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SILVERPECHE.com

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LE BLOG DES SAISONS

Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #Poissons
Les daurades de printemps.

Je décolle de la maison ce mercredi soir pour une partie de pêche, l'appel des calanques résonne. J'ai avec  moi quatre appâts en poche et bien peu de matériel tout simplement parce que fond de ma caboche il s'est allumé une ampoule. Nous connaissons tous bien cette petite lumière qui peut s'éclairer à n'importe quel moment de la journée. c'est comme une idée qui devient une évidence et qui nous prends les tripes quitte à faire l'impossible. Hé bien voilà, sans trop combattre le concept je suis sur le chemin des calanques pour énième fois car la passion de la mer à pris les commandes de mon esprit rempli d'opportunisme. J'ai des bibis surgelés et des petits calmars mais je passe chez CABESTO pour compléter le tableau des friandises car cela me permet surtout de voir mon copain Antho. Mais à cette heure tardive je sait bien que rien ne sera pas simple car pour ajouter à cela j'ai une envie folle d'investir un coin où je me me sent chez moi. Dans la nuit je vais aller chercher avec ma puissante lampe frontale un semblant de plat d'où mes pauvres lignes vont être tendues et une place pour étaler mes maigres boites d'accessoires. L'habitude fait qu'en un coup d’œil le choix d'envoyer son appât est une évidence, peu à peu si une direction ne donne rien, le pêcheur a la possibilité de dévier de quelques degrés la direction du lancé, de raccourcir la distance ou de la rallonger pour trouver l'emplacement du poisson. c'est un peu pour ce la que j'ai choisi ce coin car je sais où il faut envoyer sans perdre de temps. En tout cas il ne sert à rien de poser son appât au fond de l'eau et laisser la ligne pêcher toute seule car cela ne fonctionne pas. Pour être efficace à coup sûr il faut tout essayer quitte à changer régulièrement de montage et surtout vérifier très régulièrement ses lignes. L'appât peut être caché sous des algues ou rongé par les indésirables sans que nous ne nous soyons aperçu de rien, il peut être abîmé par un lancé appuyé comme cela arrive souvent d'ailleurs.

Les daurades de printemps.

Pour ma part j'ai vite retrouvé mes repères, les cailloux pelés comme des crânes d’œufs m'offrent une vraie possibilité d'être assez confortablement installé. Par contre même si je doit jongler avec les pieds pour évoluer entre les cannes, il y a des milliers de trous qui calibrent leur angle d'inclinaison et rien que ça c'est déjà pas mal. Une fois les lignes montées je doit m'attaquer à mes appâts. Pour ce soir j'ai choisi des bibis surgelés et des frais de belle taille qui débordent de jus et quelques petits calmars à peine décongelés. Pour renforcer l'aspect naturel des petits calmars j'enfonce dans le tube un petit bout de liège que je découpe dans un bouchon de vin. Pour que le liège ne sorte pas je ferme le tout petit tube avec du fil à ligaturer qui au passage emprisonne l'air aussi. cela permet de décoller considérablement le petit céphalopode du fond du coup, il est visible s'assez loin et avec le déplacement des eaux de fond je peut considérer qu'il est mobile tout en restant calé à la profondeur voulue. J'ai beaucoup d'espoir car il m'est souvent arrivé d'avoir de belles surprises avec cet appât tant sa chair est universelle sous les eaux. Par contre, et si je puis dire malheureusement, je ne doit pas monter mon bas de ligne au delà du 22 centièmes, la raison vient sûrement de la limpidité de la mer. Nous avons testé tous les montages possibles et même avec les meilleurs appâts, dès que le fil est trop gros il n'y a plus aucune touches. A l'inverse, avec du 18 ou du 16 centièmes le fond marin s'illumine, les touches sont nombreuses et les casses sont légion, mais qu'importe, régulièrement la dextérité du pêcheur l'emporte sur le combat du poisson.

Vu que la nuit totale est proche je ne doit pas perdre trop de temps au montage du matériel embarqué. En fait je pouffe de rire tellement je n'ai que quelques bricoles dans la musette, fini les lourds sacs de matos qui ne servent jamais et les maux de dos le lendemain. Là j'ai six plombs de cent grammes, deux boites d'hameçons, quelques grosses perles moles, une dizaines de rollings, du fil entre 18 et 30 centième plus les arrachés et trois ou quatre aiguilles. la pêche devient tellement plus simple quand on est pas attiré à la dernière minute par un montage improbable qui a plus de chance de faire fuir le poisson qu'autre chose. Tout est clair dans la ligne car il n'y a rien qui peut indiquer à un poisson qu'il va se faire avoir.

Voilà tout est prêt et je peut envoyer ma première ligne au plus loin. Tient un truc qui m'est personnel, ordinairement le doigt qui coince le fil avant le lancé est l'index, c'est un doigt solide qui a une bonne réserve de puissance. Pour ma part je n'ai jamais pu utiliser ce doigt pour lancer ma ligne car un accident de moto dans ma jeunesse me l'a rendu quasi inflexible. Du coup le fil est tenu à l'extrême bord du majeur faisant croire à celui qui regarde que je fait un doigt d'honneur.

