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LE BLOG DES SAISONS

Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #Poissons

 

DSC04475Max et moi nous ne sommes pas vraiment repus de la dernière sortie, nous sommes rentrés vendredi soir quand le froid et le neige battait le plein mais en somme, tout semble bien léger face à nos envies d'aventures incandescentes. Globalement c'est au moment où tout devient rigolo que la sécurité nous impose de jouer raisonnable car on a des femmes et des enfants, voilà une chose que je n'aurais pas pensé faire il y a vingt ans et c'est pas alainpaddy notre célèbre chti (limitrophe) qui nous dira le contraire. Pour cette sortie le froid n'est pas aussi intense que nous l'attendons et cette fois-ci pas de neige à nous mettre sous la dent et c'est bien dommage. Je vous laisse imaginer la marge de sécurité que nous prenons quand les saisons sont intermédiaires et que rien ne peut gâcher une sortie. En fait notre grand plaisir c'est les conditions extrêmes qui mettent en action une partie de nos possibilités en marche sans jeux de mots...

Nous avons choisi cette fois un poste très très très reculé dans les calanques de Sormiou, ici le problème c'est qu'il n'existe pas beaucoup de postes à investir, si il y a un pêcheur dessus c'est une longue remontée qui continue par une longue marche, pour finir éprouvés en équilibre au dessus de la mer. Quand on va dans ce genre d'embrouilles il faut " impérativement" une corde solide qui nous assure en premier lieux la descente sur le poste et un fil de survie si un de nous tombait à l'eau. Il n'y a aucun autre moyen de remonter à plusieurs centaines de mètres ce qui représente une mort certaine dans de l'eau froide, vous imaginez sans peine que les quelques flocons qui sont tombés ces derniers jours ne nous ont pas beaucoup effrayé au vu de ce que nous faisons cette fois. Il faut parfois beaucoup de sang froid pour venir ici à l'image de Marco qui m'a traîné cet été sur un poste où d'entrée de jeu  il faut sauter une faille de plus d'un mètre de large avec un vide sous les pieds vertigineux. Sans sac à dos passe encore mais avec un barda de plus de trente kilos sur le dos, les cannes à pêche, les bacs, ça change considérablement la donne et en fait tu n'atterris pas beaucoup plus loin que le nécessaire. Sur ce poste c'est presque pas mieux, il y a une descente dans les éboulis qui doit être impérativement contrôlée car si d'un coup tu te met à faire du ski dans la rocaille c'est un vol plané de plus de soixante dix mètres pour se fracasser dans l'eau en contrebas. Au matin c'est la même embrouille mais en montant, si tu cherches à éliminer tes cigarettes et te refaire une santé pulmonaire c'est le genre qu'il te faut parce que là tu élimines tout même les recoins oubliés...Quand tu pisses après la marche c'est du concentré foncé signe que le corps à  puisé du lourd. D'ailleurs je n'ai pas trouvé de gars assez téméraires pour ce genre d'exercices mis à part Marco et Max car en plus il faut savoir pêcher...

Le problème de ces coins c'est qu'en plus on a pas l'assurance de faire bonne pêche, les éléments sont trop versatiles pour assurer un résultat honorable, on a jamais fait bredouille, mais quelques fois ça pas été tout à fait ça. Il est sûr que si il y a un grosse mustelle ou un gros corb, pagre, denti, c'est plus évident qu'il se trouve ici à cause des quarantes mètres qui nous séparent du fond, mais des fois c'est pas vraiment le pied. Par contre les oblades qui vadrouillent ici sont tout simplement énormes, par passages c'est presque plus pêchâble, on ne sait plus où envoyer pour ne pas en prendre car on sait que dessous c'est les gros sars qui vivent et nous, on vient pour eux !

on arrive sur le poste dans des conditions extrêmes, le froid est si intense qu'il est difficile de sortir les mains des poches, de plus le fort mistral qui a investi pour cette soirée les couloirs de chemins rocailleux nous impose de rester prudents. On souffle en fermant les yeux l'épaisse buée qui sort des bouches pour faire des choses simples qui ne nécessitent pas en temps ordinaire une attention particulière, mais là tout se calcule avant de sortir les mains des gants. N'empêche que nous pouffons de rire en pensant à nos Galinettes chéries qui vont nous envoyer une rasade chaude, voire bouillante, de commentaires sur notre nouvelle aventure qui je l'espère ne va pas les priver de nous faire réagir. Bon on le sait, avec ce froid qui frise les - 8° en plein vent nos deux lascars sont bien au chaud chez eux, du moins je l'espère, car ces deux pêcheurs sont deux copains fragiles qui ne supportent pas de s'éloigner de la voiture bien longtemps...

