sont restés dans le groupe et d'autres qui en sont partis. Non je vais vous parlez d'un gars qui a forgé la quasi totalité de ma pêche d'aujourd'hui et qui pourtant est resté dans l'ombre de nos pages toutes ces années.

Le palmarès de ce garçon n'est pas racontable. Malgré que je connaisse de très bons pêcheurs en tout genre, celui-ci est franchement étonnant ! C'est le genre de gars à attirer les poissons, et surtout les calmars, alors que la mer semble totalement vide. En effet, combien de soirées ai-je passé à ses côtés me demandant comment pouvais t'il trouver autant de ressources ? Pourtant rien n'est franchement différent en terme de matériel ou de technique, je dirais même, que tout en lui semble parfaitement ordinaire. Seulement voilà, dès que les leurres touchent l'eau on se rends rapidement compte que le registre dans lequel il navigue est complètement différent du notre. Il a capturé un nombre incalculable de grosse daurades, des loups à n'en plus finir et tout cela avec des choses si rudimentaires qu'elles ne sont plus inscrites nulle part. Comment expliquer de nos jours que tout ces spécimens ont été piégés avec appâts récoltés une heure avant dans les pneus des ports ou dans le sable d'une petite plage ? Tout cela aujourd'hui n'a plus cours et il ne reste plus qu'une poignée de pêcheurs qui savent faire cela.

Pour en rien gâcher, ce garçon est très avenant et il a la plaisanterie très agréable. Il partage sans retenue son expérience avec tout ses copains et n'hésite pas à expliquer certains mécanismes essentiels. C'est en grande partie grâce à lui que j'ai réussi à débloquer certaines situation difficiles où le bredouille me pendait au nez.

Portrait de pêcheur.

Mais notre histoire commence ce soir là à CASSIS. Antho et moi nous nous dépêchons de nous installer sur notre poste rocailleux car la nuit commence à tomber. La mer est particulièrement belle à défaut d'être froide, mais elle nous offre une étendue lisse qui crée immédiatement  de fortes aspirations en nous. Rapidement les montages sont prêts à être envoyés dans l'eau, l'attente clope au bec démarre. Du coin de l'oeil je me rend compte qu'un gars s'est installé pas loin de nous, ce qui me surprends c'est qu'il me semble que je le connait, mais c'est ... Hou fan c'est Guy !!!

Voilà une belle surprise, c'est avec un grand bonheur que nous allons enfin pouvoir discuter un peu. Me revoilà replongé dans un passé lointain où les vieux mécanismes sont toujours d'actualité, d'ailleurs ils sont tellement d'actualité qu'ils fonctionnent toujours ! C'est comme si notre dernière pêche datait de samedi dernier car rien en lui n'a réellement changé. Pourtant je n'ose pas compter les années mais il me semble bien que notre dernière sortie est aux alentours de 2006, une paille !

Alors que nous discutons avec enthousiasme c'est la première prise pour lui. Rien de très étonnant quand on le connait, c'est un aimant à calmar et personne n'ose plus se frotter à lui. Nous on est là avec nos leurres de fadas et nos bouchons ultra brillants et on observe impuissant son rythme soutenu...On pourrai dire que c'est de la chance, oui mais cette chance dure depuis 30 ans à toutes les pêches. A un moment  il faut se rendre à l'évidence, ce gars est un excellent pêcheur de calmars, il arrive à les trouver de partout et toute l'année...

Comme d'habitude il nous quitte vers 21 heures avec quelques prises dans sa petite musette. Pour nous les choses commencent à venir car du coup nous avons changé la direction de pêche de ce soir.

