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SILVERPECHE.com

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LE BLOG DES SAISONS

Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #calmar

 

j0432544ssis confortablement sur une banc naturel au Bestouan, je regarde le soir tomber lentement, je fume tendrement ma cigarette qui absorbe sûrement tous mes petits ennuis quotidien. Vu qu'il ne fait pas encore bien nuit j'ai le temps de monter tranquille mes trois lignes qui vont aller chercher dans la mer de quoi nourrir mon corps de fortune et mon esprit en fusion. Mon esprit...qui peu à peu recommence sa marche lente vers l'intérieur, il fait bon, la mer est calme, mes doigts sentent bon la sardine fraîche, mes bouchons flottent... je suis déjà loin......

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Les temps changent...Avec le temps notre vie avance, notre jeunesse fout le camps, nos espoirs de fortune deviennent plus minces de jours en jours. Ceux qui étaient jeunes hier, comme nous, sont des adultes aujourd'hui et se font naturellement remplacer par de plus jeunes qui croient tout savoir eux aussi...Un garçon de vingt cinq ans dans cinq aura trente ans et découvrira avec froideur que les minos de vingt l'on déjà remplacé, qu'il n'est plus vraiment dans la vague, que la musique devient de plus en plus nulle et que tout ce qu'il a brûlé de vie le place lentement sur le banc de touche car la société d'obsolescence ne compte plus sur lui que financièrement.

Heureusement qu'avec le temps on saisi mieux la réalité des choses, on prends conscience de sa propre mort et de tout se qui reste à construire pour ne pas partir vers l'au delà comme un inconnu. On arrive à cerner les gens sans qu'ils s'en rendent compte, les imbéciles deviennent des souvenirs, les gens sans importance prennent de la valeur et au fil des mois on cherche  à retrouver ses racines dans le passé. On se débarrasse de sa juvénilité (pas tous dommage) pour enfin penser à autre chose de plus subtil pour aller rejoindre un jour le rang qu'occupaient nos parents à nos ages...J'ai en mémoire une phrase que mon père me lançait souvent quand nous partions pêcher:

- Regarde le bleu de la mer fiston, observe le mouvement des vagues, imagine les poissons qui y vivent, ne t'impose pas de limite.

Penché à côté de moi, sa main gauche sur mon épaule pour me stopper quelques instants, son bras droit tendus devant nous décrivait des demis arcs de cercles latéraux qui imitait dans son esprit le flux et le reflux des maigres marées de nos calanques Marseillaises, ses doigts pointaient ça et là quelques tâches de sable ou de roche censé abriter un gros pagre ou un denti affamé en planque, enfin dans l'absolu disait t'il... Bizarrement, il y a beaucoup de choses qui me reviennent avec le temps, la pêche n'était pas une activité facilepour un gosse, nous nous levions très tôt pour marcher au petit matin frais les yeux piquants de fatigue, tout n'était pas accessible comme ce merveilleux daïwa couleur or et  il y a avait aussi une tonne de recommandations donnée par la maman appliquées à la lettre.