Pour nous le temps est en descente libre qui fait baisser nos possibilités physiques qui fait baisser notre rendement rapidement. Le froid s'intensifie et le vent redouble de vigueur, il n'est presque plus possible de voir une touche tellement le vent balaye le coin. Les bouchons que nous avons péniblement envoyé dans l'espoir de prendre un calmar sont eux aussi formidablement mal menés par des bourrasques puissantes qui couchent les arbres, vous pensez nos bouchons... Bon moi je ne suis pas sûr de pouvoir placer une canne à sardine convenablement sans plomber lourdement, alors malgré ce coin qui est un amas de blocs je tente le coup.

Max à une belle touche qui malgré les bourrasques est bien visible. Le frein  se dévide une fois avant de remonter sous ses clameurs libératrices:

-"La touche , j'ai la touche !!!"

Crie t'il gorge déployée tout électrisé par l'inévidence du fait.

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Mon copain est venu faire le stock de poissons susceptibles d'intéresser les calmars, sars, bogues, oblades peut importe, il prendra tout ce qui lui permettra de pêcher ses calmars chéris pourvu que le poissons puisse rentrer sur une teutonnière. Bon là c'est un petit sar et un saran ? Ha....les sarans mordent même la nuit ? Bon, on aura tout vu je crois....

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Ho putain de merd.....le froid nous cuit les mains d'une façon pas racontable, pourtant nous n'en sommes pas à nos premières armes et Max et  un garçon qui ne recule devant rien, surtout pas devant une belle aventure si dure soit t'elle, mais là...C'est du lourd, du monumental à tous les étages.

-" Bon allé on se motive on marche on parle et on à envie de prendre du poisson...."

Je n'ai pas fini ma phrase quand la canne devant moi se plie d'un coup et fait signe de passer à l'eau sous la pression d'une touche. D'un bon ( comme d'hab') Max saute sur le salabre qu'il a positionné lui même stratégiquement pour mieux salabrer et est déjà prêt à prendre le poisson qui me fait une misère pas possible. La tâche claire qui remonte à la surface en zigzag nous fait lâcher des gloussements de joie pourtant le combat n'est pas ainsi gagné car, sournoisement, j'ai mis un petit montage crevette sur une petite empile fine dans l'espoir de prendre un stock de bogues...je serre les fesses car vu le coco c'est pas gagné, 20 centièmes en corps de ligne, 16 en bas de ligne et hameçon de 10 fin de fer....inutile de vous dire que c'est pas dans la poche et que la présence de Max avec le gros salabre ne pas être du superflu. Pour autant c'est bien passé, une accroche ou deux dans les rocailles sous marines sans incidence et le tour est joué !!!!Je remercie Max pour sa célérité à l'action dans la pêche car sans lui ce sar de 880 grammes pesé une fois mort n'aurait pas pu être mis au sec...

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Honnêtement il nous faut de l'action pour refaire surface, le froid s'en prends à à peu près tout ainsi les sardines fraîches deviennent congelées pour la première fois et les crevettes se recongèlent. Du thé brûlant, voilà ce qu'il nous faut. Le litre et demi dans le thermos va y passer suivi de très près par trois sandwichs saucisson / Pâté qui devrait apporter un peu de carburant à la chaudière.

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-" Max ton bouchon à coulé !"

-"Tu crois Roro ?"

-" Ho allé dépêche toi !"

Le temps de le dire le bouchon  a totalement disparu sous les eaux glacées, il ne remonte pas, Max saute de roches en roche tel un oiseau sans ailes en direction de sa canne, les quelques minutes qui vont suivre va nous couper un peu du froid. Il va remonter le seul calmar de la soirée debout en plein vent chose qu'il n'aurait pas imaginé il y a quelques instants.

