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SILVERPECHE.com

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LE BLOG DES SAISONS

Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Voilà ce que j'aime, être dans le noir avec les écureuils devant moi.

Voilà ce que j'aime, être dans le noir avec les écureuils devant moi.

Dans une saison complète de pêche le pratiquant régulier se demande toujours quelle est le moment où la météo va être la plus pourrie de l'année, en gros la question est à quel moment on va s'en prendre plein la poire pour parler en toute franchise. En principe, nous nous attendons tous à ce que vers la mi Août les choses se gâtent et que tous nos espoirs de belles captures dégringolent aussi vite qu'ils ont été échafaudés. La cause d'une telle déconvenue est souvent lié à la météo qui annonce une refonte complète des températures mais pas que. Nous savons tous que les belle daurades sont beaucoup plus présentent tout au long du littoral car elles sont plus actives à la recherche de nourriture, les espèces de toutes écailles confondues se dépêchent de faire ripaille pour faire la graisse.

là nous sommes déjà en Automne et j'ai envie de dire que la moutarde comme à me monter au nez. Je veux bien qu'il y ai des changements dus au réchauffement climatique mais cela n'arrange pas du tout mes affaires. Globalement nous avons très peu de jours exploitables dans une année, le reste du temps c'est des jours de semaine ou des moments sans intérêt pour la pêche. Du coup, si on compte le nombre de fins de semaine qui restent où il serai possible de se rendre convenablement au bord de l'eau et bien ça ne fait pas lourd. En cette saison il y a beaucoup de vent, il pleut souvent, rien ne nous est épargné. Dans ces conditions il est bien difficile de programmer une sortie de pêche et de sentir à nouveau de doux parfum de l'aventure. Pourtant j'ai encore dans les yeux ces belles images d'une grosse daurade qui remonte à la surface sous la lumière de la frontale après un beau combat, je doit dire même que c'est ce qui me pousse à revenir encore et encore sur mes postes lointains. Malheureusement l'esprit ne se suffit pas d'avoir accompli de tels succès, il en réclame encore et toujours comme si avec le temps tout devenait obsolète.

C'est l'automne.

Pour être vraiment sincère, la pêche qui me tient le plus à cœur c'est la capture du calmar. J'aime bien pêcher la daurade, le pagre, les poissons de roche et à peut près tout ce qui traîne sous l'eau seulement voilà. Cela ne va pas autant farfouiller dans ma satisfaction que de sentir ce fameux au gros céphalopode au bout de ma ligne. De plus j'ai à ma disposition les innombrables montages que nous a fabriqué Allainpaddy, j'ai de quoi pêcher en léger ou en médium et en lourd selon la météo ou la taille du poisson mis au bout. D'ailleurs j'ai à peu près tout abandonné de ce que j'ai pu fabriqué tant ce qu'il nous a imaginé me convient. En vérité ce qui me tracasse le plus c'est qu'il y a de moins en moins de calmars qui approchent des côtes. Toutes techniques confondues les prises globales ne sont aussi réjouissantes que par le passé, d'ailleurs vu que la saison a doucement commencée on va faire ensemble le constat des lieux.

C'est l'automne.

Ceux qui ont lu les lignes de ce blog depuis sont commencement savent à quel point l'attrait de cette espèce nous prends les tripes. D'ailleurs en plein hiver ceux pouvaient arriver à Cassis avant 17 heures et s'installer pouvaient rigoler de voir ceux qui arrivaient un poil trop tard et de ne pas trouver une place. On pouvait voir des centaines de bouchons lumineux briller sur la surface de l'eau et autant traverser le ciel. Combien de fois avons nous comparé cet étalage brillant à une piste atterrissage pour les avions tant les lignes droite lumineuses crées par les courants y faisait penser. A celui qui savait envoyer un peu plus loin que les autres et à se prendre pour un bon pêcheur, il y a en avait un peu pour tout le monde et rare sont ceux qui sont revenus la musette vide. Entre nous on a pesté des dizaines de fois de ne pouvoir se mettre là où on avait décidé mais une chose est sûre, nous avons toujours été heureux de voir autant de pratiquants s'arracher les nouilles à pêcher.