Dans un sifflement strident le plomb va aller loin, le fil se dévide hors du moulinet jusqu'à ce que le lest se pose sur le fond, là je tend la ligne et j'accroche mon écureuil lumineux sur le fil de la canne. Je me tourne et je passe au montage de la deuxième ligne, je fait quelques pas vers mon matériel tout en sifflotant mais un bruit suspect je signale qu'il s'est passé un truc dans mon dos. Je me retourne et effectivement l'écureuil est couché sur le sol mais il remonte à la vitesse de la lumière vers le blank et se colle à l'anneau! Bien que je suis réjoui d'une telle situation j'espère quand même que ma pêche ne vas pas se jouer dans les premières minutes de la soirée. Vous savez bien que si c'était le cas je rechignerait à rester car il n'est pas question pour moi de vider la mer. Pourtant elle est bien là ma chance car au ferrage je comprends immédiatement que j'ai envoyé sur le nez d'une très belle daurade, vu sa défense je vais salement en baver pour la remonter jusqu'à la surface. Mais contre toute attente elle remonte assez bien malgré de bon pliage de canne qui me fait serrer les fesses. La bougresse me fait au dernier moment un spécial rodéo, mais il ne faudra que quelques minutes pour la mettre ( difficilement) dans mon salabre. Par contre si je fait une prise plus grosse ça risque de se transformer en véritable enfer !

Les daurades de printemps.
Les daurades de printemps.

Rapidement je comprends que ce soir il va y avoir du sport sur les roches des calanques. En fait les petits calmars se font littéralement fusiller par la petite faune qui traîne ici ce soir, l'écureuil tape régulièrement contre la canne sans que le poisson se pique pour autant. Même si je réjoui d'un tel succès je commence à être un peu irrité de faire le montage de l'appât à peine à t'il touché le fond,  Plusieurs fois même j'ai compris que l'hameçon avait été vidé en quelques secondes sur des tapes très sèches et bien lourdes façon sars de 300 grammes. Bon allé je vais permuter le bibi et le calmar car il ne me reste plus que quelques céphalopodes dans la boite contrairement aux bibis frais et surgelés.

l'attente est un peu longue soudainement, les touches sont sporadiques en l'espace d'une demi heure pour une raison que je peut deviner. Il est à approximativement 20 heures et dans ce coin c'est pile l'heure où les petites merdouilles cèdent la place aux sujets bien plus gros, avec un peu de chance ce sera autre chose que des daurades. Oui les espèces de poissons ne se mélangent pas toujours avec bonheur quand l'heure du repas à sonné. Ici les heures sont bien marquées à cette saison printanière, au coucher du soir il y a tous les indésirables de la création qui vadrouillent autour des appâts, mais dès que la soirée commence à s'approfondir les choses changent. S'en suit une énorme trou dans les touches qui peut durer parfois toute la nuit mais, très souvent, la pêche à été conclue à ces moments bénis...bien que là c'est déjà bien.

Le temps qui court n'est pas mon meilleurs ami quand on parle pêche et qu'on travaille le lendemain. Autant au travail je peux égrainer les quart d'heure à la perfection, autant à la pêche on dirai que les minutes glissent sur un toboggan bien savonné ! Il est neuf heures passés et plus la moindre touche à l'horizon malgré une surveillance militaire, il est temps pour moi de forcer la porte de la chance...

Sans sourciller je déballe deux mètres de 16 centième fluorocarbone YUKI invisible sur un hameçon de 1 à hampe longue et je diminue considérablement le poids du plomb qui passe de 100 grammes à 80 grammes. L'appât va être un des derniers petits calmars qui me reste que je vais monter avec justesse avec un fil à ligaturer le plus fin que j'ai pour masquer tout encombre à l'apparence de vie. dans un jet vif mais sans brutalité l'appât va aller toucher l'eau assez loin dans le sable, le fil sera tendu mais tout en restant très libre, l'écureuil sera débarrassé de tout poids et ne vas pas peser plus lourd qu'un bonbon. Rapidement cette technique va aller trouver une deuxième belle blanquette qui a englouti l'appât sans rien voir, tous les rêves sont permis car l'astuce de ce soir semble se dessiner.

Je ne sait pas au juste si c'est le fait du hasard ou si c'est ma technique qui fait mouche mais là, l'écureuil extra lumineux devant moi viens de s'envoler dans les airs dans une courbe magnifique ! Ce poisson ne sait pas à quel point il me libère d'un truc qui faisait un peu de bruit dans mon courage, ma crainte s'envole, reste maintenant de savoir où j'en suis avec ce poisson. Je tend la ligne lentement et je sent que le plomb ripe par petites saccades sur le fond sableux, tout semble en suspens comme si la terre venait de se mettre en pause...Je hoche de la tête plusieurs fois à la filée car rien ne m'indique que j'ai quelque chose au bout du fil. Par précaution je repose la canne tout en prenant soins de na pas tirer sur le plomb tout en laissant le fil mou car ici je peut me le permettre. Je sent les battements de mon cœur qui pilonnent la poitrine, le rythme cardiaque n'est pas rapide mais il est puissant preuve d'une intense émotion. Heureusement l'attente ne vas pas durer car le témoin se met à trembler vigoureusement et dans un bouquet final va aller s'écraser en deux temps contre le blank de la canne ! Moi qui était en train de me rouler une cigarette, je suis contraint de tout envoyer balader au fond du paquet de tabac afin de ne pas perdre de temps. Il ne faut pas perdre de vue que le ferrage doit être cousu d'amour et la remontée du poisson en papier peint tout rose, on doit voir des petits cœurs qui sortent du moulinet si je ne veut pas casser le 16 centième ! le ferrage tout en douceur se passe bien et le poisson est bien au bout, bon, jusque là tout vas plutôt bien. La remontée tout en dentelle laisse le temps à la daurade de s'exprimer au delà de ce je veux, ses rushs frisent la casse du fil et c'est à cet instant que je m’engage dans une longue et pénible remontée...