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Il est minuit le temps se gâte encore, avec les minutes qui passent nous avons la sensation qu'il fait encore plus froid que tout à l'heure, maintenant se pose une question vraiment super pas marrante. Comment allons nous plier les affaires ? Il va falloir enlever les gants...et ça c'est un coup vache car nous avons pour habitude de tout ranger et de ne rien laissé monté, surtout pas les lignes et la petite histoire va durer quasi une heure. Ensuite nous partirons sans trop de regrets car nous sommes vraiment dans les limites du supportable, pourtant ces coins sont de toute beauté et sont riches en poissons de toutes les tailles presque toute l'année. Mais ce Mardi soir là nous menions une autre sorte de combat...un combat contre le froid et le vent et ça, ça fait pas partie du plaisir...

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Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #calmar

Nous sommes jeudi et je dois me préparer psychologiquement à la sortie de Vendredi soir, les températures qui sont annoncées sont tout simplement hors normes avec - 14 ° de prévu avec de la neige en prime. Pour tout dire c'est le plus fou des défis qui nous à été donné de relever, pour l'occasion j'ai fait appel à mes plus proches acolytes qui n'hésitent pas à faire bloc quand le pari devient costaud. Là du coup ça va être du lourd pour nos matricules car une fois sur place pas question de se dégonfler ou de chercher un parade car faut y aller, faut  y aller !!!!

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Dans mes affaires je ne vais pas hésiter à sortir la tenue de ski qui me semble la plus appropriée à ce genre d'exercices, des moufles bien rembourrées et braver les voisins qui se foutent de toi quand tu traverses le parking mais le vrai problème c'est les chaussures, à vrai dire je n'ai rien qui tient par des températures aussi basses et là pas question de jouer avec ça car les pieds qui gèlent empêchent de marcher.

Au delà des températures qui vous incitent plutôt à rester au chaud, la présence des calmars devrait se faire sentir, si l'eau ne se refroidi pas avec ça c'est plus la peine d'espérer quoique ce soit. Pourtant cette année on ne peut pas dire que c'est le théâtre des calmars, ils ne viennent plus aussi volontiers que par le passé, mais que mettre au banc des accusés ?

 Vendredi 13 heures...14 heures...15 heures l'attente commence à être longue puis...17 heures sonne, mes gosses rentrent de l'école et c'est le départ pour l'aventure, la gelage de glaouis, la montée en puissance est à son comble quand j'arrive au parking. Ha tient un bip... c'est un sms de Max pour me dire que Greg à pris le premier de la soirée, ho fan, pour me mettre la pression y'a pas mieux que ça ! A peine sorti de la caisse le froid m'assaille, j'ai toute les peines du monde à sortir le sac du coffre tellement j'ai les mains gelées, wouaouuuu, ça promet d'être violent cette sortie !!!! Allé je met les mains dans les poches et je fonce. Au fur et à mesure que je progresse il me semble que le froid est moins agressif, je peut même sortir les mains des poches voire transpirer un peu même.

Bon du coup on est un peu surpris car il n'y a pas vraiment du gros froid, il fait un degré ce qui semble bien en deçà des prévisions, par contre il y a un pétard de vent de Nord -Est qui souffle assez fort et du coup la pêche prends une tournure plus compliquée que prévu. Globalement tout va de travers ce soir, le froid y'en a pas, le vent y'en a c'est juste l'inverse des prévisions. Pour sauver la soirée j'espère que la neige va tomber au moins car sinon la prochaine fois je prends le bulletin de météo france et je m'en sert de papier toilette !

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Les bouchons dérivent à vitesse grand " V " avec ce vent qui promène et franchement ce n'était pas prévu au programme tout ça d'ailleurs, en punition, il n'y pas de touches seul Greg a réussi à en prendre un de taille très modeste en début de soirée puis un autre au raz des cailloux.

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DSC04457 Par contre nous sommes là, assis sur les roches à attendre la touche le sandwich à la main, les bouchons dérivent rapidement et de temps en temps un petit flocon isolé passe rapidement sous la contrainte du vent. Les tranches de saucissons défilent, le pain de mie est le bien venu, le coca s'évapore tout seul...

Franchement nous n'avons pas de chance car nous bravons exprès les éléments pour faire une pêche en apparence difficile et en récompense nous n'avons rien à nous mettre sous la dent de bien sympa, de plus la mer se met à bouger de plus en plus et le régali a chassé tous les pêcheurs de la côte des bouches du Rhônes nous laissant seuls face à l'inconnu. Au moins ce qu' a réussi météo France c'est d'arriver à effrayer tous les pêcheurs du Sud car ce soir, c'est sûr, nous sommes absolument, radicalement, définitivement seuls.

