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SILVERPECHE.com

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LE BLOG DES SAISONS

Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Voilà ce que j'aime, être dans le noir avec les écureuils devant moi.

Voilà ce que j'aime, être dans le noir avec les écureuils devant moi.

Dans une saison complète de pêche le pratiquant régulier se demande toujours quelle est le moment où la météo va être la plus pourrie de l'année, en gros la question est à quel moment on va s'en prendre plein la poire pour parler en toute franchise. En principe, nous nous attendons tous à ce que vers la mi Août les choses se gâtent et que tous nos espoirs de belles captures dégringolent aussi vite qu'ils ont été échafaudés. La cause d'une telle déconvenue est souvent lié à la météo qui annonce une refonte complète des températures mais pas que. Nous savons tous que les belle daurades sont beaucoup plus présentent tout au long du littoral car elles sont plus actives à la recherche de nourriture, les espèces de toutes écailles confondues se dépêchent de faire ripaille pour faire la graisse.

là nous sommes déjà en Automne et j'ai envie de dire que la moutarde comme à me monter au nez. Je veux bien qu'il y ai des changements dus au réchauffement climatique mais cela n'arrange pas du tout mes affaires. Globalement nous avons très peu de jours exploitables dans une année, le reste du temps c'est des jours de semaine ou des moments sans intérêt pour la pêche. Du coup, si on compte le nombre de fins de semaine qui restent où il serai possible de se rendre convenablement au bord de l'eau et bien ça ne fait pas lourd. En cette saison il y a beaucoup de vent, il pleut souvent, rien ne nous est épargné. Dans ces conditions il est bien difficile de programmer une sortie de pêche et de sentir à nouveau de doux parfum de l'aventure. Pourtant j'ai encore dans les yeux ces belles images d'une grosse daurade qui remonte à la surface sous la lumière de la frontale après un beau combat, je doit dire même que c'est ce qui me pousse à revenir encore et encore sur mes postes lointains. Malheureusement l'esprit ne se suffit pas d'avoir accompli de tels succès, il en réclame encore et toujours comme si avec le temps tout devenait obsolète.

C'est l'automne.

Pour être vraiment sincère, la pêche qui me tient le plus à cœur c'est la capture du calmar. J'aime bien pêcher la daurade, le pagre, les poissons de roche et à peut près tout ce qui traîne sous l'eau seulement voilà. Cela ne va pas autant farfouiller dans ma satisfaction que de sentir ce fameux au gros céphalopode au bout de ma ligne. De plus j'ai à ma disposition les innombrables montages que nous a fabriqué Allainpaddy, j'ai de quoi pêcher en léger ou en médium et en lourd selon la météo ou la taille du poisson mis au bout. D'ailleurs j'ai à peu près tout abandonné de ce que j'ai pu fabriqué tant ce qu'il nous a imaginé me convient. En vérité ce qui me tracasse le plus c'est qu'il y a de moins en moins de calmars qui approchent des côtes. Toutes techniques confondues les prises globales ne sont aussi réjouissantes que par le passé, d'ailleurs vu que la saison a doucement commencée on va faire ensemble le constat des lieux.

C'est l'automne.

Ceux qui ont lu les lignes de ce blog depuis sont commencement savent à quel point l'attrait de cette espèce nous prends les tripes. D'ailleurs en plein hiver ceux pouvaient arriver à Cassis avant 17 heures et s'installer pouvaient rigoler de voir ceux qui arrivaient un poil trop tard et de ne pas trouver une place. On pouvait voir des centaines de bouchons lumineux briller sur la surface de l'eau et autant traverser le ciel. Combien de fois avons nous comparé cet étalage brillant à une piste atterrissage pour les avions tant les lignes droite lumineuses crées par les courants y faisait penser. A celui qui savait envoyer un peu plus loin que les autres et à se prendre pour un bon pêcheur, il y a en avait un peu pour tout le monde et rare sont ceux qui sont revenus la musette vide. Entre nous on a pesté des dizaines de fois de ne pouvoir se mettre là où on avait décidé mais une chose est sûre, nous avons toujours été heureux de voir autant de pratiquants s'arracher les nouilles à pêcher.

