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SILVERPECHE.com

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LE BLOG DES SAISONS

Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #Poissons
Les daurades de printemps.

Je décolle de la maison ce mercredi soir pour une partie de pêche, l'appel des calanques résonne. J'ai avec  moi quatre appâts en poche et bien peu de matériel tout simplement parce que fond de ma caboche il s'est allumé une ampoule. Nous connaissons tous bien cette petite lumière qui peut s'éclairer à n'importe quel moment de la journée. c'est comme une idée qui devient une évidence et qui nous prends les tripes quitte à faire l'impossible. Hé bien voilà, sans trop combattre le concept je suis sur le chemin des calanques pour énième fois car la passion de la mer à pris les commandes de mon esprit rempli d'opportunisme. J'ai des bibis surgelés et des petits calmars mais je passe chez CABESTO pour compléter le tableau des friandises car cela me permet surtout de voir mon copain Antho. Mais à cette heure tardive je sait bien que rien ne sera pas simple car pour ajouter à cela j'ai une envie folle d'investir un coin où je me me sent chez moi. Dans la nuit je vais aller chercher avec ma puissante lampe frontale un semblant de plat d'où mes pauvres lignes vont être tendues et une place pour étaler mes maigres boites d'accessoires. L'habitude fait qu'en un coup d’œil le choix d'envoyer son appât est une évidence, peu à peu si une direction ne donne rien, le pêcheur a la possibilité de dévier de quelques degrés la direction du lancé, de raccourcir la distance ou de la rallonger pour trouver l'emplacement du poisson. c'est un peu pour ce la que j'ai choisi ce coin car je sais où il faut envoyer sans perdre de temps. En tout cas il ne sert à rien de poser son appât au fond de l'eau et laisser la ligne pêcher toute seule car cela ne fonctionne pas. Pour être efficace à coup sûr il faut tout essayer quitte à changer régulièrement de montage et surtout vérifier très régulièrement ses lignes. L'appât peut être caché sous des algues ou rongé par les indésirables sans que nous ne nous soyons aperçu de rien, il peut être abîmé par un lancé appuyé comme cela arrive souvent d'ailleurs.

Les daurades de printemps.

Pour ma part j'ai vite retrouvé mes repères, les cailloux pelés comme des crânes d’œufs m'offrent une vraie possibilité d'être assez confortablement installé. Par contre même si je doit jongler avec les pieds pour évoluer entre les cannes, il y a des milliers de trous qui calibrent leur angle d'inclinaison et rien que ça c'est déjà pas mal. Une fois les lignes montées je doit m'attaquer à mes appâts. Pour ce soir j'ai choisi des bibis surgelés et des frais de belle taille qui débordent de jus et quelques petits calmars à peine décongelés. Pour renforcer l'aspect naturel des petits calmars j'enfonce dans le tube un petit bout de liège que je découpe dans un bouchon de vin. Pour que le liège ne sorte pas je ferme le tout petit tube avec du fil à ligaturer qui au passage emprisonne l'air aussi. cela permet de décoller considérablement le petit céphalopode du fond du coup, il est visible s'assez loin et avec le déplacement des eaux de fond je peut considérer qu'il est mobile tout en restant calé à la profondeur voulue. J'ai beaucoup d'espoir car il m'est souvent arrivé d'avoir de belles surprises avec cet appât tant sa chair est universelle sous les eaux. Par contre, et si je puis dire malheureusement, je ne doit pas monter mon bas de ligne au delà du 22 centièmes, la raison vient sûrement de la limpidité de la mer. Nous avons testé tous les montages possibles et même avec les meilleurs appâts, dès que le fil est trop gros il n'y a plus aucune touches. A l'inverse, avec du 18 ou du 16 centièmes le fond marin s'illumine, les touches sont nombreuses et les casses sont légion, mais qu'importe, régulièrement la dextérité du pêcheur l'emporte sur le combat du poisson.

Vu que la nuit totale est proche je ne doit pas perdre trop de temps au montage du matériel embarqué. En fait je pouffe de rire tellement je n'ai que quelques bricoles dans la musette, fini les lourds sacs de matos qui ne servent jamais et les maux de dos le lendemain. Là j'ai six plombs de cent grammes, deux boites d'hameçons, quelques grosses perles moles, une dizaines de rollings, du fil entre 18 et 30 centième plus les arrachés et trois ou quatre aiguilles. la pêche devient tellement plus simple quand on est pas attiré à la dernière minute par un montage improbable qui a plus de chance de faire fuir le poisson qu'autre chose. Tout est clair dans la ligne car il n'y a rien qui peut indiquer à un poisson qu'il va se faire avoir.