On peux facilement reconnaître le poisson qui est au bout dès l'instant qu'il est de bonne taille et qu'il a du champs de libre autour. Ce poisson ne semble gros à proprement parler mais il est très vif, les coups de tête sont facilement déchiffrables, ils me remplissent de joie car je peut décortiquer tout ce que j'ai appris à l'école des calanques. Le côté accroche au fond de l'eau est à éliminer des possibilités car tout est sableux, cela permet de donner du mou au poisson si la pression devient trop forte sans pour que cela devienne un obstacle. Non là mon vrai souci c'est la taille bas de ligne qui ne me permet pas de faire dans l'approximation, même à portée de salabre on a vu de belles casses au raz des pieds ! Je suis franchement concentré sur ma ligne mais mélangés dans les bruits usuels qui sont dans la nature même des calanques, une sorte de grincement attire mon oreille. Puis le doute vient égratigner mes yeux qui voient une boule jaune qui s'enfonce dans l'eau ? D'un coup le mécanisme se met en route pour trouver la cause d'une lumière surprenante au fin fond de nulle part. Tu parles c'est l'écureuil de mon autre canne qui est en train de s'enfoncer dans le noir des eaux, il a été tout simplement éjecté de du fil lors d'une touche que je n'ai même pas vue !

-" Qué misère..." me dis-je presque à haute voie... Je suis en dans une situation bien complexe car rien ne dis que je vais pouvoir gérer les deux prises vu que celle que j'ai en ligne suffit déjà à mobiliser tout mon espace. Tant pis je ne peut pas faire autrement de toute façon, je suis contraint de laisser l'autre canne aux quatre vents au risque que ma prise soit une énorme daurade et au cas où, je ne veut pas savoir, ou au contraire un sar de 200 grammes qui me donnerai raison. Le destin danse joyeusement sur mes épaules, il a trouvé la situation parfaite pour s'amuser avec moi, hou putain, respire Roro, respire...

Voilà mon poisson est à une vingtaine de mètres de la pellicule mais je ne peut pas encore le voir car il a sondé profondément et vu la configuration de l'endroit je ne pourrai le voir que lorsqu'il sera presque à la surface, rincé, vidé par son combat. A coups de pompages lents et de récupérations rapides entrecoupés de rushs délicats qui me fait perdre du terrain, le poisson fait enfin surface et là, j'ai la rétine qui prends feu ! C'est une daurade qui fait deux fois celle que je viens de capturer. Je prends l'épuisette et l'exercice consiste comme pour la dernière à lever un bras qui tient la canne et baisser l'autre bras avec le salabre et essayer au mieux dans une situation très acrobatique, d'envoyer d'un coup ce poisson au fond des mailles. Je vous laisse juge de la situation car tout cela doit se faire à genoux pour que l'épuisette puisse toucher l'eau, inutile de vous raconter ce que je suis en train de vivre. J'ai beau m'y reprendre à plusieurs fois elle plonge dès que l'épuisette touche l'eau et elle me prends quelques mètres de fil à chaque fois. Je suis obligé de me relever et de recommencer sa remontée. Malheureusement soudain elle en a dû en avoir marre et elle recrache l'appât comme on crache vulgairement un chewing-gum laissant toute la situation en plan... Elle s'enfonce doucement dans l'eau dans une ondulation merveilleuse jusqu'à disparaître complètement dans les rayons noirs de la mer. Et moi je suis là comme un con surpris par cette bestiole qui viens de se libérer de mon hameçon alors que j'avais fait d'autres projets pour elle. Je reste là quelques minutes les yeux dans l'eau à rembobiner le film qui viens de se dérouler et à imaginer une autre issue que celle qui viens de se produire, bon...

Ha tient je vais aller voir l'autre canne à pêche qui s'est tue soudain. Sans surprise il n'y a plus rien au bout qu'un bibi déchiqueté par des dents solides. En désespoir de cause je vais aller me consoler avec ma belle daurade que j'ai réussi à capturer et je vais faire avec elle quelques photos souvenirs. Ce qui me rend heureux c'est que sent bien que la saison est entamée, la vie a repris forme sous les eaux. Désormais il sera possible de faire régulièrement de belles prises à charge pour nous d'être toujours aussi discrets dans nos montages. Impossible de dire si un fil en 16 ou 18 centièmes peut faire autant la différence par rapport au 22 centièmes comme il l'a été le cas ce soir. Nous aurons toujours cette épée au dessus de la tête qui sera notre pire compagnon de fortune, nous perdrons encore de merveilleux poissons à cause de cette fragilité qui à l'inverse fait notre force. Oui le mer nous cache encore bien des surprises...

hé bien voilà c'est l'heure de rentrer je n'ai plus vraiment envie de rester je pense que j'ai pris mon lot de sensations pour un simple mercredi soir. Mes maigres affaires vont être rangées dans leurs boites, les cannes attachées et mes précieuses prise posées dans mon bac. Il ne me faudra qu'une poignée de minutes pour rejoindre la voiture qui est garée contre la barrière en haut, je vais laisser une nouvelle fois un petit morceau de mes histoires au creux de ces roches, d'ailleurs, en regardant du haut de la colline la mer qui s'étale jusqu'à un certain infini, je ne peut m'empêcher de penser que peut être un jour ces coins seront fermés à la pêche. Je vais même aller plus loin que ça, je pense que ce n'est q'une histoire de temps car nous savons tous à quel point ces lieux se transforment en décharge publique une fois la belle saison venue, cela donnera une excuse à l'administration des calanques pour déblayer les cons comme nous.

Roro.

Les daurades de printemps.