La maman...son métier c'est cuisinière. Elle a commencé à travailler à 14 ans au café du commerce à AUBAGNE juste après la guerre, placée comme bonne à tout faire par ses parents elle a rapidement été intégrée dans l'équipe de cuisine car la mère fouettard qui était le propriétaire avait l'oeil pour dénicher ses talents. Et du talent en cuisine elle en avait à revendre, elle avait une énergie incroyable qui ravissait au plus haut point la "folcoche" qui lui servais de patron, mais elle a pu apprendre à faire de la vrai cuisine Provençale avec des virtuoses de l'époque et tout naturellement la mer y tient encore une place majeure. Elle savais tout de la chair des poissons, des cuissons, des aromates, des associations possibles, d'ailleurs aux repas de famille la bouillabaisse prenait une dimension extraordinaire mais cela créait sournoisement un petit malaise dans les rangs parentaux. Imaginez vous une longue tablée bruyante au cabanon à l'abri d'un gros pin, l'apéritif coule à flot, les galéjades fuses, les rituelles cigales en fonds de musique, mélangé de grouillants de cris de joie, les enfants qui tournent autour des arbres en habits du dimanche n'écoutant plus les recommandations des parents agacés. Mes colosses d'oncles qui sont de fiers et imposants chasseurs exubérants, mon maigre père un pauvre pêcheur timide et tous parlent avec fougue de leurs trophées essayant au mieux d'échafauder une histoire rocambolesque pour mieux capter l'attention de l'assemblée bruyante à souhait. Seulement voilà, les poisson qui cuisent dans la marmite ne viennent pas des lignes de mon tendre papa et pour cause... pagre, rougets grondin, congre, vives et tous les poissons nobles vivant dans nos eaux sacrées semblent vouloir fuir le maigre palmarès de mon rougissime père poussé à bout de nerf par ses beaux frères! Ils le savait bien et se jouaient de la sensibilité nerveuse de mon papa pour faire monter d'un cran la pression pour au final pouvoir en rire bien aidé par ce fameux petits rosé fruité bien glacé venant de puyloubier en petits tonneaux...

-Mais les choses doivent changer c'est décidé !!!!

Lança mon père énervé de se sentir toujours comme un misérable dans sa passion, quitte à faire un scandale mais mon père ne veut plus avoir du matériel de débutant ! Il veut le même moulinet étincelant que dans la vitrine du magasin et la canne en bambou refendu aussi...

Voilà une déclaration officielle lancée à table et finalisé par sa serviette de table lancée énergiquement dans la précieuse assiette à soupe en grès de Gien faisant par maladresse se renverser sur la nappe blanche un verre rempli de vin rosé perlé de fraîcheur faisant encore plus rire l'assemblée familiale bruyante. Moi je regardais mon père interrogatif, les yeux au raz de la table je ne savais pas trop si il fallait en rire ou en être inquiet mais je compris très jeune que les choses et les gens ne pouvait éternellement se côtoyer.

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Mais le temps de l'enfance est fini, j'ai définitivement pris la place de mes parents disparus depuis longtemps, ils ont emporté avec eux dans les couloirs de la mort toute leur vie, leurs sentiments, me laissant à mon tour le soin de transmettre tout ce que j'ai appris avec eux.

Mais pour l'heure je suis confortablement assis sur une pierre encore chaude de la journée à l'entrée du port de Cassis, tout semble parfait pour une bonne petite partie de pêche au calmar et elle commence par la traque de mon appâts favori...la bogue. La chose est assez aisée quand on sait y faire un peu, pour ma part je combine une ancienne technique qui fait toujours mouche quand rien ne marche de trop. Je fait le montage du bouchon coulissant avec deux mètres de fond , je met ma calamarette avec une sardine dessus et je laisse pendre sur le côté deux hameçons sur le fil avec deux petits bouts de chair de sardine et ça normalement c'est le meilleurs piège à poissons. D'ailleurs avec par le passé j'ai pu prendre des sars, des saurels, des oblades, des bogues bien sûr, quelques mulets et un beau loup...mais pas calmars, bon...Il n'y a pas de vent mais le courant emporte le montage assez loin ce qui rend difficile la lecture du bouchon, mais comme prévu une grosse bogue va se laisser avoir. Comme prévu aussi il ne reste qu'une infime partie de la sardine sur la calamarette et du coup je la remplace par la bogue bien fraîche.

Quand on veut bien regarder un peu on peut voir pas mal de choses, sous l'eau ou sur terre les choses bougent sans cesse. Mais ce soir il y a beaucoup de monde qui pêche, il y a même un braconnier qui fait de la chasse sous marine avec une puissante torche dans l'entrée du port, des gars qui s'insultent au loin sous le phare, des gars qui arrivent pour pêcher puis qui repartent, des crissements de pneus à la sortie du parking, de la musique facile qui résonne dans Cassis. Ha la la, que je suis loin de tout ce que j'aime...Mes calanques m'offrent tout le réconfort dont j'ai besoin, je sais c'est loin, c'est compliqué physiquement mais quelle solitude, les poissons ne sont pas les mêmes non plus.