Mais peu à peu le calmar semble avoir déménager ailleurs, les prises se sont faite de plus en plus espacés jusqu'à devenir de plus en plus rare. Ce constat a pu se faire un peu de partout sauf peut être du côté de Port Grimaud et les marines de Gogolin car Il semble qu'ils sont moins dérangés là bas. Malheureusement cette pêche se pratique aussi en bateau et bon nombre de plaisanciers ne s'éloignent pas des berges traînent les leurres et prennent les lignes de ceux qui pêchent au bord. Cela crée des tensions et les insultes fusent, voilà un contexte qui ne me plaît guère...

Mais pour moi la pêche au calmar deviens un vrai casse tête, où trouver ces précieux animaux ? J'ai passé de long moment à essayer de trouver les bogues ou les oblades qui représentent une indication de choix dans la présence des calmars. Encore un détail qui a presque disparu de long des côtes, mais où sont passé ces poissons ? Au début de ma carrière de pêcheur il était impossible de pêcher le calmar à la sardine car il ne fallait pas moins d'une poignée de secondes pour qu'elle se fasse littéralement dépouiller sur la calamarette! En comparaison à aujourd'hui où elle peut passer plusieurs heures dans l'eau sans encombre, je ne me fait que bien peut d'illusions sur la présence d'un éventuel céphalopode. En même temps d'autres eux aussi en ont fait le constat et peu à peu, d'années en années, les lieux de gloire de Cassis ses ont transformés en déserts. De toute façon il n'y a pas besoin d'être un grand technicien pour comprendre que les filets qui font la haie d'honneur de la sortie de Port Miou jusqu'en direction de l'entrée du port de Cassis, qui croise des Lombards, la plage de larène jusqu'au Cap Canaille, ne laisse passer que l'eau de mer. Il faut bien comprendre qu'un filet posé toute l'année tout le long de la côte empêche les poissons de circuler, les pêcheurs de loisirs ne font plus rien c'est mathématique.

Cassis en Hiver 2014.

Cassis en Hiver 2014.

Mais pour ce soir je suis dans un contexte Marseillais bien particulier qui m'est familier. De la sortie du port des Goudes jusqu'au fin fond des calanques les lieux sont truffés de filets. Les pros sont de retour et j'imagine bien le pourquoi d'un tel déferlement de mailles. Si vous n'avez pas idée de la raison on va vous la donner, les daurades sont en reproduction et les petits sujets frayent au bord, voilà. Donc il y a une armée de poseurs de filets qui en profitent et qui une fois de plus vont aller racler la moindre miette qui reste. Déjà à l'époque le commandant COUSTEAU (1965) mettait en garde l'opinion sur le libre choix laissé à la profession de la gestion des stocks marins, l'absence de contrôle de la taille des mailles finissent par capturer, d'éradiquer, le moindre poisson.

Le résultat c'est que je suis bien emmerdé car j'ai quelques bibis surgelés et quelques sardines et si il n'y a pas de calmars ça risque d'être léger en captures pour moi. Mais ce qui va être sympa par contre c'est la météo qui est particulièrement bonne ce soir. Il n'y a pas de vent, il fait relativement bon et, ho détail somptueux, les moustiques ont disparus !!! A la tombée de la nuit  il est temps pour moi de faire tous les montages et de tout envoyer sans trop perdre de temps car on le sait bien, à peine tourné le dos le soleil qui s'éclipse en profite pour plonger le monde dans le noir.

C'est l'automne.