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Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #sport, #pêche, #appâts, #Poissons, #Cuisine

Hé bien voilà nous sommes aux porte de l'hiver. Voilà une saison qui me réjoui particulièrement tant les promesses de captures sont nombreuses. Les portes de l'hiver c'est un peu comme comme le hall d'entrée de mon bonheur, oui, à cette saison il y a un peu toutes les espèces qui se croisent sous l'eau. C'est l'arrivée progressives des gros pageots aux abords du littoral offrants aux fidèles que nous sommes l'espoir de pouvoir capturer quelques sujets. Et puis il y a aussi l'arrivée des calmars à qui, j'ai quasiment dévoué ma vie entière.

Seuls les pêcheurs qui ont  une valeur pourrons comprendre les lignes qui vont suivre. Comment parler sérieusement de dévotion pour une espèce face à un public qui n'a pas la passion de la mer ni des poissons ? Souvenez vous, qui n'a pas fait des choses incroyablement tortueuses afin de rejoindre la mer alors que tout vous l'interdit ? Qui n'a pas déboursé plusieurs dizaines d'euros chez un marchand d'appâts pour une seule soirée alors que le son propre compte en banque crie famine ? Qui n'est pas revenu bredouille d'une nuit alors que nous avions dans la musette les meilleurs vers de la création et qui pourtant n'a aucune égratigné sa passion ? Hé bien c'est tout cela qui est un véritable non-sens pour le non pratiquant. En un mot, la raison nous échappe quand le sel manque dans nos veines car il faut bien le dire, il faut être complètement fou pour pratiquer un sport qui ne garanti aucun résultat et qui en plus coûte très cher. Mais je pense sincèrement qu'en retour la pêche en mer soigne bien des blessures, combien de maux se sont délités dans le creux des vagues, combien de solutions ont trouvé la lumière une canne à pêche entre les doigts ? Encore une fois c'est tout cela que cherche le pêcheur en mer pour son compte personnel car là, à l'inverse, on va parler poissons...

Une soirée toute simple.

Samedi soir j'ai une envie furieuse de partir pêcher seulement voilà, la météo n'est pas terrible et il est déjà assez tard. Bon il va falloir faire fissa pour ne pas arriver trop tard d'autant plus que je dois passer à CABESTO pour prendre les fameux bibis surgelés. Heureusement il me reste quelques bricoles dans le congélo mais je sait bien qu'en ce moment c'est les gros vers qui marchent le mieux.

Quand on est pressé tout les cons de la planète se donnent rendez-vous sur la route et empruntent le même chemin que vous, je vous passe les voitures sans permis ( elles sont relativement nombreuses non ? ) les camions et au contraire les jeunes débiles qui on confondu la route et le circuit. J'en profite pour dire à ceux qui croient qu'ils pourraient faire claquer un chrono sur un circuit avec leurs bagnoles et alors qu'ils mettent la vie en danger de tout le monde, qu'à voitures égales ils se feraient cramer par le dernier du classement du continental circus.

Voilà je suis en poste, heureusement le coin que je convoite est relativement à l'abri du vent. Malgré tout les frasques déroulent bruyamment sur la mer des déferlantes brunâtres, bon il faudra composer avec ça... Rapidement j'installe une canne au bouchon pour le calmar car la nuit est quasi installée et nous savons tous que ce moment est avec la matin le moment le plus propice. D'ailleurs à peine la sardine a t'elle trouvé la profondeur déterminée que le bouchon estampillé "PADDY" hoche déjà de la tête. Sans attendre je commence une lente remontée qui a pour but de ne pas effrayer ma prise car selon la taille du coco il va être complexe de le piquer. En fait le calmar doit être si petit que je ne le sent pas sur la ligne, pourtant je sait qu'il est là car c'est inscrit dans leurs gènes, quand ils on goûté à la sardine ils font toutes les folies. Hé hé hé, il est bien là dans le lumière de ma frontale mais alors, il est plus petit que ma main, grosso modo entre douze et quatorze centimètres.

Pfff qué misère, je retire ma ligne et je remplace la sardine bousillée par une bogue pêchée la semaine avant. Bon voilà c'est l'heure de monter la première canne pour le poisson.

Une soirée toute simple.

Les deux cannes sont postées très loin dans le sable, avec le concours du vent qui pousse fort dans le dos et vu que les fils des moulinets sont neufs de ce matin, je n'entends pas l'impact du plomb qui touche l'eau. Là je suis serein car même si ce n'est pas la folie je sait en revanche qu'à un moment ou un autre un poisson va passer sur mon appât. Je bricole un peu ça et là à farfouilles dans la mousse pour débusquer un crabe ou une crevette cachée qui me servira peut être. Ici c'est difficile de s'assoir correctement tant les roches sont pointues sauf à l'endroit où mes appâts reposent en paix. Subitement je me retrouve dans une situation complexe à gérer et de loin inhabituelle. En effet je voit le bouchon ultra lumineux que m'a fabriqué Pad qui s'enfonce directement sous les eaux en même temps, l'écureuil de la canne à gauche qui s'envole le tout dans un bruit de frein jouissif ! Ho putain je décide de prendre la ligne au bouchon par ce qu'elle est plus près de moi. Malheureusement le calmar ne va pas insister et mon bouchon va remonter libre du poids, je pose en vrac la canne et je me dépêche de remonter l'autre ligne mais là encore une fois y'a rien au bout et le bibi est découpé en rondelles. Ha bon...

La lune se couche lentement derrière l'horizon, le vent se calme un peu et même par moment il n'y en a presque plus du tout. Tout paraît calme mais quand même il est étrange de voir un de mes écureuils qui fait discrètement le yoyo, je veut bien que ce soit le vent mais tout de même, pour quoi pas l'autre écureuil ? Dans la foulée je remonte pour voir et au ferrage...y' a un poisson dessus ? Je reconnais bien les coups de tête de la daurade qui se défend, celle-ci n'est pas très grosse mais vu le contexte actuel elle pèse déjà lourd dans ma satisfaction. Arrivée au bord elle va me faire douter de son poids car ses rushs sont franchement sympas mais au bout du compte c'est une blanquinette d'à peine quatre cent grammes. Ordinairement en pleine saison je ne garde pas les blanquettes de moins de cinq cent grammes mais là, impossible de résister au goût de sa chair ça fait trop longtemps que je n'ai pas pêché !