Voilà tout est prêt et je peut envoyer ma première ligne au plus loin. Tient un truc qui m'est personnel, ordinairement le doigt qui coince le fil avant le lancé est l'index, c'est un doigt solide qui a une bonne réserve de puissance. Pour ma part je n'ai jamais pu utiliser ce doigt pour lancer ma ligne car un accident de moto dans ma jeunesse me l'a rendu quasi inflexible. Du coup le fil est tenu à l'extrême bord du majeur faisant croire à celui qui regarde que je fait un doigt d'honneur.

Dans un sifflement strident le plomb va aller loin, le fil se dévide hors du moulinet jusqu'à ce que le lest se pose sur le fond, là je tend la ligne et j'accroche mon écureuil lumineux sur le fil de la canne. Je me tourne et je passe au montage de la deuxième ligne, je fait quelques pas vers mon matériel tout en sifflotant mais un bruit suspect je signale qu'il s'est passé un truc dans mon dos. Je me retourne et effectivement l'écureuil est couché sur le sol mais il remonte à la vitesse de la lumière vers le blank et se colle à l'anneau! Bien que je suis réjoui d'une telle situation j'espère quand même que ma pêche ne vas pas se jouer dans les premières minutes de la soirée. Vous savez bien que si c'était le cas je rechignerait à rester car il n'est pas question pour moi de vider la mer. Pourtant elle est bien là ma chance car au ferrage je comprends immédiatement que j'ai envoyé sur le nez d'une très belle daurade, vu sa défense je vais salement en baver pour la remonter jusqu'à la surface. Mais contre toute attente elle remonte assez bien malgré de bon pliage de canne qui me fait serrer les fesses. La bougresse me fait au dernier moment un spécial rodéo, mais il ne faudra que quelques minutes pour la mettre ( difficilement) dans mon salabre. Par contre si je fait une prise plus grosse ça risque de se transformer en véritable enfer !

Les daurades de printemps.
Les daurades de printemps.

Rapidement je comprends que ce soir il va y avoir du sport sur les roches des calanques. En fait les petits calmars se font littéralement fusiller par la petite faune qui traîne ici ce soir, l'écureuil tape régulièrement contre la canne sans que le poisson se pique pour autant. Même si je réjoui d'un tel succès je commence à être un peu irrité de faire le montage de l'appât à peine à t'il touché le fond,  Plusieurs fois même j'ai compris que l'hameçon avait été vidé en quelques secondes sur des tapes très sèches et bien lourdes façon sars de 300 grammes. Bon allé je vais permuter le bibi et le calmar car il ne me reste plus que quelques céphalopodes dans la boite contrairement aux bibis frais et surgelés.

l'attente est un peu longue soudainement, les touches sont sporadiques en l'espace d'une demi heure pour une raison que je peut deviner. Il est à approximativement 20 heures et dans ce coin c'est pile l'heure où les petites merdouilles cèdent la place aux sujets bien plus gros, avec un peu de chance ce sera autre chose que des daurades. Oui les espèces de poissons ne se mélangent pas toujours avec bonheur quand l'heure du repas à sonné. Ici les heures sont bien marquées à cette saison printanière, au coucher du soir il y a tous les indésirables de la création qui vadrouillent autour des appâts, mais dès que la soirée commence à s'approfondir les choses changent. S'en suit une énorme trou dans les touches qui peut durer parfois toute la nuit mais, très souvent, la pêche à été conclue à ces moments bénis...bien que là c'est déjà bien.

Le temps qui court n'est pas mon meilleurs ami quand on parle pêche et qu'on travaille le lendemain. Autant au travail je peux égrainer les quart d'heure à la perfection, autant à la pêche on dirai que les minutes glissent sur un toboggan bien savonné ! Il est neuf heures passés et plus la moindre touche à l'horizon malgré une surveillance militaire, il est temps pour moi de forcer la porte de la chance...

Sans sourciller je déballe deux mètres de 16 centième fluorocarbone YUKI invisible sur un hameçon de 1 à hampe longue et je diminue considérablement le poids du plomb qui passe de 100 grammes à 80 grammes. L'appât va être un des derniers petits calmars qui me reste que je vais monter avec justesse avec un fil à ligaturer le plus fin que j'ai pour masquer tout encombre à l'apparence de vie. dans un jet vif mais sans brutalité l'appât va aller toucher l'eau assez loin dans le sable, le fil sera tendu mais tout en restant très libre, l'écureuil sera débarrassé de tout poids et ne vas pas peser plus lourd qu'un bonbon. Rapidement cette technique va aller trouver une deuxième belle blanquette qui a englouti l'appât sans rien voir, tous les rêves sont permis car l'astuce de ce soir semble se dessiner.