Mais peu à peu le calmar semble avoir déménager ailleurs, les prises se sont faite de plus en plus espacés jusqu'à devenir de plus en plus rare. Ce constat a pu se faire un peu de partout sauf peut être du côté de Port Grimaud et les marines de Gogolin car Il semble qu'ils sont moins dérangés là bas. Malheureusement cette pêche se pratique aussi en bateau et bon nombre de plaisanciers ne s'éloignent pas des berges traînent les leurres et prennent les lignes de ceux qui pêchent au bord. Cela crée des tensions et les insultes fusent, voilà un contexte qui ne me plaît guère...

Mais pour moi la pêche au calmar deviens un vrai casse tête, où trouver ces précieux animaux ? J'ai passé de long moment à essayer de trouver les bogues ou les oblades qui représentent une indication de choix dans la présence des calmars. Encore un détail qui a presque disparu de long des côtes, mais où sont passé ces poissons ? Au début de ma carrière de pêcheur il était impossible de pêcher le calmar à la sardine car il ne fallait pas moins d'une poignée de secondes pour qu'elle se fasse littéralement dépouiller sur la calamarette! En comparaison à aujourd'hui où elle peut passer plusieurs heures dans l'eau sans encombre, je ne me fait que bien peut d'illusions sur la présence d'un éventuel céphalopode. En même temps d'autres eux aussi en ont fait le constat et peu à peu, d'années en années, les lieux de gloire de Cassis ses ont transformés en déserts. De toute façon il n'y a pas besoin d'être un grand technicien pour comprendre que les filets qui font la haie d'honneur de la sortie de Port Miou jusqu'en direction de l'entrée du port de Cassis, qui croise des Lombards, la plage de larène jusqu'au Cap Canaille, ne laisse passer que l'eau de mer. Il faut bien comprendre qu'un filet posé toute l'année tout le long de la côte empêche les poissons de circuler, les pêcheurs de loisirs ne font plus rien c'est mathématique.

Cassis en Hiver 2014.

Cassis en Hiver 2014.

Mais pour ce soir je suis dans un contexte Marseillais bien particulier qui m'est familier. De la sortie du port des Goudes jusqu'au fin fond des calanques les lieux sont truffés de filets. Les pros sont de retour et j'imagine bien le pourquoi d'un tel déferlement de mailles. Si vous n'avez pas idée de la raison on va vous la donner, les daurades sont en reproduction et les petits sujets frayent au bord, voilà. Donc il y a une armée de poseurs de filets qui en profitent et qui une fois de plus vont aller racler la moindre miette qui reste. Déjà à l'époque le commandant COUSTEAU (1965) mettait en garde l'opinion sur le libre choix laissé à la profession de la gestion des stocks marins, l'absence de contrôle de la taille des mailles finissent par capturer, d'éradiquer, le moindre poisson.

Le résultat c'est que je suis bien emmerdé car j'ai quelques bibis surgelés et quelques sardines et si il n'y a pas de calmars ça risque d'être léger en captures pour moi. Mais ce qui va être sympa par contre c'est la météo qui est particulièrement bonne ce soir. Il n'y a pas de vent, il fait relativement bon et, ho détail somptueux, les moustiques ont disparus !!! A la tombée de la nuit  il est temps pour moi de faire tous les montages et de tout envoyer sans trop perdre de temps car on le sait bien, à peine tourné le dos le soleil qui s'éclipse en profite pour plonger le monde dans le noir.

C'est l'automne.

Ce qui a de bien avec la sardine c'est qu'on est immédiatement au courant des poissons fourrage qui hante les eaux. De nuit avec un bouchon lumineux c'est flagrant, même de très loin on arrive à voir la touche et juger de la bonne technique à adopter. Mais pour ce soir c'est pas la folie sous la surface car ma superbe sardine va balayer l'ensemble de la baie qui s'étale devant moi sans trouver le moindre poisson. Remarque vu les nombre de filets qui traînent je m'y attendait un peu mais pas à ce point, cela veut dire qu'ils sont assez haut laissant les bateaux passer mais pas plus.  Le problème c'est que ce genre de pratique élimine tout une chaîne qui est bien fragile face à des mailles qui sont là pour tout prendre. Je ne salue pas ces pêcheurs qui sous le couver de leurs économies raclent, pillent, aspirent le moindre euros qui pourrait venir des poissons, quitte à rendre la mer stérile en utilisant des centaines de mètres de filets aux lieux stratégiques.