Une soirée toute simple.
Une soirée toute simple.

Les touches vont bon train dans ce petit coin, malheureusement il n'y a pas de gros poissons en vue car je pense que les petits daurades avalent l'appât avant même qu'une plus grosse vienne se servir. Ce qui me fait dire cela c'est tout d'abord le style de touches '"yoyo", ordinairement la touche est plutôt brutale en deux temps, là on dirai que l'écureuil s'est pendu avec une élastique. Mais cela prouve aussi qu'elles sont suffisamment nombreuses pour se disputer le bibi et elles avalent tout d'un bloc. Cela m'empêche au passage de remettre à l'eau n'importe quel poissons peu importe la taille. Tout les pêcheurs savent que quand l'hameçon est planté dans la gorge et que le poisson saigne il a très peu de chances de survivre, mieux vaut le garder.

Une soirée toute simple.

Finalement tout se déroule plutôt pas mal car j'ai énormément de touches et à vrai dire je ne m'ennuie pas du tout. En l'affaire de quelques heures tout mon beau petit stock d'appâts va finir englouti par ces petites coquines, huit bibis, un ver de Rimini entier tout de même !

Vu que la crevette ne donne rien d'autre que des beaux yeux je décide de plier vers trois heures du matin avec une jolie brochette de poisson dans le bac. Ordinairement je suis un peu las du retour mais  là j'ai des recettes plein la tête et une fois de plus mon esprit est occupé.

Déjà je pense à cuisiner tout ces poissons et devinez quoi ? on va parler cuisine.

Emietté de daurade et purée de potimarron au piment d'espelette.

Une soirée toute simple.

La recette que j'ai imaginée tient compte de l'assemblage des saveurs qui doivent sortir de tout ces ingrédients, c'est pour cela que l'accent sera mis sur une purée de potimarron avec ce poisson. Il y a un poivron, une carotte, du brocolis, une tomate, un oignon, de l'ail, sel et poivre. L'épice choisie sera du piment d'espelette et de la badiane qui donne un goût anisé en remplacement du safran. La purée sera mis en duchesse et passée au four.

Potimarron, piment, oignon, ail et un peu d'eau.

Potimarron, piment, oignon, ail et un peu d'eau.

Une soirée toute simple.
Une soirée toute simple.

Je coupe de très fines tranches d'une pomme de terre et pendant ce temps je fait pocher la carotte et le poivron dans de l'eau salée.

La badiane.

La badiane.

Le zeste de citron.

Le zeste de citron.

Je délimite bien l'emplacement du poisson ( faire le berceau) où il va cuire.

Une soirée toute simple.
Une soirée toute simple.

Recouvrir d'un papier sulfurisé pour ne pas que l'aluminum entre en contact avec le poisson et pour que l'air chaud circule bien dans la papillote.

Une soirée toute simple.

Il est temps de faire la papillote, noter que les bords sont mis à plats au lieux de roulés, cela garanti une parfaite étanchéité.

Une soirée toute simple.
Une soirée toute simple.

Je laisse cuire une vingtaine de minutes à four assez chaud (200°) et dresser sur l'assiette.

Une soirée toute simple.
Une soirée toute simple.

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Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #sport, #pêche, #appâts, #Poissons
LE GENRE HUMAIN.

 

Voilà, notre blog vient de fêter ses 11 ans d’existence et c’est avec un peu de nostalgie que je vais vous raconter notre nouvelle aventure. Ceux qui nous suivent depuis ces nombreuses années doivent sûrement se souvenir de toutes les choses qui ont été dans notre quotidien. Nos certitudes et nos points de vue un peu à contre-courant faisant de nous des pêcheurs un peu décalés. Oui, dès qu’on ne va pas dans le sens de la pensée collective on se met forcément en marge et dès que les actes suivent la pensée hé bien on laisse en chemin pas mal de monde. Mais tout cela nous l’avons voulu car nous ne souhaitons pas être dans le sens du courant car, avec un peu de réflexion nous nous sommes rendu compte que la réalité nous cache bien des choses

Une sortie de pêche c ‘est un une suite logique d’évènements qui conduisent à une action finale. Cela commence par le choix d’un lieu avec les aléas de la météo combiné au trafic routier qui dirige bien souvent nos pas. Rien que cela est déjà une belle réussite quand tout veut bien aller et je ne compte plus les parties de pêche qui ont été déroutées à la dernière minute faute d’accord avec nos desseins. Mais pour ma part j’ai toujours été fataliste sur ce plan, je sais bien qu’il ne sert à rien d’insister quand tout va contre soi, je prends cela avec philosophie et je m’en sens formidablement bien.