Ce qui a de bien avec la sardine c'est qu'on est immédiatement au courant des poissons fourrage qui hante les eaux. De nuit avec un bouchon lumineux c'est flagrant, même de très loin on arrive à voir la touche et juger de la bonne technique à adopter. Mais pour ce soir c'est pas la folie sous la surface car ma superbe sardine va balayer l'ensemble de la baie qui s'étale devant moi sans trouver le moindre poisson. Remarque vu les nombre de filets qui traînent je m'y attendait un peu mais pas à ce point, cela veut dire qu'ils sont assez haut laissant les bateaux passer mais pas plus.  Le problème c'est que ce genre de pratique élimine tout une chaîne qui est bien fragile face à des mailles qui sont là pour tout prendre. Je ne salue pas ces pêcheurs qui sous le couver de leurs économies raclent, pillent, aspirent le moindre euros qui pourrait venir des poissons, quitte à rendre la mer stérile en utilisant des centaines de mètres de filets aux lieux stratégiques.

Pour me faire un bonne idée de la situation j'ai repéré où est placé le filet devant moi. Il est à cinquante mètre cela ne sera pas difficile d'envoyer avant ou après et de sentir si il y a de la vie dessous. Je décide de mettre mon appât dans le sens du courant et de voir ce qui se passe. Rapidement j'ai mon renseignement, les touches sont sincères et je ne tarde pas à faire ma première prise. En fait devant ces filets les blanquettes de trois cent grammes attendent que le groupe se déplace, elles sont peu mobiles car c'est la saison des amours. Je viens d'en prendre une qui a tout avalé et qui n'a pas du tout la taille que je souhaite.

Vu qu'il n'y a pas de calmars et que les blanquettes sont toutes petites je remballe ce n'est pas le bon soir pour pêcher. Dans ce coin il y avait des montagnes de marbrés et a ce jour il n'y en a plus. IL y avait beaucoup de bogues ou d'oblades et à ce jour il est extrêmement difficile de les trouver et les calmars ne trouvent pas de quoi se nourrir. Il y avait de belles daurades, des sars, de beaux pageots mais à ce jour leur capture est très compromise. A mon sens la météo est un facteur qui peut troubler une soirée de pêche et tout est dans l'ordre des choses. Mais ce qui change profondément les lieux c'est que le poisson est capturé dans les filets dès sa naissance. Rapidement les coins se vident à faire disparaître des espèces sédentaires  et celles moins enracinées. D'ailleurs vous avez remarqué qu'il n'y a pas encore beaucoup de Mérous sous les eaux ?  Cela veut dire qu'ils sont capturés mais on en parle pas.

C'est l'automne.

Pour le coup je suis dégoutté d'avoir capturé cette jolie blanquette, même si je sait qu'elle aura une bonne cliente à la maison, cela ne m'empêche pas de regretter sa prise. En toute franchise je vais laisser tomber la pêche de ce poisson pendant quelques semaines histoire de ne pas participer moi aussi à sa disparition. D'ici début décembre le bal amoureux de cette espèce aura pris fin et je pourrai à nouveau me consacrer à elle si je puis dire... Les affaires sont une nouvelle fois remballées dans le sac, les cannes à pêches attachées ensembles et je vais bien faire attention à ne rien laisser derrière moi. Mais la nuit est calme et je rechigne franchement à quitter les lieux, à vrai dire il n'est pas trop tard et un peu d'observation dans le noir complet me fera du bien.

Tout est bien tranquille, la cigarette roulée qui fume doucement au gré du vent m'aide à me poser un peu. Rapidement les yeux s'habituent à l'obscurité et il n'est plus nécessaire de s'aider de la lampe frontale même pour marcher sur le chemin. Il suffit qu'une lune timide éclaire légèrement les roches très blanches pour que la progression soit évidente et que l'on trouve facilement son chemin. D'ailleurs tout deviens très fantasque car les ombres sur le sentier prennent vie, les bruits sont biens mieux analysés car l'ouïe deviens aussi importante que la vue. Il est si plaisant d'être invisible, tout son environnement prends une importance réelle, les lumières de la route ressemblent à une longue guirlande de noël, la chape de la brume légère qui s'échappe de l'eau près de l'ile, force un petit sourire en coin. 

C'est l'automne.

Commenter cet article

Shana 31/05/2020 20:49

J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo) Au plaisir.

Shana 31/05/2020 20:49

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