Pour me faire un bonne idée de la situation j'ai repéré où est placé le filet devant moi. Il est à cinquante mètre cela ne sera pas difficile d'envoyer avant ou après et de sentir si il y a de la vie dessous. Je décide de mettre mon appât dans le sens du courant et de voir ce qui se passe. Rapidement j'ai mon renseignement, les touches sont sincères et je ne tarde pas à faire ma première prise. En fait devant ces filets les blanquettes de trois cent grammes attendent que le groupe se déplace, elles sont peu mobiles car c'est la saison des amours. Je viens d'en prendre une qui a tout avalé et qui n'a pas du tout la taille que je souhaite.

Vu qu'il n'y a pas de calmars et que les blanquettes sont toutes petites je remballe ce n'est pas le bon soir pour pêcher. Dans ce coin il y avait des montagnes de marbrés et a ce jour il n'y en a plus. IL y avait beaucoup de bogues ou d'oblades et à ce jour il est extrêmement difficile de les trouver et les calmars ne trouvent pas de quoi se nourrir. Il y avait de belles daurades, des sars, de beaux pageots mais à ce jour leur capture est très compromise. A mon sens la météo est un facteur qui peut troubler une soirée de pêche et tout est dans l'ordre des choses. Mais ce qui change profondément les lieux c'est que le poisson est capturé dans les filets dès sa naissance. Rapidement les coins se vident à faire disparaître des espèces sédentaires  et celles moins enracinées. D'ailleurs vous avez remarqué qu'il n'y a pas encore beaucoup de Mérous sous les eaux ?  Cela veut dire qu'ils sont capturés mais on en parle pas.

C'est l'automne.

Pour le coup je suis dégoutté d'avoir capturé cette jolie blanquette, même si je sait qu'elle aura une bonne cliente à la maison, cela ne m'empêche pas de regretter sa prise. En toute franchise je vais laisser tomber la pêche de ce poisson pendant quelques semaines histoire de ne pas participer moi aussi à sa disparition. D'ici début décembre le bal amoureux de cette espèce aura pris fin et je pourrai à nouveau me consacrer à elle si je puis dire... Les affaires sont une nouvelle fois remballées dans le sac, les cannes à pêches attachées ensembles et je vais bien faire attention à ne rien laisser derrière moi. Mais la nuit est calme et je rechigne franchement à quitter les lieux, à vrai dire il n'est pas trop tard et un peu d'observation dans le noir complet me fera du bien.

Tout est bien tranquille, la cigarette roulée qui fume doucement au gré du vent m'aide à me poser un peu. Rapidement les yeux s'habituent à l'obscurité et il n'est plus nécessaire de s'aider de la lampe frontale même pour marcher sur le chemin. Il suffit qu'une lune timide éclaire légèrement les roches très blanches pour que la progression soit évidente et que l'on trouve facilement son chemin. D'ailleurs tout deviens très fantasque car les ombres sur le sentier prennent vie, les bruits sont biens mieux analysés car l'ouïe deviens aussi importante que la vue. Il est si plaisant d'être invisible, tout son environnement prends une importance réelle, les lumières de la route ressemblent à une longue guirlande de noël, la chape de la brume légère qui s'échappe de l'eau près de l'ile, force un petit sourire en coin. 

C'est l'automne.

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Publié le par RORO, GREG, MARCO.
Publié dans : #Poissons, #pêche, #daurade, #calanques de marseille, #cordelles, #bibi
Le retour à la pêche.

Cela fait si longtemps que je ne suis pas allé à la pêche que l'idée même de prendre les affaires sur un coup de tête et partir comme un fada, commence à s'estomper peu à peu tellement ma vie à changée en une poignée d'années. Ceux qui suivent nos aventures depuis de nombreuses saisons ont pu vivre avec nous à travers la pêche en mer, les déboires et les réussites d'une bande jeunes aspirants au bonheur. Mais l'âge de raison qui approche à grands pas modifie sans retour la vision simpliste que j'avais de la pêche. Oui, là, le besoin de m'éloigner des concepts foireux de ceux qui se sont pris pour des créateurs de la pêche en mer, tous les spécialistes de la capture et j'en passe, me fatiguent au plus haut point. Le regard de la pêche à tellement changé dans l'oeil de l'avide prédateur en une dizaine d'années que de nos jours on à du mal à faire la différence entre plaisir de la mer et le devoir de porter une image par voie publicitaire.