Antho fait un beau montage au vif avec un poisson fraîchement pêché, moi je mitraille le coin comme un fada avec ma turlutte tout surveillant bien le bouchon de PAD qui brille de mille feux. Finalement il n'y a pas trop d'attente ce soir, je ne sait pas si c'est notre copain qui nous a boosté mais les choses se passent plutôt pas trop mal. Au final Antho vas se faire capturer son vif par un beau poulpe qui va repartir à l'eau à grands coups de flash dans la poire, moi je vais avoir une touche saisissante d'un congre juvénile piqué sur bord des lèvres, puis à nouveau Antho qui réussira à capturer un calmar sur un montage tataki. Bon en gros on a quasi tout remis à l'eau car ce n'est pas du tout la pêche que nous étions venu faire, en fait nous étions venu juste passer quelques heures au bord de l'eau et finalement nous sommes revenu avec un excellent moment d'amitié en poche. Si ça c'est pas de la pêche...

Portrait de pêcheur.
Portrait de pêcheur.

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Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #sport, #pêche, #appâts, #calmar, #Poissons
La saison des calmars.

Comme vous le savez, la saison des calmars est ma saison favorite. Comme toujours vous vous doutez bien que ce n'est pas uniquement grâce aux calmars que j'aime cette saison, non, c'est aussi pour autre chose mais on en parle plus loin.

En effet, ce qui me plait beaucoup dans cette saison c'est qu'en premier lieux il y a beaucoup moins de pêcheurs sur mes postes habituels. La circulation dans Marseille est beaucoup plus fluide car tout le monde reste bien au chaud confortablement lové son canapé et ça aussi c'est humain. Hé oui, là je suis un peu égoïste sur ce coup mais que voulez-vous, la nature humaine est faite ainsi. Mais une des raisons majeures qui me poussent à revenir sur mes nombreux postes de pêche, même à des heures impossibles et par tout les temps, c'est mes rêves. Oui mes rêves de gosses qui hantent les couloirs de mon esprit, ceux qui ont trouvé des solutions et ceux qui n'en auront jamais. Ils dansent sans relâche derrière la barrière de mes yeux et il pactisent sans retenu avec ma faiblesse. Au delà de la capture du poisson il y a aussi la mer et ce qu'elle procure comme fantasmes. Tous les pêcheurs savent à quel point le mer a besoin d'être lue pour se livrer et c'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle je refuse d'avoir un appareil électronique pour la déchiffrer. Je veut simplement m'imprégner de son rythme pour être en osmose avec tout mon environnement. Mais je sait qu'aujourd'hui se sont des valeurs bien désuètes quand on regarde ce qu'on demande à un pêcheur pour exister sur la toile.

Mais aujourd'hui ma pêche va changer un peu de registre, du moins, je vais tenter d'agrandir mon rayon d'action. En effet, la venue d'un pneumatique dans nos aventures risque de propulser notre équipe dans une autre dimension. Hé oui la mer est plus difficile quand on est loin du bord, on sait à quel point les risques sont nombreux si la météo change ou si tout simplement j'avais mal calculé mon coup. Je dit ça car j'ai ce bateau depuis un bon moment mais depuis que ce foutu mois de Septembre a commencé nous avons tous essuyé du mauvais temps. Mais en m'éloignant de la côte je compte bien étendre le panel de mes prises car il faut bien le dire, côté variété il me manque encore beaucoup d'espèces à capturer.

Mais la vrai raison pour laquelle j'aime cette saison c'est qu'elle est directement liée à la cuisine des calmars. Ceux qui lisent régulièrement nos lignes ou qui suivent notre réseau social savent à quel point la cuisine tient une place majeure dans notre loisir. Ca fait le bonheur de ma famille et en somme tout mon bonheur... Nous nous retrouvons beaucoup plus souvent entre copains et nous arrivons à faire le lien avec notre ami ALLAINPADDY beaucoup plus régulièrement. Si vous ne le connaissez pas encore vous découvrirez un gars qui est en capacité d'élucider tous nos mystères avec trois bouts de ficelles mais avec un cerveau bien rempli.

La saison des calmars.
La saison des calmars.