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Notre petite histoire commence à sentir bon le roussi car la neige augmente avec les minutes qui tournent mais il est possible de faire encore un peu  de fanfaronnade sur ce sujet. Le froid, le froid...franchement c'est plus que supportable car nous avons vécu avec nos copains des épisodes bien plus frileux, remarque avec les équipements de chasseurs Russes que nous avons sur nous je ne voit pas bien ce qui pourrais nous atteindre.

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J'ai le temps nécessaire de faire quelques photos des cannes, des moulinets, des mecs et du coin. Bon, on passe le temps comme on peut...

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Des cannes de surf dans les calanques on aura tout vu...

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Mon ami Greg mine de rien  se prends au jeu et au final commence une lente remontée vers les scores qui nous hantent, en quelques instants se prends une rafale de touches qui lui font toucher le ciel chargé de nuages qui arrivent à grands pas dans notre dos...

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Puis c'est le début d'une coulée de neige tombée du ciel, c'est par intermittence, du bien sympa qui commence à nous émerveiller lentement, enfin la soirée commence, ouffffff !!!

Nous sommes en train de finir de manger nos sandwichs saucissons quand mon bouchon coule au fond des eaux puis remonte, puis re-coule, enfin bref y'a de doutes ici un calmar sur mon saurel( sévereau) qui nous signale que c'est enfin l'heure pour lui de passer à table et pour nous de remonter les lignes.

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Le petit enfoiré  il m'a donné du mal car ils se servent des vagues pour se faire discret au bout du fil et si je n'avais pas autant d'habitude à les pêcher j'aurais juré que ma ligne était vide. Pourtant vu le beau coco on se dit que globalement ils ont de la ressource pour déjouer nos pièges.

Le calme revenu on parle un peu politique aussi et on passe par la case financement des stars dans les campagnes présidentielles car on voit bien que cela devient un truc incontournable. On voit de mecs comme djamel debouz qui militent pour Sarko par ce qu'en sournoises négosses, le parti UMP finance le film "indigènes" en mal de sesterces, en contrepartie la compagnie soutient Nico sinon...pas de film. C'est une pierre de plus sur l'autel de la connerie qu'érige notre président et franchement même si c'est pas le pire il garde dans nos coeur la place d'honneur.

Soudain nous devons nous rendre compte que la neige tombe énorme ment sur nos têtes. Curieusement on s'habitue rapidement à voir les flocons qui grouillent comme des lucioles sous l'éclairage de nos frontales bercés par le doux bal de leur descente rassurante. Puis les épouses claironnent au téléphone:

-"Putain mais t'es où, tu fais quoi avec cette neige dehors ?

-"Non mais ça va on va rentrer dans pas longtemps ma pupuce, ne te fait pas de soucis pour ça"

-"Non mais tu rigoles à Aubagne c'est l'apocalypse, je me fait trop de soucis d'ailleurs si la neige s'accumule de partout, comment tu vas monter les côtes sans chaînes ?

Je vous laisse le soin de savoir qui parle à qui, mais si vous êtes marié ou du moins avec une gonzesse vous allez immédiatement capter le message( ne faites pas lire ce truc à votre nana les gars).

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On fait vite quelque photos sur la neige qui s'accumule sur le matos avant de plier daredare et de prendre le dernier calmar.

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Nous avons une pensée sincère sur nos amis pêcheurs qui bravent les éléments et qui se vantent de se retrouver aux saisons intermédiaires à quelques mètres de la voiture, ventilo chaud à fond dans l'habitacle de la citroën et réconfort à proximité, d'être de vrai pêcheurs. Pour le coup nous ne les avons pas vu ce soir là pourtant nous les avons invités à nous rejoindre et même si nous risquons de fortes représailles nous devons dénoncer ici haut et fort qu'il ne suffit pas de recueillir une mouette maltraitée par un gars du Nord pour s'y asseoir dessus...Les intéressés comprendrons.