Dans les lignes qui vont suivre  ja vais vous expliquer pourquoi je refuse qu'un appareil me dise où est le poisson, pourquoi je refuse qu'une marque de matériel me dicte ma façon de faire, pourquoi aujourd'hui je plébiscite tous ceux qui laissent le choix au pêcheur et ne leur impose pas leur philosophie. Ces gens là laissent sur le carreau ceux qui ont cru à leurs mensonges publicitaires...

Ma petite histoire commence ce mardi 9 Juillet par un passage rapide chez Cabesto car ils ont reçu des vers de sable. Vu que j'ai une envie furieuse de capturer des marbrés, je me dis que cet appât sera mon meilleurs copain . J'ai bien noté que la météo sera très favorable à la pêche du marbré car Météo France marine annonce des conditions propices à sa capture. Me voilà convaincu, je prends armes et baguages et me voilà dans la Gineste...

Sur la route le monde s'écoule dans mes veines, la joie d'en découdre une nouvelle fois avec la mer me procure une sensation de jeunesse incomparable. La rage de vivre m'envahi à l'approche de mon port de destination, mais sous une chaleur qui domine les âmes qui osent s'y aventurer j'entame mon long parcours...

Bon voilà tout se déroule comme je le souhaitait, je suis au beau milieu des calanques les pieds plantés dans le granit brulant, sous les cigales agrippées dans les branches des arbustes arides font un bordel qui pourrait couvrir le son d'un bon téléphone portable ! Le fond de l'air n'est pas du tout agréable car la chaleur a même envahi le moindre souffle de ma respiration. j'ai beau me cacher pour quelques instants sous les arbres qui s'inclinent sur le chemin rien n'y fait, il fait une chaleur de fada.

Peu à peu je progresse de criques en criques vers mon poste de destination, au bout du chemin ce bout de terre est là, je m'installe à l'abri du soleil. Les affaires sont toutes déployées comme si l'allait ouvrir un resto, j'ai beaucoup de temps devant moi pour faire les derniers choix. Volontairement je n'ai pas encore fait les montages ni les arrachés pour pouvoir m'adapter à la dernière minute selon la météo définitive.

Le retour à la pêche.

Malgré qu'il fasse encore bien jour je vais envoyer une canne à l'eau pour passer les temps et puis après tout on peut rêver un peu. Pendant que je peaufine la deuxième canne je ne peut m'abstenir de remarquer le nombre d'embarcation qui traverse la baie en ce Mardi soir. Rien de bien inquiétant mais tout de même on est pas à l'abri d'un pro qui pourrai venir poser des filets car ça nous est déjà arrivés, les gars te plantent un filet à dix mètres des cannes.

L'attente ne vas pas durer bien longtemps pour la première touche, l'écureuil assez lourdement chargé en plomb va frétiller comme un beau diable. Mais je n'arrive pas à déchiffrer ce type de touche sous un vent d'Ouest puissant, il fait siffler les fils et empêche d'être précis. Pour le fun je vais vérifier pour voir. Ici pas de ferrages appuyés car je suis en 16 centièmes où est accroché un hameçon de 6 fin de fer. Voilà un montage obligatoire car passer une cordelle sur un montage plus gros relève du défi. Bon, à la remontée rien de bien lourd malgré que je sente un un peu de poids et à la surface je découvre un petit pageot de 50 grammes qui repart immédiatement à l'eau avant qu'il ne meure. Je recale la ligne avec un bout de cordelle et immédiatement un nouveau poisson va se ruer sur l'appât. Qué misère, c'est un tout petit pagre qui est pris sur le bord des lèvres. Va s'en suivre un beau yeux puis à nouveau un pagre minuscule, hou là là, je vais laisser les cannes dehors en attendant le nuit.

Le retour à la pêche.

