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SILVERPECHE.com

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LE BLOG DES SAISONS

Publié le par RORO, GREG, MARCO.
Publié dans : #Poissons

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Allé c'est reparti, les sorties nocturnes reprennent de plus belle car je pense qu'avec le météo qui s'embourgeoise nous allons arriver à prendre du beau poisson. Je suis assez encouragé, voire émoustillé par une nouvelle série de livres que je viens d'acquérir qui tente d'expliquer à mes yeux de profane le pourquoi des choses à travers une expérience basée sur de très nombreux témoignages de l'époque. Pour bien comprendre il est souvent nécessaire de prendre les choses par le commencement, c'est à dire remonter dans le temps, le temps où le matos employé n'avait pas le design d'aujourd'hui. Imaginez vous aujourd'hui commander chez votre magasin préféré un moulinet avec des pièces en bois ? Jusqu' à hier je ne savait même pas que cela eu existé un jour pourtant de très nombreux pêcheurs en ont utilisé par ce que notre monde  a été forgé avec les hommes d'hier avec les moyens d'hier...

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Cette époque n'est pas aussi loin que ça car les récits datent de 1960 à aujourd'hui. Dans la course à l'armement tous les matériaux ont été passés au crible pour que la matière une fois sublimée sorte de l'ordinaire, mais aujourd'hui nous savons que rien de tout ça n'a pas été concluant car beaucoup trop lourd ou ayant une usure anormalement rapide. Par contre une foule de détails ont été connement abandonnés comme les anneaux interchangeables, cela pouvais permettre un remplacement rapidement en cas de casse directement sur le lieux de pêche, preuve que les anciens n'était pas si cons que ça.

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Ce détail n'est pas anodin car nous qui ne pêchons pratiquement qu' à la roche et donc abîmons beaucoup le marériel montre qu' un anneau brisé signe la mise en bière de la précieuse canne. Le mika, le duralumin, le bambou refendu, la fibre et j'en passe ont fait la joie de nombreux kinésithérapeutes qui se sont enrichis par de nombreuse séances de massages dorsal des pêcheurs. Dans ce livre une extrapolation du monde englouti et d'aujourd'hui se mélange, les mots d'un pêcheur de hier semblable à nous aujourd'hui explique qu'il n'est pas possible de pêcher en surf avec autre chose qu'une canne de cinq mètres en fibre pleine, du cinquante centièmes dans un gros moulinet à panier tournant (sans roulements intérieur siou plait !), plombé en deux cent grammes pour atteindre la troisième vague ( 70 mètres au mieux). Aujourd'hui pêcher dans ce genre de conditions serait un choc physique et mental pour nous, car le confort de nos matériaux actuels nous autorisent presque toutes les fantaisies, je n'ose pas imaginer le tout avec une daurade de deux kilos au bout.

La deuxième chose qui m'a interpellé dans ces livres c'est les vivres. Il y a une quarantaine d'années les marchands d'appâts n'existaient presque pas, l'amateur éclairé devait se débrouiller de trouver des postes enrichis de très nombreuses proies comme les moules, les piades, les crabes, les crevettes voire les petits poissons et pour les plus chanceux des cordelles....Impossible de partir à l'arrachée ( comme nous le faisons souvent) pour un poste au fin fond de Marseilleveyre par gros Mistral, c'est soit le bredouille par manque de vivres, soit les risques extrêmes pour un crabe dans l'écume ou pêcher à la sardine. Cela a conditionné la passion pour la pêche moderne, inutile de vous dire que s'affirmer comme pêcheur vous faisait dégrigoler dans le classement mondain,( remarque aujourd'hui c'est pareil) mais en tout état de cause a forgé des hommes qui ont fait tout évoluer et éclairé ma vie entière...Un petit hommage à ces centaines d'hommes qui y ont cru dur comme fer, qui n'ont (sans doutes) pas dormi des nuit pour perfectionner un roulement plus libre que le précédant, une manivelle plus préhensible, un pick-up qui tourne sans faire vibrer toute la canne ou une forme de plomb qui fend mieux l'air. On ne peu pas s'assoir sur toutes ces années évolutions qui aujourd'hui nous permettent de frimer comme des malades oubliant que nous, nous ne faisons qu'en profiter...