Comme je l'ai dit plus haut ma pêche prends une tournure différente car nous avons aujourd'hui un bateau pneumatique qui nous tend les bras. je vous ai aussi parlé de ma soif tenace à agrandir mon rayon d'action sans savoir réellement à quoi je m'attend. Comme toujours mon copain Anthony m'accompagne dans ces aventures car tout comme moi il lui manque une case.

Hé bien nous voilà parti ce dimanche avec armes et baguages au cul du quai de pointe rouge aux aurores. Dans un premier temps il faut comprendre comment monter le plancher en aluminium du gonflable et je doit vous avouer que ce n'est pas une mince affaire. Finalement après un combat l'embarcation est gonflée et facilement mise à l'eau vu son poids. Mon ami me passe les affaires dont le moteur qui doit être solidement fixé au tableau arrière sous peine de sauter à l'eau seulement voilà. Ce fameux tableau arrière est assez mince et les pâtes du moteurs sont assez large et cela ne permet pas de le serrer ? Voilà une déconvenue de premier ordre car si je ne trouve pas une cale on peut rentrer à la maison. Trouver une cale oui mais quoi comme cale ? Je laisse Antho quelques minutes sur le quai et je vais aller farfouiller entre les blocs de pierre là où sont amassées des tonnes de saletés laissées par des alcoolique du samedi soir. le parking est remplis de saletés et de canettes de bière qui prouvent qu'ici on y fait la fête salement. Finalement je vais trouver une traverse d'une palette un peu brûlée qui va à coup sûr faire mon affaire. Je retraverse la parking dans la pénombre pour essayer sous l'oeil des pêcheurs très interrogatifs ! Déjà les premiers rires éclatent mais alors dès que je met le moteur en route c'est la crise de rire !!! Mon moulin fait un barouf d'enfer qui fait râler les pêcheurs de calmars !

Au départ tout ce passe plutôt bien, les bateau est bien rempli d'une tonne de conneries dont nous aurions largement pu se passer mais, en bons débutants, cela ne nous a pas alarmé au départ. Sauf qu'à peine sorti du port l'espace manque cruellement à bord. Pourtant nous avançons tranquillement vers notre poste bercés par le ronron du moteur deux temps. Pour le coup nous nous sommes chargés en appâts surgelés tout droits venus de la maison PEXEO vendus chez CABESTO Aubagne, petits calmars, sardines, broumé, crevettes et Rimini. Je me demande si on a pas vu trop grand côté appâts car Antho a une canne et moi deux, bon, on verra bien.

En une vingt minutes nous sommes aux portes du Frioul, la mer est vraiment très calme et le jour se lève à peine derrière la montagne. Nous décidons de faire une première halte pour se reposer les oreilles car le moulin fait un bruit de fada et vu qu'il est totalement neuf il y a de temps en temps des effluves de graisses brûlées. Cela ne manque pas de nous faire rigoler comme des dingues et tout en montant les cannes le stess de cette première mise à l'eau disparaît enfin. Vu qu'il fait à peine jour nous nous mettons directement au leurre à calmar en tata quoi ? Antho me sort de ces noms de techniques qui sont censées être meilleures que mon montage classique. Bon je lève le voile sans attendre, j'ai fait zéro et Antho 2 en quelques minutes. Pour moi c'est la preuve qu'une bonne technique fait la différence et que la pêche du bord et en bateau est radicalement différent. Mais rapidement les appâts vont aller toucher le fonds car nous rêvons de capturer nos premiers beaux poissons, ici on s'attends à presque tout vu nos merveilleux appâts.

La saison des calmars.
La saison des calmars.
La saison des calmars.
La saison des calmars.

Moi je décide de monter un calmar et Antho une crevette. Première touche je casse direct ! Mon petit calmar monté délicatement à trouvé immédiatement preneur me coupant la ligne au passage. Mon copain lui se fends d'une bogue monumentale suivi de près par une autre. Les touches qui assaillent nos lignes ne nous trompent pas des masses. A vu de nez notre petit coin regorge d'un tas de petits poissons avides de tout ce q'on va pouvoir balancer dans l'eau et nous décidons au bout d'une demi heure de changer de coin. Remarque c'est pas mal ces bogues, elles ont une taille idéale pour nos pêche futures. En quelques minutes nous sommes loin et c'est une nouvelle halte...