Tant bien que mal la nuit arrive enfin, le bal des bateaux à cessé et le vent de travers à repris du service. Les montages sont envoyés dans l'eau en attente de la première vrai touche. J'en profite pour me désaltérer et de fumer ma cigarette roulée tout en surveillant du coin de l'oeil le bal des écureuils. Tout est bien tranquille jusqu'à 22 heures où soudainement je pense qu'il se trame sur ma ligne, je ne sait pas si c'est une hallucination mais ça vaut le coup de vérifier. Le vent tiède malmène le scion de la canne et il m'est difficile de sentir une tirée, dans le doute, je ferre avec douceur. Hé bé, il y a bien un poisson au bout et il est tout à fait honorable, je devine immédiatement une belle blanquette à ses tirées typiques. Sans encombre elle va être capturée malgré une belle défense qui me réjoui pleinement, mais la deuxième touche ne vas pas être de la même nature...

J'ai remarqué que la canne du fond n'est pas tranquille, l'écureuil monte légèrement puis retombe, sa danse n'est pas exactement comme il y a quelques minutes. Avec l'expérience j'ai appris à mes dépends qu'on doit toujours se méfier de ce qui est anodin car cela cache parfois bien des surprises. Hé bien là en voilà une qui me pends au nez car au ferrage je suis bloqué net par un gros poisson. Sa remontée est complexe avec des diamètres aussi fins, les faiblesses sont nombreuses et je vais le payer à mi hauteur. La daurade n'a pas pu être bridée comme il le faut et elle est allé se plaquer contre les roches sous mes pieds pour casser le fil. Voilà un exercice qu'elles maîtrisent à la perfection et nombreux sont ceux qui se sont fait avoir comme moi ce soir.

Mon problème c'est que vu qu'il n'y a pas de marbrés mais de très belle daurade je suis contraint de changer ma canne d'épaule, si je puis dire... je passe tout le monde en 25 centième avec la couleur de fil rouge, l'hameçon va descendre  avec du 2 qui est plus fort de fer. Toute la complexité de ce style de montage c'est qu'une cordelle va très mal passer sur le fil mais c'est le prix à payer pour ne pas perdre tous les beaux poissons. Avec beaucoup de patience et de précision je fini par trouver le moyen de faire de belle bouchées sans abîmer les appâts, c'est sûrement ça la clé de ce soir.

Le retour à la pêche.

Tout va se jouer dans l'heure qui va suivre, les touches sont très discrètes à cause du vent qui ouvre une bannière de fil immense mais malgré tout on fini par deviner. Pour comprendre, la première des choses c'est qu'on est dans le coeur de la pêche si une touche n'intervient pas dans les dix minutes c'est que l'appât à été grignoté ou il est planqué sous une algue, il faut vérifier régulièrement. Le deuxième poisson va m'apprendre à vivre tant sa ruse est incroyable. Au départ j'ai eu une touche correcte que je me suis empressé d'exploiter, jusque là tout va bien. A la remontée je me suis pensé que j'avais accroché une algue ou une autre saleté qui remonte mollement, arrivé non loin de la surface le poisson vas sonder avec une violence qui à failli me faire partir la canne des mains ! Heureusement le frein n'était pas serré à fond mais il a tourné cinq segondes  du bout de mes doigts ! Va s'en suivre un véritable bal du décrochage, à la surface elle se débat avec rage empêchant de la salabrer. il m'a fallu attendre longtemps pour qu'elle abandonne et rentre dans les mailles de mon filets. Mais ma récompense est grande car ma prise pèse dans les deux kilos et ce genre de poissons n'est pas ordinaire. J'ai lu quelque part que pour atteindre ce poids il faut une dizaine d'année et cela mérite de ne pas être ignoré.

Le retour à la pêche.

Dans la foulée il y a eu une dizaine de petits sars, des pageots, des petits pagres qui sont tous retournés à l'eau vu leur taille ridicule et pour finir à trois heures du matin une autre belle blanqette que ja vais garder. Je n'ai plus que des bouts de cordelles qui tournent de l'oeil mais de toute façon j'ai largement fait ma pêche et je ne regrette pas de partir.

Voilà c'est l'heure du retour et c'est la partie que j'aime le moins, il faut tout remballer et marcher fatigué jusqu'à la voiture. Mais sur le chemin du retour j'ai déjà fait les plans pour la prochaine pêche...Vu qu'il y a principalement des daurades je vais revenir la semaine prochaine avec quelques astuces secrètes, si j'avais pensé à le prendre ce soir j'aurai sûrement pu prendre ce poisson record qui s'est décroché, dommage c'est pour la prochaine...