La deuxième chose qui est un véritable fardeau pour l’esprit c’est tout ce que l’on emporte en concept préconçus avec soi. Je veux parler ici du devoir de faire de grosses pêches à toutes les sorties. Voilà un véritable piège pour notre passion, ce sentiment viral initié par toutes les pubs qui est injecté jours après jours troublent le plaisir de prendre armes et baguages pour profiter tout simplement de la mer. N’oublions pas que la mer doit rester est un véritable cosmos de fantasmes pour le pratiquant, l’importance d’une activité c’est quand l’esprit se met en marche et naturellement le cerveau va fabriquer des solutions, il va s’ouvrir à ses propres ressources, et quand ça marche, alors là…

Le problème aujourd’hui c’est que le comportement du pêcheur et globalement de l’humain qui, d’une certaine manière a changé face à la perception à son loisir. Je ne parle pas des jeunes pratiquants car eux nés avec les moyens actuels et n’ont pas la connaissance de l'ancien temps. Je parle aussi des plus vieux qui se sont laissé séduire par les nouvelles techniques électroniques. Rien de bien mauvais en soi mais il faut veiller à ce qu’elles ne prennent pas totalement les commandes de la pratique. Il faut être certain de pouvoir continuer à pêcher quand on n’a pas ces accessoires coûteux, d’ailleurs je serai très curieux de voir une panne de satellite quel bordel cela mettrai. Encore une fois, les publicités murmurent à l’oreille de ceux qui sont en mal de quelque chose d’intime. Avec de tels engins tout devient facile, plus besoin de réfléchir, plus besoin d’avoir d’expérience, plus besoin de se tracasser, fermez les yeux…

Ceux qui ont dépassé la quarantaine se souviennent sûrement d'une certaine époque glorieuse que nos anciens ont vécu.  Nous avons mainte fois monopolisé l'attention de nos jeunes pêcheurs en leur racontant une épopée où nous prenions toujours nos poissons même à CASSIS (voir les articles des années 2002, 2003). Avant moi, mes pères faisaient très attention à ne pas déstabiliser un coin de pêche ne le prospectant plusieurs fois car cela signe souvent un manque de beaux sujets pour les fois prochaines. La propreté faisant partie intégrante de la fierté d'un homme, quoi de plus normal en somme...

Dans mon pays Catalan, le poisson de roche était très prisé par le pêcheur amateur. Peu s'en fallait pour capturer de gros Roucaous, de grosses girelles et de fabuleux Sarans dont certains finissaient même entiers dans l'assiette car franchement trop gros. Il n'y avait pas de réelle compétition entre les pêcheurs amateurs et les métiers de la mer car il y avait du poisson pour tous. Certains pros même s'approchaient quelquefois de la berge pour donner quelques poissons inutiles pour eux à un pêcheur isolé. Une blanquette mutilée par le filet ou un petit loup pas bien maillé, faisait partie du jeu entre pratiquant de la mer qui servait d'excuse à parler un peu. Des amitiés se liaient parfois comme ça au comptoir des criques ou près d'un quai. A l'inverse à MARSEILLE, les pros et les amateurs se sont toujours tirés dessus à boulets rouge !

Il est sûrement vrai que la meilleure saison de l'année c'est l'été. Les températures sont douces et on ne se soucie guère du lendemain tant les jours sont agréables à vivre. La chaleur monte dans l’atmosphère et tout semble nous sourire, les cigales recommencent leur longue traversée amoureuse à travers les pins tortueux jusque dans les lieux isolés pendant l’hiver, tout redevient un théâtre provençal jusqu’aux plus profond de notre histoire. On aime galéjer à l'apéro sur une terrasse ombragée tout profitant du chant assourdissant des cigales. Il est clair que l'on soit du Sud ou du Nord on se délecte du fameux pastis déversé dans un grand verre dégoulinant de fraîcheur. Pour peu qu'il soit accompagné de quelques olives mélangées et de tapenade maison, cela se transforme en vrai vacances même si on travaille. On aime forcément les Pagnolades qui déclenchent les rires et une soif immense de bonheur car le soleil aime lui aussi à s'attarder sur notre Provence merveilleuse, les jours sont longs comme le goût de l'amende douce. La vie épicurienne s'écoule lentement dans nos veines comme les ruisseaux cachés qui font le voyage jusqu'à la mer. Le doux mistral du matin recoiffe les vignes ébouriffées de CASSIS dans son souffle léger. C'est l'heure pour les hommes de reprendre le cours de la vie, reprendre les phrases là où elles avaient été laissées la veille, laisser hier pour trouver aujourd'hui et parler d'amour à sa compagne comme si nous la connaissions à peine.

 

L'été c'est aussi la saison du bonheur pour le pêcheur à la ligne car c'est la saison du partage. Quel plaisir de rejoindre les sentiers tortueux qui serpentent dans la garrigue des calanques de Marseille au lever du jour. On se surprend à faire quelques haltes pour profiter des premiers rayons du soleil. Voilà une occasion fantastique de découvrir de nouveaux recoins tout près de l'eau qui servira peut-être de refuge une fois l'hiver et le froid revenu.

 Je ne peux m'empêcher de penser que tout comme moi quand j'étais mino, combien d'enfants se lèverons aux aurores les paupières lourdes en promesse d'une partie de pêche, combien de rêves sont nés sur la banquette arrière de la voiture en direction pour la mer. Tout cela est un éternel recommencement car je me souviens de ces longs moments assis sur les places arrière de la vieille 204 break, je regardais défiler le paysage du matin à travers la vitre.

 

Pourtant, je dois bien le reconnaître que pour moi la meilleure saison de l'année c'est l'hiver. Non pas que j'aimerai vivre au pôle Nord ne faut pas pousser non plus, mais cette saison est " là " saison la plus productive dans ma pêche. Même si cela peut paraître étrange en un sens, c'est l'ambiance glaciale qui éveille toutes mes aspirations de pêcheur. J'aime le lever du jour quand la froideur nocturne a figé le paysage dans son écrin blanc. Le ciel est si clair, les rayons de soleil sont si nécessaires à la vie que cela en est émouvant. Il est vrai que la contrepartie c'est qu'il faut se couvrir sérieusement pour ne pas geler sur place, mais c'est dans ce segment de l'année que j'ai fait mes plus belles pêches et de loin s'en faut. Malgré tout, comme chaque année il nous faudra avoir les nerfs solides pour trouver son poisson. Il semble que le changement de statut saisonnier ne plaise pas des masses à nos chers copains à écailles, ils ne font passer de l'espoir au doute en seulement quelques cessions de pêche.