DSC03488Au centre la tâche bleu c'est le plongeur, gonflé non ?

Malheureusement ici c'est un peu tout ou rien et là ce soir c'est manifestement pas grand chose quand... Tzzouinnnggggggggggggg !!!!!! Le moulinet hurle la marseillaise et ré majeur!!!! Par dépit de ne rien prendre j'ai positionné un montage crabe à ma gauche et comme toujours, quand tu met un truc à l'arrachée dans un recoin impossible il se passe toujours quelques chose. Ce quelque chose c'est un sar pas vilain qui frise les hui cent mais d'un coup...je suis monté hyper-super-méga très fin et le bougre n'a pas dis encore sa prière, il me fait une misère digne d'un pagre qui me plonge dans le plus profond doute et je n'ai pas le choix que de la laisser assez libre pour qu'il ne ma casse pas le montage entier. Hé puis finalement tout se passe à peu près bien il se laisse faire, il va monter sans encombre jusqu' à moi. il est magnifique, il est tout déployé je vais me régaler quand, dans le coin de mon esprit je me remémore la vidéo de Mon copain Pescador 13 qui remet une grosse daurade à l'eau dans la joie et la bonne humeur. Je me dis que là mon sar ne fait pas le poids mais je vais suivre son exemple et remettre à l'eau ce beau sparidé qui pourtant aurait été parfait en filet arrosé d'un jus de citron pressé. Snif, il est bien piqué juste au bord des lèvres, pas moyen de trouver une raison de le garder, bon allé je me lance, mais où est mon appareil photo ? merde il a la batterie vide, mais par chance j'ai mon portable ça va être un peu juste mais ça devrait faire,clic,clic ,clic, ou putain c'est pas du David Hamilton mais bon ça ira. Par contre je n'ai pas eu le plaisir de le voir partir et de me dire merci car dès qu'il a touché l'eau il a disparu dans un éclat d'eau à la manière d'une fusée. Bon du coup c'est moi qui lui dis à la prochaine.

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  Mais dans le truc le bouchon qui est plus loin est à plat...Yahouuuuuuuu, je vais prendre mon premier calmar ? Hoooooo oui je le sent qui est bien lourd sur la bogue et il monte sans difficulté, il lâche, reprends, reprends...hou lalala ça va pas être du gâteau !!! J'éclaire les 90 lumens de la frontale pour voir de loin un beau spécimen qui suit de près la bogue, il avance, recule mais comment veux-tu que je...? Au raz des roches il lance une tenta-cule et se pique sur un des hameçons, il fuse à toute vitesse et se décroche avant même que je puisse réagir, grrrrrr, il ne reviendra pas.

il est deux heures du mat, après avoir vu un plongeurs qui braconne dans l'entrée du port, des pêcheurs déçus de ne pas eu leur place, des comètes qui passent dans le ciel, des mecs qui se sont insultés comme des cons je plie boutique. Entre les roches il y a de tout, des canettes, des boites , des capotes, des kilomètres de fil, des boites de mourons ou crevettes, des merdes laissées par des pêcheurs de merde et des pédés venus se fourrer. A une époque bénie tout était si simple, le respect de la nature ( mis à part les pêcheurs au filet) avait une dimension, laisser propre pour y revenir toujours. Toute ces choses qui m'ont rendu heureux sont l'héritage direct de ce que m'ont appris mes parents, le respect, la foi en l'amitié et transmettre tout son être à ses enfants. L'argent tue tout, le pouvoir est un venin qui contamine la planète car en réalité le bonheur...c'est d'être heureux.

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