Le retour à la pêche.

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Publié le par RORO, GREG, MARCO, GEGE.
Publié dans : #Poissons
La leçon des calanques.

Régulièrement quand je vais à la pêche, je trouve une multitude de choses sur mon chemin qui font des entraves au plaisir et qui m'empêchent de profiter pleinement de ma sortie. C'est souvent les embouteillages épouvantables du bord de mer Marseillais qui use ma patience car forcément je suis là aux heures où il y a le plus de monde. Souvent je n'ai pas pu acheter ce que voulais en appâts faute d'en avoir les moyens et au final de trouver mon coin de pêche aussi sale que dans une décharge publique, qui ce dernier fait monter une forme de haine en moi. Le reste me rends plus fataliste ou parfois même a raison de mon courage tout simplement.

Depuis ces longues années de pêche en compagnie d'une multitude de gens qui sont plus ou moins verrouillés dans une spirale publicitaire, faisant illusion que la pêche est un sport unilatéral où seuls les âmes qui auront répondu à l'appel de leurs produits réussirons à capturer encore plus de poissons...Voilà une belle connerie pour un amateur que de se prendre pour un pêcheur d'exception. Quel besoins avons nous de nous prendre pour des vainqueurs d'une course à la capture. A force de regarder les publicités il est clair que le plaisir d'aller tout simplement à la pêche n'est plus dans l'actualité. Quid du plaisir de la l'eau salée, du bruit des vagues qui s'accouplent bruyamment avec les roches, d'un coucher de soleil rougeâtre qui illumine le fond des yeux. Ce qui est regrettable avec l'évolution c'est que les nouvelles générations partent à la pêche avec la mission de capturer le plus de poissons sur les épaules. Les magasines auxquels je suis abonné traitent en priorité des leurres, des cannes à pêche, des sondeurs et tout pleins de trucs pour faire des carnages. La connaissance de la biologie des fonds marins est lointaine et bien ciblée sur l'alimentation d'un poisson et parfois même l'agressivité de l'espèce.

Mais pour être vécue, le pratiquant doit avant tout s'informer sur l'ensemble des choses qui compose la mer et ses abords. C'est un peu comme si un pilote qui court un grand prix ne connaissait de son engin que des mots techniques ou quelques compositions par ci par là...Tu parles, le pilote connait tout des matériaux sur lequel il est assis, leur réaction aux températures, les formes aérodynamique, les matériaux qu'il porte sur le corps rien n'est laissé au hasard ou à la chance. Pour le pêcheur cela devrait être aussi ainsi mais là, on en est loin. Qui connait réellement la composition de sa canne à pêche ou les pièces qui composent le moulinet, les fils, le plomb ? En fait nous sommes des ignorants et nous faisons fi de ce monticule de choses à savoir. Alors on part avec le matériel qu'on a pu se payer, on balance un appât dans l'eau car on a entendu qu'il est bon en espérant qu'un gros poisson vas y mordre, vous imaginez à quel point tout repose sur le destin...

Pour l'anniversaire mon grand fils Arnaud j'embarque les copains qui le suivent depuis des lustres. Ceux qui ont l'habitude des lignes des silver vont immédiatement remarquer que les petits merdeux d'hier se sont transformés en grands gaillards solides et qui font en plus des étincelles dans le monde du football. Ils sont tous devenus de beaux garçon qui rivalisent sans sourciller avec le vent qui sévi ce soir, contrairement à moi...