Hé puis c'est dans cette période où je retrouve mes copains beaucoup plus souvent. L'été nous sommes si éparpillés dans le territoire qu'il ne nous est pas possible de se retrouver régulièrement. Par contre l'hiver contrairement à l'été nous avons presque les mêmes postes, presque la même technique et presque les mêmes proies, cela fait suffisamment de points communs pour se retrouver enfin... Comme chaque année nous faisons entre nous le bilan de ce qui s'est passé tout au long de l'année sur l'ensemble notre environnement. Globalement Nous sommes assez satisfaits de nos captures malgré une inquiétante disparition des poissons ordinaires. Vous aussi avez peut-être remarqué une évaporation des poissons fourrage qui attirent forcément les prédateurs près des côtes. C'est tellement évident que c'est visible de partout même dans le VAR. Normalement la présence de bogues ou d'oblades qui fusillent sans retenue le moindre appât qui tombe dans l'eau signe le contrat prédatorial d'une saison. Là il me semble que certains coins soient désertifiés par ces poissons rendant la perception du lieu plus difficile à lire. 

C’est ce que j’ai remarqué lorsque je suis sorti en bateau pour la première fois, j’étais au milieu de l’eau et je n’avais que le plomb de la canne à pêche pour deviner les dénivelés sous-marins. Là mon esprit a passé en revue tout ce que savais de la pêche en mer, je me suis senti complètement démuni tant j’étais devant une page blanche. Pourtant tout a bien fonctionné car contrairement à la pêche du bord, en bateau on a beaucoup de couches d’eau à exploiter et cela donne plus de possibilités de capture. Pour ne rien gâcher, il est possible même pour un débutant comme moi de capturer des espèces qui ne s’aventurent presque jamais près du bord. Ici je veux parler de gros dentis ou de gros pagres voire des sérioles qui se capturent avec beaucoup de techniques différentes. Mais loin de moi l‘idée d’aller les chercher avec un sondeur, Pourtant il est parfaitement compréhensible de vouloir savoir ce qui se trame sous les eaux car quand on est au milieu de la mer et qu’il n’y a aucuns repères, il faut bien le dire, on est un peu seul au monde. Mais quelle joie de renouer avec les tréfonds de mes incertitudes comme quand j’étais enfant, quel plaisir de tout réinventer, cela me procure un sentiment de renouveau qui bouleverse tous mes repères.

A travers cet article vous avez sûrement compris qu’une page se tourne au sein de notre équipe. La pêche du bord n’offre plus assez de solutions pour étancher mon esprit gourmand en sensations. Nous ne connaissons pas réellement la raison de l’inquiétante disparition des poissons aux abords du littoral, même si les paysages restent les mêmes, des indices nous indiquent que sous l’eau de profondes modifications sont en marche. Je pense que le prélèvement a trouvé ici son point critique. Pour que tout fonctionne il faut qu’il y ai un équilibre entre la capacité aux fonds marins à se régénérer et le prélèvement. Dès lors que nous dépassons ce seuil il est forcément visible par ceux qui pêchent du bord.

 

Comme d’ordinaire notre nouvelle aventure commence dans la joie, malgré que nous soyons décidés à la toute dernière minute nous sommes encore dans les temps pour rejoindre MARSEILLE. Heureusement que côté appâts nous avons déjà tout ce qui nous faut planqués dans le congélateur car il faut bien le dire, ces précieuses gourmandises surgelées signées PEXEO sauvent encore une fois notre rocambolesque partie de pêche.

Hou là là, ça fait quelques mois que je ne suis pas allé à la pêche et retrouver le chemin des calanques qui grimpe à la verticale le tout bien chargé d’affaires me fait immédiatement regretter les longs apéros avec la famille. Là je sens bien les cacahuètes enrobées de paprika, les pastis pas trop mouillés ( seigneur ! ), les anchois marinés et les pizzas royales bien chaudes, n’a pas augmenté mon potentiel de marcheur bien au contraire... A l’inverse, mon copain Antho lui a sévèrement maigri et en bave beaucoup moins que moi qui traîne la jambe comme un fada. C’est ainsi que le sentier défile lentement aux grés des points de vue fantastiques que peut nous offrir toute la baie de Callelongue. Il ne nous reste plus qu’à subir la rocaille qui roule sous nos pieds dans un tintement caractéristique qui transforme notre sortie de loisir en une véritable marche militaire.

Nous sommes tellement heureux de pouvoir enfin sortir un peu que nous n’avons pas pris la peine de regarder la météo. Voilà un détail qui va nous coûter une bonne partie de la perception de la pêche et sûrement un peu de notre plaisir. Il n’est pas aisé d’envoyer les lignes quand tu te prends un vent d’ouest en plein travers, les fils sont détendus à l’extrême et offre une bannière d’au moins cinquante mètres hors de l’eau. Laissez-moi vous dire que si l’écureuil monte c’est que le poissons qui est au bout est une vraie patate ! Malgré tout ce vent insistant n’est pas tout à fait le mal venu car à l’inverse lorsque le temps est idéal, les moustiques se comptent par centaines, ils piquent sans retenue tout ce qui peut dépasser d’un vêtement et même les lotions qui normalement les repoussent finissent par ne plus être efficaces. Mais là c’est magique il n’y en a pas un seul et à vrai dire, à choisir, je préfère le vent que ces suceurs de sang !