Pour l'heure nous sommes dans la rigolade la plus folle, la neige bat fortement nos gueules qui lutent avec les éléments. Nous devons plier les affaires sans faire rentrer de trop de la neige dans les sacs et c'est pas facile !!! Notre progression commence avec le vent ( donc les flocons) en pleine poire, j'ai de la neige qui se colle sur les dents car je me marre tellement que je ne peut m'empêcher d'ouvrir la bouche ! Tient... Ce chemin pourtant je le connais par coeur mais ce soir je ne sait plus où nous avons merdé car on se retrouve à contre sens de la marche. Il faut dire que je n'y voit plus rien par moments car la lumière des frontales fait un écran de lumière exactement comme les phares de la voiture et on marche avec un mètre de visibilité mais cela se calme dans la forêt et je peut même faire une photo avant de chercher le chemin.

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Le vent violent brouille les cartes, le froid qui s'amplifie nous fait perdre la tête, au juste nous sommes au fin fond des calanques avec comme seul repère le couloir de pierre qui semble bien léger. Puis je reconnais soudain un morceau de chemin:

-" Ha oui c'est là les gars on y vas !

-"C'est pas ce que tu à dis y' a cinq minutes avant qu'on se perde dans les dédales des rocailles ?

-" Fait confiance à Roro on est pas perdu c'est juste qu'avec la neige et le blizzard on ne reconnais pas toujours le chemin comme en en été !

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Progressivement le vent se calme, la neige se calme  un peu mais vraiment qu'un peu alors...

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Greg redevient confiant à la vue du sentier bien connu.

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Moi je cherche le chemin en repérant des indices qui ont été mémorisées auparavant, au fur et à mesure les signes apparaissent plus évidents.

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Mais le retour ne vas pas être de tout repos comme on le pense, on rentre dans la voiture chargés de neige et soudain une question fuse entre les rigolades.

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-"tu crois que les routes seront dégagées ?

- "..............."

Il est vrai que les départementales qui serpentent dans nos calanques sont loin de voir le présence de la DDE et on doit se débrouiller pour gravir les routes par nos propres moyens. Nous allons progresser en voiture de glissades en dérapages sans voir vraiment parfois où est la route qui nous conduit vers la civilisation. On se paye de ces rigolades que c'est pas croyable, j'en pleure car il faut bien le dire le danger que représente cette sortie est bien faible et nous en attendions beaucoup plus.

Un truc est sûr...Quand tout devient facile ben....l'aventure est finie et ça...Ca nous fait penser que c'est une histoire pas comme les autres que nous avons vécu....

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Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #calmar

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Ce qu'il y a de bien avec les postes ou personne ne va, c'est que les poissons qui vivent sous l'eau sont moins craintifs, ils ne subissent pas beaucoup la pression humain et ils détectent moins facilement les pièges que nos lignes fines leur tendent. la dernière pêche que nous avons fait Max et moi a mis en action un processus de fantasmes ( si je puis dire ainsi) qui décuple notre bouleversante soif, que dis-je, notre rage de pêcher et se retrouver encore une fois face à l'inconnu. Là on parle bien de pêche car au fond tout ça c'est quoi ? Nous n'aimons guère poser nos cannes en attente coincée entre deux rochers, nous n'aimons pas non plus les coins qui sont sali par une armée de pêcheurs qui ne respectent rien. Seul les grands espaces riches en possibilités fantastique nous attirent et quoi que les saisons offrent comme ressources provisoire nous retournons toujours vers nos calanques chéries. les postes du Var on été le théâtre d'une invasion humaine ces dernières semaines à cause de la présence des daurades mais tout est presque fini, Cassis ne nous donne plus les calmars que nous attendons toute l'année et c'est la raison profonde pour laquelle nous repartons très loin dans les méandres des calanques de Marseille. Je sais, je sais...la marche est très dure, les postes sont loin et hostile et il faut être jeune pour pouvoir subir autant mais ils battent dans nos coeurs comme une arme fatale contre le stress. Comment ne pas aimer ces espaces libres qui vous accueillent simplement, ces recoins gros comme une terrasse d'une villa modeste perdu dans une faille profonde sont souvent le théâtre d'un marasme alimentaire que nous essayons d'exploiter au mieux si on y tombe dessus bien sûr. dans cet esprit cela nous donne en plus l'occasion de parler un peu plus car il y a beaucoup de choses à dire et c'est pas parce qu'on est un simple pêcheur que rien d'autre ne nous interpelle. Vous avez sûrement remarqué que nous nous intéressons assez lourdement à la politique, les élections présidentielles qui approchent animent très souvent les débat au bord de l'eau, d'ailleurs c'est à force de ne pas s'intéresser à ce qui fait notre vie de tous les jours que le pire arrive et nous parlerons beaucoup de politique à l'approche des élections car nous avons des idées bien assises et nous vous en feront profiter le moment venu.

