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SILVERPECHE.com

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LE BLOG DES SAISONS

Publié le par RORO, GREG, MARCO.
Publié dans : #Poissons

la nuit aux Embiez

Depuis les profondeurs du temps nous remonte régulièrement des informations de toute nature sur l'art de la pêche qui interpelle sombrement mon âme de pêcheurs "moderne". Des témoignages d'autant plus importants sur l'origine de l'art de la capture qui permettent aux âmes sensibles de mesurer le chemin à ne plus parcourir puis de se modérer si il veut encore montrer une espèce vivante dans l'eau aux générations futures. C'est bien connu un homme a besoin de tout savoir sur son entourage proche, il se pose facilement une quantité de questions inédites qui assaillent ses neuronnes mis à mal par une série d'étincelles entre les noyeaux qui pourrais déboucher sur une électrocution cérébrale....

 

 

Greg, Gégé et moi sommes dans la navette vrombissante qui nous conduit vers la terre promise. Les cheuveux aux vents d'hiver il faut hurler pour se parler tellement le bruit du moteur est énorme. Gégé acoudé à la rembarde repeinte regarde passer l'eau avec mélancolie voyant les heures passées ici dans sa folle jeunesse, Greg et moi on éssaye de se rassurer sur le bal de nos futures improbables victimes. En hiver les Embiez c'est presque l'aventure, les roches battues par la mer en permanence d'un côté et la calme plat toute l'année ou presque de l'autre, le vent glacé de Nord de ce soir lui donne un air de terre sauvage oubliée par les hommes...

Arrivé sur place nous ne sommes pas déçus, malgré qu'il fasse encore jour il fait un froid monstrueux mais le spectacle en vaut la peine car c'est pas tous les jours quel'on voit de la neige sur cette ile. Nous traversons rapidement les terres pour atterrir sur le poste qui va nous accueillir pour la nuit. Nous aurions bien voulu aller tâter les roches du côté Ouest de l'ile mais il est annoncé du nord dans la nuit et ou nous serions trop exposés car là il n’y a pas d’abris naturels.

 

 

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 Les mains tremblantes je me dépêche de monter une a une mes cannes pour aussitôt enfourner les doigts dans les poches de la veste, le froid est vraiment spécial en ce début de soirée bien aidé par une brise qui viens de l’Est. Hier Gégé et moi, sommes allés prendre de très gros mourons et gros bibis chez Philippe et cela devraient séduire tout ce qui bouge dans les eaux et là pas besoin de glacière ils sont au frais, je dirais même que si la température chute encore de peu il faudra les mettre dans la glacière pour ne pas qu’ils ne gèlent.

La première touche est pour moi, c’est une surprise car je viens juste d’envoyer. Puisse qu’il me prend plusieurs fois le frein c’est qu’il est sûrement piqué, un coup de ferrage et je remonte un très joli marbré qui a avalé un mouron de vingt centimètres en entier, impossible de lui sortir l’hameçon de la gorge sans dégâts, je coupe le fil…

Je dois attendre un peu avant de monter l’hameçon sur la ligne car le froid me prend les tripes, pourtant je suis lourdement habillé mais je dois marcher pour récupérer de la chaleur et faire circuler le sang jusque dans les doigts. Du café, voilà notre sauveur, ses volutes odorantes  qui serpentent sous nos narines nous font la promesse d’un réconfort important.

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Nous sommes tous bien surpris car il y a pas mal de jolies touches seulement les poissons ne sont pas énormes et ils avalent les 2/0 avec l’appât et c’est la deuxième blanquette d’un peu plus de  trois cent grammes qui en fait les frais. On se demande même comment elle ne sent pas le fer dans la gueule pavée car c’est un peu comme si on essayait d’avaler une côte d’agneau avec l’os, à un moment ou à un autre nous sentirions quelque chose de dur non ? Ben là non tout y passe jusqu’au fond de l’estomac, bon…Va comprendre Charles.

 

DSC01194 Le marbré suivant est bien plus gros, la touche est simple et bien caractéristique du groupe des pagels mais il n’a pas l’ombre d’une chance car mon matos est prévu pour plus gros et bien plus nerveux que lui. Il est dix heures du soir docteur et ce sera la fin des touches, la maigre marrée est au plus bas, la lune étincelante au plus haut et les poissons semblent avoir déserté les lieux.

Au départ nous voulions aller au Frioul pour chercher un nouveau coin mais il a pas mal neigé et sur du froid elle a dû geler par endroits. Il ne manquerais plus que de glisser de nuit au Frioul sur une plaque de verglas entre les roches et tomber dans l'eau ou se casser un os, c'est la mort assurée. Nous avons choisi d'être raisonnables même si nous savions d'avance que notre pêche ne serais pas la même...

 

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La dernière fois que nous sommes venu ici il faisait assez bon, j'avais profité du matin pour partager juste quelques instants à l'éveil des riverains qui s'animent joyeusement sur le port. Les odeurs de pain au chocolat bien croustillants qui sortent du four, les enseignes des commerces qui se parent de belles couleurs avec le soleil, un léger parfum de vacances flotte dans les airs, débarrassés enfin des touristes ce petit port pouvais enfin vivre de ses histoire et de ses certitudes. Ce matin il m'est difficile d'y revoir les mêmes images, la glace à repeint en blanc tous les véhicules, les commerces jadis joyeux sont enfermés dans une longue gestation. Les âmes qui faisaient vivre ce port gardent leurs rires pour l'instant bien au chaud pour qu'ils puissent durer tout l'été prochain. Nous sommes au début d'une année qui risque d'être longue, l'hiver sera interminable, nos coins de pêche ne seront pas tous disponibles l'été prochain.

 

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Roro, Greg, Gégé...

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