Je ne sait pas au juste si c'est le fait du hasard ou si c'est ma technique qui fait mouche mais là, l'écureuil extra lumineux devant moi viens de s'envoler dans les airs dans une courbe magnifique ! Ce poisson ne sait pas à quel point il me libère d'un truc qui faisait un peu de bruit dans mon courage, ma crainte s'envole, reste maintenant de savoir où j'en suis avec ce poisson. Je tend la ligne lentement et je sent que le plomb ripe par petites saccades sur le fond sableux, tout semble en suspens comme si la terre venait de se mettre en pause...Je hoche de la tête plusieurs fois à la filée car rien ne m'indique que j'ai quelque chose au bout du fil. Par précaution je repose la canne tout en prenant soins de na pas tirer sur le plomb tout en laissant le fil mou car ici je peut me le permettre. Je sent les battements de mon cœur qui pilonnent la poitrine, le rythme cardiaque n'est pas rapide mais il est puissant preuve d'une intense émotion. Heureusement l'attente ne vas pas durer car le témoin se met à trembler vigoureusement et dans un bouquet final va aller s'écraser en deux temps contre le blank de la canne ! Moi qui était en train de me rouler une cigarette, je suis contraint de tout envoyer balader au fond du paquet de tabac afin de ne pas perdre de temps. Il ne faut pas perdre de vue que le ferrage doit être cousu d'amour et la remontée du poisson en papier peint tout rose, on doit voir des petits cœurs qui sortent du moulinet si je ne veut pas casser le 16 centième ! le ferrage tout en douceur se passe bien et le poisson est bien au bout, bon, jusque là tout vas plutôt bien. La remontée tout en dentelle laisse le temps à la daurade de s'exprimer au delà de ce je veux, ses rushs frisent la casse du fil et c'est à cet instant que je m’engage dans une longue et pénible remontée...

On peux facilement reconnaître le poisson qui est au bout dès l'instant qu'il est de bonne taille et qu'il a du champs de libre autour. Ce poisson ne semble gros à proprement parler mais il est très vif, les coups de tête sont facilement déchiffrables, ils me remplissent de joie car je peut décortiquer tout ce que j'ai appris à l'école des calanques. Le côté accroche au fond de l'eau est à éliminer des possibilités car tout est sableux, cela permet de donner du mou au poisson si la pression devient trop forte sans pour que cela devienne un obstacle. Non là mon vrai souci c'est la taille bas de ligne qui ne me permet pas de faire dans l'approximation, même à portée de salabre on a vu de belles casses au raz des pieds ! Je suis franchement concentré sur ma ligne mais mélangés dans les bruits usuels qui sont dans la nature même des calanques, une sorte de grincement attire mon oreille. Puis le doute vient égratigner mes yeux qui voient une boule jaune qui s'enfonce dans l'eau ? D'un coup le mécanisme se met en route pour trouver la cause d'une lumière surprenante au fin fond de nulle part. Tu parles c'est l'écureuil de mon autre canne qui est en train de s'enfoncer dans le noir des eaux, il a été tout simplement éjecté de du fil lors d'une touche que je n'ai même pas vue !

-" Qué misère..." me dis-je presque à haute voie... Je suis en dans une situation bien complexe car rien ne dis que je vais pouvoir gérer les deux prises vu que celle que j'ai en ligne suffit déjà à mobiliser tout mon espace. Tant pis je ne peut pas faire autrement de toute façon, je suis contraint de laisser l'autre canne aux quatre vents au risque que ma prise soit une énorme daurade et au cas où, je ne veut pas savoir, ou au contraire un sar de 200 grammes qui me donnerai raison. Le destin danse joyeusement sur mes épaules, il a trouvé la situation parfaite pour s'amuser avec moi, hou putain, respire Roro, respire...