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Pour l'heure c'est avec une montagne d'espoirs que nous progressons difficilement dans les chemins rocailleux qui serpentent en dévers de la montagne aride, je souffle un peu  à mi -chemin car la montée est trop raide pour mes guiboles de 44 ans et c'est pas mon sac de forçat qui va me dire le contraire. Le soir qui décline fortement éblouis les gouttes de sueurs qui perlent sur mon front et cela ne nous aide pas à profiter du chemin, les pieds qui poussent nonchalamment les épaisses broussailles qui jonchent un chemin succin fait toute les promesses d'une soirée encore formidable. On se fout un peu de ne pas faire une grosse pêche, quelques poissons suffisent à remplir des millions de mètres cubes cérébral et l'important c'est ça, mais, si en plus y' a de l'action c'est formidable. Ici on retrouve le bien fondé du poisson car il ne faut pas oublier que ç'est ça la pêche c'est les poissons en premier et non pas le matos ou une image de conquérant qui pêche mieux que les autres. On nous pousse trop à faire des performances et beaucoup oublient souvent le plaisir de la pêche, le plaisir de se retrouver au bord de l'eau pour se poser un peu sans autre idée que penser à sois. Peu importe ton matos, tes appâts, ton fil ou le slip que tu portes, à la pêche tu dois être toi même et certains ne l'on pas bien compris. Nous essayons de promouvoir une idée toute simple d'une pêche simple qui n'a pas encore germé dans les cigares de tous, d'ailleurs il suffit de se rendre sur des digues où se trouvent parfois quelques grosses daurades pour y trouver les plus démunis des pêcheurs. Le matériel est là pour que l'individu se fasse plaisir, pour qu'il puisse trouver un confort évident qu'il ne pourra pas trouver dans les premiers prix. Pour autant la pêche c'est commencer par le poisson, le matos suit et pas l'inverse. Peut importe que la canne vaut trente euros, nos anciens pêchaient à la main. Peut importe que ton attirail ne ressemble pas à une boutique de compétiteur car le poisson n'a pas envie de te voir de près et c'est bien cela dont on parle. il faut rester simple dans une activité où avec presque rien on peut toucher gros. J'ai en mémoire les aventures de Marco avec sa fameuse canne de Décathlon qui lui apporte régulièrement de très très beaux poissons, il ne peut pas faire de miracles avec mais elle lui donne confiance et cela paye à toutes ses pêches et je crois qu'à ce jour il  a pris avec un peu toutes les races de poissons sous l'eau. Voyez plutôt, nos cannes les plus anémiques sont perpétuellement celles qui sont bombardées loin dans les flots, celles qui nous ont offert le plus de sensations c'est justement celles qui sont à nos pieds. Notre ami Gégé qui n'a pas vraiment le sentiment de devoir pêcher loin et qui par dessus le marché il aligne des diamètres de fil époustouflants rarement au dessous de quarante centièmes et il se paye le luxe de sortir régulièrement de beaux spécimens sous notre barbe avec du matos quasi antique. Nous aussi nous avons fait la course à l'armement, nous aussi nous avons cru qu'en alignant du matos de premier rang nous allions prendre plus de poissons mais en fait il n'en est rien...Seul le fil est l'appât compte, l'appât (ou le leurre) c'est pour le poisson et le fil c'est pour vous, le reste c'est du vent...


Je parle, je parle, du moins je pense, je pense et nous arrivons en poste. Le froid de ce mardi soir n'est pas une mince affaire car il a plus de partout et il  a même neigé. J'ai un mal fou à monter mes cannes car le vent qui nous vient dans le dos est tout simplement glacé, heureusement il n'est pas très soutenu ce qui devrais en principe nous laisser souffler un peu. Bon voilà, les bouchons flottent nonchalamment sur une mer qui est presque d'huile mais battu secrètement par un courant sous marin habituel dans ce genre de coin loin de tout. Ha tiens, le mien fait quelques virgules acrobatiques ce qui peut ressembler à une touche si on extrapole un peu et dans le doute...je vais contrôler. Ca ne fait pas une demi heure que nous sommes ici, ça serait un beau coup si déjà les calmars passaient à table mais....A peine la canne en main je détecte une coulée suivi d'un petit plat du bouchon qui trahit la présence discrète de mes amis nageurs. Je tend la ligne et je remonte lentement, à la surface au raz des roches je peut voir quatre petits calmars qui attaquent sans vergogne mon demi maquereau breton, et puis alors c'est pas de la rigolade, il s'acharnent dessus comme des vampires qui se disputent un morceaux de chair. Dans le coup il est facile pour moi de remonter immédiatement le premier qui sera mis au sec sans qu'il ne se soit piqué sur les hameçons, suivi d'un deuxième et d'un troisième dans la foulée.