A ce moment nous sommes heureux. La mer est calme, il n'y a pas de courants, le jour est à peine sorti et nous pouvons remarquer non loin des chasses qui tranchent avec la douceur de cet instant. De temps en temps des bancs de poissons remontent et entourent notre embarcation en faisant des ronds. Je ne suis pas un marin confirmé mais je sait que quand ça fait ça, c'est que les gros sont dessous. Là surtout pas de sardines ou autres conneries en surface je n'ai pas envie de faire du surf jusqu'au cap canaille !

les prises sont régulières mais toujours pas de beaux poissons en vue jusqu'au moment où c'est la grosse touche à la crevette pour mon copain. Le scion est bien plié donnant à nos esprits matière à rêver. Le poisson tourne en rond jusqu'au moment où nous voyons arriver un beau maquereau qui brille de mile feux sous la surface. Pourvu qu'un thon ne rôde pas par là !!!

La saison des calmars.
La saison des calmars.

les heures passent lentement et les premiers bateaux passent en trombe. Au fil des minutes la mer se transforme en gigantesque terrain de jeu pour coques rapides. Nous on est un peu malmenés par les vagues d'étraves car il faut bien le dire, y'a soudain beaucoup de monde par ici !

Vers onze heures pour nous c'est fini il est l'heure de rentrer au port. Je remet route le moteur qui s'ébroue sans broncher nous permettant de retourner en direction de la voiture. Finalement tout c'est plutôt bien passé pour cette sortie. Le bateau est incontestablement à la hauteur de ce genre de pêche combinant légèreté et rigidité dans la vague. Seul le moteur est un peu trop léger pour une utilisation en mer car il est bruyant comme un scooter sans pot d'échappement et n'offre pas une grosse réserve de puissance dans la vague. Malgré tout il pousse l'embarcation sans broncher et ne consomme presque rien et c'est  bien là son point fort. Nous avons consommé un demi litres d'essence pour la sortie ce qui est peu pour le service rendu. Vu le prix de l'essence et de l'huile 2 temps cela nous revient à environ à 2 euros ce qui pardonne beaucoup de choses. Le retour sur la terre ferme se fait sans encombre mis à part le quai franchement glissant, au passage nous pouvons remarquer les marins très surpris de voir un moteur de cette catégorie accroché sur un bateau. Pour nous c'est l'explosion de rire, les larmes coulent le long de mes joues tellement nous avons foutu le bordel !

Par contre le pliage du pneumatique est une formalité, les valves haut débit font merveille autant qu'au gonflage et en l'espace de 10 minutes le bateau est plié. 

Le retour sera comme d'habitude à la différence c'est que nous avons un bateau, un moteur et toutes les affaires dans le coffre et en tête beaucoup de nouvelles choses à expérimenter, mais un truc est acquis dans nos esprits, la pêche de jour c'est vraiment pas pour nous...

La saison des calmars.

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Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #sport, #pêche, #appâts, #calmar, #Poissons

Hé bien voilà, nous sommes en AVRIL et il faut bien le dire la belle saison arrive à grands pas. Bien sûr, nous aimerions tous que l'été n'en finisse jamais afin que nous puissions aller et venir sur nos postes de pêche sans retenue. Oui je sait c'est un rêve qui a effleuré mainte fois l'esprit de tout à chacun. Il n'y a pas que dans le domaine de la pêche que ce rêve subsiste bien qu'en réalité nous n'avons pas trop à nous plaindre nous, Sudistes. Nous n'avons pas de marées ou si peu, nous n'avons pas des températures extrêmes qui figent tout. Non nous sommes salement vernis à côté de nos amis Nordistes car on va à la pêche quand on veut.