Voilà mon poisson est à une vingtaine de mètres de la pellicule mais je ne peut pas encore le voir car il a sondé profondément et vu la configuration de l'endroit je ne pourrai le voir que lorsqu'il sera presque à la surface, rincé, vidé par son combat. A coups de pompages lents et de récupérations rapides entrecoupés de rushs délicats qui me fait perdre du terrain, le poisson fait enfin surface et là, j'ai la rétine qui prends feu ! C'est une daurade qui fait deux fois celle que je viens de capturer. Je prends l'épuisette et l'exercice consiste comme pour la dernière à lever un bras qui tient la canne et baisser l'autre bras avec le salabre et essayer au mieux dans une situation très acrobatique, d'envoyer d'un coup ce poisson au fond des mailles. Je vous laisse juge de la situation car tout cela doit se faire à genoux pour que l'épuisette puisse toucher l'eau, inutile de vous raconter ce que je suis en train de vivre. J'ai beau m'y reprendre à plusieurs fois elle plonge dès que l'épuisette touche l'eau et elle me prends quelques mètres de fil à chaque fois. Je suis obligé de me relever et de recommencer sa remontée. Malheureusement soudain elle en a dû en avoir marre et elle recrache l'appât comme on crache vulgairement un chewing-gum laissant toute la situation en plan... Elle s'enfonce doucement dans l'eau dans une ondulation merveilleuse jusqu'à disparaître complètement dans les rayons noirs de la mer. Et moi je suis là comme un con surpris par cette bestiole qui viens de se libérer de mon hameçon alors que j'avais fait d'autres projets pour elle. Je reste là quelques minutes les yeux dans l'eau à rembobiner le film qui viens de se dérouler et à imaginer une autre issue que celle qui viens de se produire, bon...

Ha tient je vais aller voir l'autre canne à pêche qui s'est tue soudain. Sans surprise il n'y a plus rien au bout qu'un bibi déchiqueté par des dents solides. En désespoir de cause je vais aller me consoler avec ma belle daurade que j'ai réussi à capturer et je vais faire avec elle quelques photos souvenirs. Ce qui me rend heureux c'est que sent bien que la saison est entamée, la vie a repris forme sous les eaux. Désormais il sera possible de faire régulièrement de belles prises à charge pour nous d'être toujours aussi discrets dans nos montages. Impossible de dire si un fil en 16 ou 18 centièmes peut faire autant la différence par rapport au 22 centièmes comme il l'a été le cas ce soir. Nous aurons toujours cette épée au dessus de la tête qui sera notre pire compagnon de fortune, nous perdrons encore de merveilleux poissons à cause de cette fragilité qui à l'inverse fait notre force. Oui le mer nous cache encore bien des surprises...

hé bien voilà c'est l'heure de rentrer je n'ai plus vraiment envie de rester je pense que j'ai pris mon lot de sensations pour un simple mercredi soir. Mes maigres affaires vont être rangées dans leurs boites, les cannes attachées et mes précieuses prise posées dans mon bac. Il ne me faudra qu'une poignée de minutes pour rejoindre la voiture qui est garée contre la barrière en haut, je vais laisser une nouvelle fois un petit morceau de mes histoires au creux de ces roches, d'ailleurs, en regardant du haut de la colline la mer qui s'étale jusqu'à un certain infini, je ne peut m'empêcher de penser que peut être un jour ces coins seront fermés à la pêche. Je vais même aller plus loin que ça, je pense que ce n'est q'une histoire de temps car nous savons tous à quel point ces lieux se transforment en décharge publique une fois la belle saison venue, cela donnera une excuse à l'administration des calanques pour déblayer les cons comme nous.

Roro.

Les daurades de printemps.

Commenter cet article

Danilo Ferreira Da Silva 31/05/2019 02:53

Super compte compte-rendu ! On y est plongé dedans

gabriel broussard gaby 01/04/2019 10:53

Bonjour de nice bravo pour le blog

gabriel broussard gaby 30/03/2019 09:35

Bonjour de nice bravo pour vos article et vos conseil merci

Clement 28/03/2019 18:48

Bien sympa de te lire Roro ! Bravo pour la dodo et ton récit, dommage pour sa maman décrochée, et j'espère à bientôt pour de nouvelles aventures ! ;)

RORO, GREG, MARCO, GEGE. 29/03/2019 18:50

Merci Clément, voilà la saison démarre doucement. Je vais avoir un peu plus de temps pour aller à la pêche, en début de saison je connait quelques coins qui donne bien, je vais aller vérifier tout cela. Bises !

alainpaddy 28/03/2019 18:40

super bravo pour ce compte rendu captivant !! et très heureux que tu te sois régalé !! tu vas faire des envieux !! Dommage pour celles qui n'ont pas voulues rentrer avec toi !! En attendant la photo de cette patate dans le plat !! Bises !!

RORO, GREG, MARCO, GEGE. 29/03/2019 18:56

Je suis content que cela t'ai plus, comme tu as pu le lire je suis passé à côté un sacré morceau, bon, c'est partie remise. On va essayer de montrer du beau poisson car je vais être un peu plus libre. Bisous Pad !

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