La soirée est bien tranquille, les touches ne sont pas nombreuses même avec mon fameux ver de Rimini si efficace d’ordinaire. Mais soudain je remarque l’étrange bal de mon écureuil qui a été mis sagement à l’abri du vent sous un pan de roche abrupte. A vrai dire il est difficile de savoir si cela est une frasque venteuse ou une touche car pour l’instant il ne monte pas vers le ciel. Alors que je m’approche de ma canne légèrement malmenée par le vent, l’écureuil se colle d’un coup dans un claquement violent et le frein du moulinet hurle en se dévidant à toute allure ! Mince j’ai de la peine à décrocher le témoin de touches tellement il gigotte et de prendre la ligne en main tellement ma prise tire fort ! C’est toujours très étrange de sentir entre ses mains une telle puissance dégagée par un poisson, là il me met la fessée à distance, pour l’instant je ne peux que subir sa défense et laisser filer le fil vers le large. Ce n’est pas la première fois que nous sommes dans cette situation, déjà, quelques copains se sont déjà retrouvés au même point que moi ce soir c’est-à-dire avec un truc au bout qui est si puissant qu’il te fera sauter les rondelles du frein si tu essayes d’aller trop loin. Rapidement je prends contact avec l’engin qui se calme et j’en profite pour lui envoyer une bonne décharge dans la quiche, cela a pour but de le stopper et si possible de le mettre dans ma direction. Hé bé voilà une erreur que je ne suis pas près de refaire. Dans l’excitation j’ai dû légèrement trop appuyer mon ferrage et je dû lui tout simplement lui arracher l’hameçon de la bouche, je me retrouve là en plein vent avec tous mes rêves de poissons hors normes qui s’envolent encore un fois.

Vers minuit l’activité sous-marine semble franchement dérisoire, nous avons beau changer régulièrement nos appâts et, pourquoi pas, changer nos montages rien n’y fait vraiment. Avec l’ajout de perles lumineuses ou de petits bouts flottants nous arrivons malgré tout à capturer quelques merdouilles que nous ne garderons pas. Passé une heure du matin nous commençons enfin à sentir que les choses changent un peu sous les eaux car nos hameçons sont régulièrement vidés. Je connais bien cette situation délicate où la première réaction du pêcheur est d’imaginer que ce sont forcément des petits sujets qui rongent les appâts. Voilà une erreur à ne pas faire car on ne compte plus les fois où nous avons sorti de belles pièces sur des touches ridicules avec des appâts minuscules. L’astuce consiste à diminuer la taille de l’hameçon équivalent à du 4, de passer le bas de ligne en 18 centièmes et présenter le même appât mais bien ligaturé qui va le rendre beaucoup plus fin, en principe, on est immédiatement au courant de ce qui rôde sous l’eau. On ne sait pas pourquoi mais il arrive souvent que les poissons jouent plus qu’ils ne mangent, les belles bouchées se sont rapidement subtilisées de l’os en fer et j’imagine que les poissons ont besoin de piter, mais vu que l’appât tiens bien ils finissent pas l’engloutir ne pouvant pas bien le déchiqueter. Hé bien voilà, une nouvelle fois ce piège a fonctionné car en quelques minutes j’ai réussi à capturer une jolie daurade qui n’a pas réussi à résister à mon ver de Rimini surgelé. Vous savez à quel point il est réjouissant de prendre un poisson quand on n’a pas eu beaucoup de touches dans la soirée, je me délecte de de ses tirées qui plient le scion et fait craindre le pire aussi.

Un peut plus tard nous ne sommes plus aussi réjouis de la situation globale, ce n’est pas la prise d’une blanquette qui va relancer tous nos espoirs. Pourtant, la chance va encore frapper une fois à notre porte car mon copain va essuyer une touche vraiment sympathique qui nous fait du bien. Au ferrage il semble qu’il n’y a pas grand-chose au bout mais l’instant qui suit cela va changer car mon ami sent une forte tirée dans le scion alors qu’il remonte. Nous allons comprendre un peu plus tard que le sar qui s’amusait à jouer sur nos nerfs depuis quelques minutes a fait une erreur fatale que son instinct de prédateur lui a ordonné. Quand il a vu le ver s’enfuir une fois, et, qu’à la faveur une petite accroche du plomb sur le fond il est reparti une segonde fois, le poisson n’a pas supporté un tel affront et l’a saisi en plein vol. Au final, ce beau sar fera au moins deux heureux même si nous sommes très loin des très belles pêches que nous avons faites ici.

Bon allé, il presque trois heures du matin et le retour va être encore une assez compliqué. Oui, je vous passe la marche du retour pile au moment où nos petits yeux aimeraient bien se fermer, notre sentiment très mitigé face à une situation de calme sous-marin qui ne nous est pas familier. Mais qu’importe en somme, la pêche est faite ainsi avec son lot de choses qui ne peuvent pas s’expliquer facilement, nous devrons pour l’instant nous contenter de ça.

LE GENRE HUMAIN.
LE GENRE HUMAIN.
LE GENRE HUMAIN.
LE GENRE HUMAIN.
LE GENRE HUMAIN.
LE GENRE HUMAIN.
LE GENRE HUMAIN.

Ci dessous j'ai pris une photo qui ne va pas manquer d'en étonner certains. En effet, la première photo est celle de l'archipel dans son ensemble, au centre de la prise il y a deux points blancs. J'ai poussé les 1200 mm du zoom de mon appareil photographique pour essayer de voir jusqu'où cela pouvait aller. Voilà je vous laisse juge du résultat.

LE GENRE HUMAIN.
LE GENRE HUMAIN.
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