Tout cela a un revers quand même. Vu que les contraintes sont moins nombreuses et que les températures sont globalement plus clémente qu'ailleurs, ce petit paradis est plus souvent sollicité donc qui s'appauvrit plus rapidement. Ne nous voilons pas la face les amis, les poissons n'ont guère de repos avec l'armée de pêcheurs qui vadrouillent les plages, les digues, les ports et les roches toute l'année. Si nous ne pouvions pas pêcher à cause des tempêtes et ceci durant plusieurs mois le poisson aurai largement de quoi se refaire et donc serai plus présent. Mais à mon sens ce qui défavorise encore bien plus notre pratique ce serai plutôt l'aspect environnemental. Malgré que nos côtes soient largement rocheuses et donc susceptibles d'accueillir une multitudes de poissons variés, la pression humaine semble très lourde à porter pour la nature. En prenant exemple de Marseille jusqu'à Cassis il y a pas mal de choses qui peuvent être un facteur important sur la répartition très inégale du poisson. Nous allons éluder volontairement La baie de FOS qui génère une pollution démesurée qui s'échoue dans les calanques par Mistral.

Tout d'abord il y a le rejet de l'huveaune qui vient de loin dans le département des bouches du Rhônes. N'oublions pas que ce cours d'eau récolte les eaux de pluie et les rejets des zones industrielles en amont, le tout se jette directement sur les plages de l'escale Borelli.

Il y a le fameux égout de Cortiou qui siège en plein dans le coeur du Parc des Calanques. Malgré les messages rassurants des autorités qui nous assurent que les risques sont minimes, moi qui pêche dans ces coins je peut vous dire que par vent d'EST la pollution est bien là. L'eau vire au marron, l'odeur est épouvantable et bien sûr il n'y a plus un seul poisson. Les roches se blanchissent jusque dans l'eau et il n'y a plus une seule moule accrochées aux basques des cailloux.

Plus loin il y a le déversement des boues rouges vers Cassis qui finissent d'encadrer un Parc National qui doit composer avec ces pollutions diverses. Je ne vais pas tenter de refaire le monde industriel mais il me semble qu'autant de déversement dans la mer n'est pas très bon pour le poisson. Je me demande si cela n'est pas une des causes majeure de la raréfaction des espèces près du bord.

Il faut bien le dire, les pêcheurs qui ont une bonne connaissance de l'aspect biologique des poissons ne sont pas nombreux. Le pratiquant occasionnel et même bon nombre de confirmés ne se soucie pas ou peu de ces fameuses contraintes halieutiques. Finalement on va à la pêche quand on peut et au diable tout ce qui tourne autour.  J'avoue que c'est un peu normal car quand on approfondie un peu le sujet de la pêche on perds rapidement tout ses repères. Dans la perception du poisson rien n'est vraiment normal vu que le poisson est dans un élément radicalement différent du notre. Malgré tout on arrive à capter des points qui donnent des certains repères, mais le poisson n'est pas un robot et il est aussi versatile que contraint dans un segment de l'année où il se trouve, obéissant souvent à l'instinct de survie, alimentaire, amoureux ou même de l'amusement. En fait rien n'est réellement exclus dans le comportement des poissons. Bien souvent en essayant de nouvelles techniques on découvre une nouvelle porte qui débouche sur une autre facette de la pêche. En fait c'est ce que font tous les fabricants de leurres; ils jouent sur des stimulis que le pêcheur à la calée n'explore jamais...