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Pendant ce temps Max doit courir rapidement vers sa canne car son bouchon est à plat sur l'eau, là je ne peut pas l'aider car je suis moi aussi aux prises avec un autre coco qui vient de se piquer sur mon leurre bleu nuit que je balade au raz de la surface, j'entends des crachotis du côté de mon copain qui me signale que son forfait est fait et en plus il est de belle taille, ouffff nous ne serons pas venus pour rien ce soir.

Un quart d'heure plus tard je dois stopper un peu le leurre car je ne sent plus mes mains, le froid intense qui s'étale ici nous fait perdre beaucoup de sensibilité, je pose ma canne tout en me frottant énergiquement les mains tient ou est mon mouchoir en papier ? J'ai au bout du nez une chandelle digne d'une stalactite de la grotte de l'aven d'orgnac qui risque de geler si je ne balaye pas de ma narine. Ha mince je me suis assis dessus, bon remarque il fera quand même l'affaire même écrasé ( heureusement que je n'ai pas de gaz ça aurait été sûrement plus compliqué).

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Houaaaaa super grand luxe max a pris de la charcuterie, du pain de mie et du coca pour le casse croûte, je ne puis dire à quel point se petit repas de fortune tombe à pic, d'ailleurs toutes boites vont être nettoyées rapidement ce qui devrait nous permettre de tenir un peu le froid qui s'intensifie car mon petit thermomètre m'indique -5°, Si ça c'est pas du sport...Saucisson, jambon cru, jambon blanc, pâté et pain de mie...A tableeeeee !!!!!!

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Ho fan de chichourle le petit bouchon de Max vient de couler alors que nous commençons à peine à engloutir nos premiers sandwichs, il est rempli d'un gros stalight qui a rendu l'âme depuis un bon moment et cela ne nous permet pas d'être sûr à cent pourcent mais quand même...il a disparu ! Nous sautons de roches en roches comme des gamins en équilibre entre les profondes failles qui fusent vers la mer, pourtant une fois le fil tendu ce n'est pas évident de capter leur présence. Mon copain doute, puis non, dans le sillage de la sardine arrivée à nos pieds trois calmars apparaissent en trombe pour l'assaillir, le premier est facilement prenable et lui salabre sans problème. Le segond se tient sur ses gardes mais il ne résiste pas longtemps aux lambeaux de chair gras de la sardine et il se pique radicalement, le troisième fera la même erreur et se plantera lourdement sur les puissants hameçons de la teutonière en inox.

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Hé bé ça nous a redonné espoir de voir ces calmars qui arrivent en masse sur ton appât, en plus c'est un spectacle formidable qui laisse des images uniques dans l'esprit même si c'est donner la mort...

Bon allé on va finir de casser la croûte quand même, nous allons nous asseoir longuement sous le froid polaire qui est à présent bien installé. Mon petit cadrant indique - 6° ce qui mêlé à un Mistral qui se renforce peut donner quelques regrets de ne pas avoir pris du café chaud, mais à la place on a du coca glacé ce qui ne fait pas pareil immédiatement dans le gosier mais qui au bout du compte on se dit que la cafeïne, peut être...

Sans la savoir ce sera la fin des touches sur notre poste, le froid a pris définitivement le pas sur nos espoirs de pêcher encore malgré notre attirail polaire, malgré notre détermination à aller au bord de l'eau toute l'année nous devons bien reconnaître une chose...La nuit est illuminée par des milliards d'étoiles qui crépitent au dessus de nous, de temps en temps une étoile filante balaye tout l'horizon pour s'étioler quelque part, les coins et les recoins renaissant à la vie par manque de curieux, qu'elle belle saison l'hiver.

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Je vais donner quelques poissons morts aux crabes qui fusent dessus comme des missiles, on leur fait tant de mal durant l'année que quelques récompenses sont la moindre des choses.

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