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Le contexte de la pêche de ce vendredi soir est rythmé par le berceau de mes lectures, c'est un étrange mélange de soif de connaître le passé mais tout en conservant les pratiques techniques d'aujourd'hui. Il ne peut m'échapper que dans vingt ans les techniques auront encore fortement progressé,(on fera figure de vieux cons, si si vous verez) le poissons aura peut être totalement disparu et se rendre au bord de l'eau ne sera peut être plus qu' à une soirée vide de sens. Nos calanques seront peut être toutes fermées assujetties à des autorisations spéciales pour soutenir une économie artisanale rocambolesque, tout est imaginable même le pire...

Voilà pourquoi ce soir avec mon Gégé je suis dans les calanques de Marseilleveyre et je compte bien en profiter encore un peu. Rien n'est vraiment désigné pour aller y pêcher, il fait assez froid, la mer n'est pas assez chaude, nous marchons beaucoup, alors pourquoi attendre le miracle ? Notre poste est en pente douce, les roches calcaires d'un blanc intense reflètent immédiatement le moindre source de lumière, ce soir la lune brille entre deux gros nuages, elle brille comme une lanterne qui serait suspendue dans le ciel et fait apparaître les petits buissons épineux en ombres chinoises. Le but de ce soir c'est la pêche bien sur, mais il se passe des trucs inexplicables dans nos cerveaux qui nous guident irrémédiablement vers la mer, une sorte d'aimant qui ne se contente pas de petites choses sur nos esprits. Besoin de sentir l'air vif de la mer, le bruit cyclique des vagues, regarder dans l'eau sombre et s'imaginer toute cette vie qui grouille pendant que nos cannes pêchent. Je reviens toujours vers des souvenirs anciens qui étaient meilleurs laissant mon esprit malgré moi voyager dans les couloirs du passé, quand....L'écureuil vert fluo de Gégé qui est juste sous mes yeux vient de se coller violemment sur le blank de la canne suivi de deux petits coups de freins. Il y a quelques années le combat avec un tel poisson aurait pris des mesures considérables par notre manque de materiel, des récits creusés dans notre histoire qui hantent encore certaines âmes qui avaient besoin de démesure pour se sentir rassurées. Aujourd'hui tout passe à ouf, un sar de cinq cent grammes ou d'un kilo qui bataille ferme n'a pas plus de poids que  l'idée qu' a Gégé à se demander si il  a quelques choses au bout de la ligne. Sa canne VEGA aussi raide qu'un arbre peut envoyer facilement 130 grammes à des distances diaboliques et ce beau sar n'arrive pas à prendre le dessus tellement tout est finement étudié pour lui. Néanmoins vu les circonstances nous ne pouvons nous empêcher d'être contents, je me souviens de Greg qui se lamentais il n'y a pas si longtemps de n'avoir jamais pris de poissons corrects, aujourd'hui fait 95 pourcent de no kill sur ses prises et Gégé est en train de suivre le même chemin...

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Un peu plus loin c'est mon tour de renouer avec le chance, la tape correcte sur le bibi est franche mais unique, Je patiente tremblant canne à la main prêt pour un départ dans les règles. Au bout de longues minutes je sent bien que, soit le poisson ne reviendra pas à l'attaque, soit il est dessus bien piqué donc je remonte ma ligne avec précaution. Par chance il  est piqué mais bataille bizarrement, je n'arrive pas à cerner le profil de ce poisson tantôt lourd puis subitement léger sans pour autant me donner de coups de têtes. Ce sera au final un petit pageot qui ne pourra malheureusement pas être relâché car si sur la photo le bibi est hors de la bouche, l'hameçon lui est salement planté. Mais que de couleurs magnifiques, on arrive même à voir le reflet de mon pouce sur ses écailles dorées qui resemblent à une armure de chevalier...A l'ordinaire je me serais fait un grand plaisir de relâcher un si beau poisson mais mon ferrage lui  a broyé les ouies, dommage. 

 

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Il est deux heures du matin, le vent qui nous avait laissé tranquille jusque là se lève. La température ambiante descend rapidement, le clapotis léger de la mer qui rentre se transforme en belle houle rapprochée et nos écureuils lumineux tourbillonnent dans tous les sens sous le vent qui vient de partout. Je remballe soigneusement ma première canne, puis sur la seconde j'ai un poisson dessus qui n'a pas fait de touche  et dans l'éclairage puissant de la frontale un peu plus tard  je vois arriver une belle sole tout ondulante à la surface mais elle se décroche avant même que l'idée de la salabrer m'effleure. Gégé aussi à un truc et m'appelle de loin. Vu la prise on hésite plus... on se casse !!!

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Les moulinets et les cannes sont issu d'un livre intitulé: " le grand livre de la pêche" édité en 1967.

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