Pendant longtemps j'ai été un fervent adepte de la pêche en milieu hostile. Quand je parle d'hostilités c'est souvent à cause de la météo qui bat la côte en écume. Vous savez, cette météo épouvantable qui fait normalement rester à la maison, ce ciel gris, celle qui remue la mer à fond la caisse mais qui est pourtant si riche en nourriture pour les poissons. Ces fameuses conditions qui transforment un coin en antre des démons. Pour moi c'était le signal de sortir les cannes à pêche et d'aller farfouiller les roches dans les calanques. Inutile de me parler de mer plate ou de sable fin tout cela ne m'a jamais parlé. Tant de plaisir à combattre la mer et le vent qui font rage mêlé aux effluves salines qui se mélangent avec le vent. les postes les plus productifs sont souvent ceux qui sont le moins accessible, d'ailleurs c'est là que j'ai souvent fait mes plus belles prises. Mais je ne compte plus les fois où je me suis retrouvé dans des conditions complexes qui éprouvait ma volonté et ma vie aussi.

Quel contraste avec hier et c'est d'ailleurs ce que je dit plus haut. Moi comme tout le monde je cherche aujourd'hui une fenêtre météo, vous savez, celle qui fait briller le soleil et réchauffe la mer. J'en ai fini avec les tempêtes, les frusques trempées, les oreilles harcelées par le sifflement du vent, les recoins minuscules qui servent d'abri d'urgence. Aujourd'hui je rêve de l'été éternel. D'ailleurs il me vient une anecdote qui m'est arrivée dans la calanque de Morgiou un soir de Mars qui a définitivement tiré un trait sur mes sorties rocambolesques.

Le Mistral avait envahi tout le département depuis plusieurs semaines. Moi j'en avait franchement marre de pêcher dans des conditions complexes mais une fois de plus je me suis rendu au chevet du minuscule port de Morgiou. Les bourrasques Violentes créent une ambiance étrange dans cette petite crique, comme un grondement sournois qui fait  penser au jugement dernier. Pour arriver sur le poste lointain il y a un mince sentier qui grimpe furieusement entre les arbustes épais et les pins torturés par le vent. La beauté froide du lieu impose un respect à toute épreuve un peu comme si on entrait chez quelqu'un d'autoritaire. la progression est rapide mais mal aisée à cause des dénivelées importants qui mettent à contribution la résistance de ma passion. En quelques minutes on se retrouve en hauteur et la vue s'élargie laissant tout le loisir du marcheur à s'émerveiller par les couleurs bleutées de la mer inégalables. Mais à un moment il faut passer une sorte de col très exposé aux vents par un chemin pas plus gros que deux pieds de large. A droite il y a la montagne abrupte qui surplombe tout et à gauche un grand vide sur plus de cent mètres qui débouche sur la mer. A ce point précis on doit passer en rasant la paroi rocheuse tout en sécurisant avec les mains sous peine de glisser. Hé bien là, juste au moment où il ne faut pas faire de faux pas une violente bourrasque s'empare de mon gros cas à dos et me fait vaciller et me décolle littéralement de cette paroi. Je perd soudain l'équilibre cherchant avec les bras de l'appui dans l'air, une autre bourrasque me pousse en arrière comme une grosse gifle qui secoue une deuxième fois mon gros sac de pêche et je ne doit mon salut qu'à une mince racine solidement encrée dans la terre qui m'a servi de fil d'ariane. Il s'en est fallu d'un rien pour que je ne bascule pas dans le vide, j'était trop sûr de moi, trop habitué à braver le mauvais temps. J'ai essayé de me rouler une cigarette un peu plus loin mais le tabac ne tenait pas dans le papier tellement le vent était fort. J'ai dû attendre d'être sur mon poste et m'allonger au sol pour pouvoir enfin fumer...C'est ainsi que je me suis promis de ne plus faire ce genre de choses et de passer à un autre style de pêche.

Mais novice dans l'art de la calée il m'a fallu revoir de fond en comble tout ce que savait de la pêche et revoir tout mon matériel. Je suis passé par de longues étapes de doutes car je me suis laissé berné par tout ceux qui se vantaient de tout connaitre. Je me suis noyé dans les écueils  de ceux qui étaient déjà dans une impasse, j'ai cru à beaucoup de choses inutiles qui m'ont fait perdre beaucoup de temps jusqu'au moment où j'ai rencontré les bonnes personnes qui m'ont mis sur la bonne voie. 