Pour ce soir c'est presque le paradis, inutile de trop les surveiller car à vrai dire ils sont largement plus sportifs que moi et je ne craint plus de les voir se vautrer. Ne me reste quand même qu'à recharger les lignes vidées par les millions de petits poissons qui rôdent ici et de calmer un peu aussi le feu de la capture qui à pourrai faire échec à la bienveillance des espèces. Toutefois ce message de respect n'est pas bien difficile à trouver dans le petit groupe d'acharnés. Il est clair que malgré leurs âges je sent bien qu'ils n'en faut pas des masses d'explications pour relâcher un poisson malheureux. Hé oui la consigne c'est qu'on ne prends que les beaux sujets et tout le reste repart à l'eau dans les meilleures conditions. Dans le groupe il y a toujours les chanceux qui donnent immédiatement le ton de la soirée et ça, on y peux rien car ça s'appelle...Mais au fil des heures les choses changent et on assiste à une douce compétition rythmée par le son la minuscule enceinte qui crache avec rage les derniers morceaux de Rap de l'année. Voilà, on en est là de l'évolution du pêcheur de demain. A charge pour moi "d'éduquer" les futurs pratiquants qui ne doivent sous aucun prétexte prendre la mer pour un gigantesque n'importe quoi, on ne perds pas de vue que ce qui sort de l'eau est en vie, et la vie à une douceur et une amertume, à nous de ne pas l'assombrir encore...Je prends conscience qu'une mauvaise gestion du groupe peut faire basculer à vie l'idée de la pêche aux nouveaux venus.

La leçon des calanques.

Là on est bien, les poissons ne se font pas trop attendre et il y en a un peu pour tous le monde malgré certaines différence flagrantes. La musique coule à flot, les boissons ruissellent dans les gorges aussi vite que la marée de chips croustillants qui ornent les sacs à dos. Moi je suis à admiratif à la vue de ces jeunes sportifs qui s'amusent d'un rien et qui n'ont pas la moindre pensée négative. Les crabes sont photographiés sur les téléphones portables avec passion, les crevettes aux yeux qui brillent dans la nuit sont observées sans désir de capture...Hou putain j'ai la tête qui tourne ! Ces sales moutards sont en train de me démontrer qu'ils sont biens meilleurs que moi à leur âge... 

Pourtant je me met volontairement un peu à l'écart du groupe, j'ai un peu de mal à concilier rap de quartier , bouffe à gogo avec la pêche de nuit. Malgré tout la boite de nuit qui s'est ouverte dans les calanques cette nuit me démontre que cela n'a pas une incidence directe sur la capture des poissons et alors là... je suis baba. Putain, moi qui prends toutes les précautions et tout et tout, pffff, qué misère ! Je fait leur éducation et c'est moi qui prends une leçon, va comprendre...

Au départ de mon copain Marco les choses se précisent pour les poissons. En l'affaire d'une heure la plupart des captures vont se faire par minutes interposées. Le groupe est d'une solidarité inconnue dans le monde des pêcheurs, à la moindre touche c'est le groupe entier qui se déplace au chevet de l'heureux fidèle. Les mots de réconfort sont si touchants, comme des coachs qui bondissent au soutien indéfectible ! Par manque d'habitude de la capture la plupart des prises vont rester dans l'eau suite à un beau loupé ! Moi je suis dans mon coin sombre et je regarde la petite armée de furieux qui s'agite à la moindre touche. Je ne donne pas de conseils car je me délecte trop de voir ce petit groupe si soudé, si parfaitement prompt à l'action, tu me vois dire: Ho les gars on se calme, tends la ligne et essaye de sentir le poisson qui hésite ? Surtout pas car c'est là mes dernière cartouche de vieux con ! Faut bien qu'il me reste encore dans le chargeur quelque munitions pour les dures années qui vont arriver. Hé oui car à force de me prendre pour un pêcheur et de transmettre à ces enfants les premiers rudiments de la capture, ils finissent par vous donner une bonne leçon de vie.

La leçon des calanques.

Mais la nuit avance et le vent commence à devenir difficile à vivre ici. Même bien couvert comme je le suis et avec toute la rage réconfortante de ces jeunes gens de 17 ans, l'aventure commence à peser lourd. Nous allons plier boutique vers trois heures du matin de l'avis général, nous sommes à court de chips barbecue, de boissons sucrées, de bonbons et de poissons. Ce sera le mot du groupe de ce matin, tout les monde à pris sa ration de sensations . A charge pour moi de replier toutes les lignes, de ranger l'ensemble du matériel dans les boites,  malgré tout je peut enfin confier certaines tâches à ces bambins qui sont bien plus grands que moi.

Cette pêche de ce soir sera ma contribution au monde de la pêche pour ne pas que ces enfants confondent un jour loisirs et captures car en fait, c'est deux mondes bien différents que personne ne doit confondre par ignorance.

Roro.

La leçon des calanques.

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