Mon expérience de la mauvaise mer m'a beaucoup servi et me sert toujours d'ailleurs. Même si je n'ai pas encore bien compris toutes astuces qui entourent la technique de la calée je me sert largement de la pêche au toc en absence apparente des poissons. Cela me permet si je le souhaite, de ne jamais revenir bredouille et ainsi toujours avoir quelques prises à faire bouillir dans la marmite. Il n'est pas si simple de piéger un poisson avec un appât mort, d'ailleurs on se demande même comment on y arrive aussi souvent car il faut bien qu'à un moment il se passe un truc qui déclenche l'action. La faim ? L'agressivité ? L'amusement ? La curiosité ? Voilà des registres difficiles à cerner quand il y a beaucoup d'eau entre le pêcheur et sa proie. Hé bien là nous allons tous avoir le même comportement, c'est soit on s'en fout royalement, soit on essaye d'aller titiller le petit truc qui fera la différence.

Le premier chemin est facile car il est déjà tout tracé par l'armée de gens qui n'ont pas l'intention d'investir leur cerveau pour la pêche. Le plus simple dans ce cas, c'est de faire confiance à ceux qui fabriquent tout et à travers cela ne rien produire de nouveau. Il est tellement plus simple de tout payer car il est évident que ne rien tenter évite d'aller toucher ses limites, donc évite d'égratigner son égo. Il est tellement plus simple de prendre un bon détecteur de poissons en couleur et d'aller farfouiller la mer. Cela évite de prendre des points de repères dans le temps ou dans l'espace, ainsi l'activité reste dépouillée de complexité, c'est de l'amour sans contraintes et si tout cela ne fonctionne pas on aura toujours le loisir de dire que le matos est bidon...

Le problème que j'ai avec ça, c'est que comme beaucoup de mes congénères j'ai du mal à utiliser un truc qui prends définitivement les commandes, ou même qu'il va remplacer tout ce que je ressent. Ce qui m'égratigne c'est que dans d'autres domaines la facilité a pris naturellement le pouvoir de l'activité et peu à peu plus personne ne connait l'origine du pourquoi.

Pour ma part je suis de retour dans les calanques de Marseille accompagné de mon copain Antho. Voilà un copain qui ne rechigne devant aucune difficultés pour assouvir sa soif de se rendre au bord de l'eau. Tout deux nous avons choisi d'aller dans le VAR pour une raison assez simple, dans les bouches du Rhônes la mers semble bien vide. Nous avons une véritable armada d'appâts surgelés signés PEXEO et nous sommes d'excellent monteurs d'appâts. Le tout combiné devrait normalement faire des étincelles, c'est tout ce que allons vérifier.

Notre route va durer un bon moment car nous sommes à plus de cent kilomètres de notre destination. Heureusement une fois sur place le coin est tranquille et peu fréquenté, nous aurons toute nos aises pour poser nos cannes où bon nous semble. Avec le temps et l'expérience je me rends compte qu'il ne faut que quelques minutes pour monter les lignes. Pour nous pas de fioritures sur les montages, j'ai banni les techniques complexes car si vous êtes comme moi, elles finissent toujours au fond de l'eau. Je conserve justes quelques perles brillantes de couleurs que je monte près de l'appât selon le poisson qui est présent. Mais en fait je trouve que tout cela est moins utile car avec des appâts qui ont déjà des effluves ajoutées dedans il semble moins nécessaire de jouer en plus sur le visuel.

Les premier appâts vont rapidement trouver preneur. L'armée de petits poissons qui vadrouillent le long des roches ne font pas dans la dentelle quand ils ont de quoi se mettre sous la dent. Les touches sont rassurantes car nous savons qu'avec nos appâts de tout premier ordre nous pouvons avoir la grosse surprise à tout instant. Ici je me régale de faire siffler le scion, les jets sont de toute beauté, franchement cela me change des calanques avec mes recoins taillés au millimètre... Ici c'est tout l'inverse, on a de l'espace et une mer calme immense devant nous, voilà de belles perspectives qui s'annoncent !

Comme d'habitude les ver de Rimini et les bibis vont être les premiers de la liste à séduire tout ce beau monde. Le stock diminue au fil des montages, les petits poissons seront tous relâchés et les appâts baissent à vue d'oeil. Pourtant rien de bien folichon quand même contrairement à la sensation que nous avons au creux de ventre. Mais nous gardons bien à l'esprit qu'à tout moment un beau sujet peut mordre. Moi je me régale de monter ces fameux vers surgelés, l'exercice est délicat et nous avons une contrainte terrible au dessus de nos têtes, c'est de garder les appâts bien glacés. Du coup j'essaye des franges plus ou moins longues sur les bibis, j'y inclus du krill pour voir si il y a une réelle différence, on bricole quoi...Mais la chance va se pencher encore un peu sur nous quelques instants. Mon ami Antho va arriver à arracher à la mer une série de jolis poissons au prix d'un acharnement fantastique. A force de chercher le coin, de ne pas se décourager après quelques grosses touches sans suite, il va quand même trouver le nid où se reposent les poissons. Du coup notre pêche prends une belle tournure malgré un pronostic de départ très morose.

Les pauses cigarettes et sandwichs sont légion. Entre deux touches on en profite pour faire de futurs plans dans plusieurs coin de la région. Je connait bien ces coins Varois qui abritent une belle variété d'espèces qui ne manquent pas de ravir l'oeil de l'amateur averti. Ca change un peu de la saleté de cette digue qui est régulièrement prise d'assaut par des pêcheurs qui se débarrasse de leurs poubelles dans les trous. Là y'a pas de gène, les gars on pris l'habitude de tout balancer dans les interstices et de foutre comme de leur première bogue de l'impact que cela produit.

Le matin avance à grands pas et les touches se tassent un peu, nous avons remis une demi tonne de beau yeux à l'eau et gardé une dizaine de sujet correct. Alors que je pense commencer à remballer vu que notre pêche n'est pas si mauvaise mon copain m'interpelle. Il est aux prises avec une grosse pastèque qui lui fait la misère. Sa canne est pliée et il ne peut pour l'instant pas lui faire rejoindre le bord. On voit bien que le poisson est au bout car le scion donne des tapes et l'instant d'après il sonde. Enfin la voilà la surprise ! Il est quatre heures du matin et nous ne pensions plus avoir aucune touches, c'est toujours comme ça. Le problème c'est que le poissons semble collé au fond et rien ne nous indique la moindre faiblesse corporelle de sa part. Mon ami va rester comme ça, sans pomper juste tendu vers le poisson tout en restant extrêmement prudent, vingt deux centièmes oblige. Les minutes passent et soudain le fil devient léger mon ami tente de remonter le poisson, mais en fait le bas de ligne à cassé ou a été coupé. Dommage car même si nous pensons à une belle raie qui serait retournée de toute façon à l'eau nous aurions pu faire quand même de belles photos. Dans le coup nous avons perdu notre motivation grignotée peu à peu par la fatigue et là pour de bon on commence à plier.

Le retour sera simple et sans histoire en compagnie d'un ami que nous connaissons bien, le sommeil. On roule avec prudence les vitres ouvertes aux quatre vents à combattre en  permanence ce copain encombrant qui prends la fuite dès que le jour qui arrive. Nous allons faire une grosse pause à St Maximin pour boire un peu de café, fumer une cigarette et pause pipi. Voilà une sortie tout à fait ordinaire mais où beaucoup de choses prennent forme, des amitiés se lient, des décisions se prennent, de futures sorties se complotent...

Ci dessous les photos de sorties où il ne sera pas passé grand chose, à plus les gars on pense à vous !

Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
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Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.
Daurade, pageot, sars, une saison qui démarre.

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